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Transat Jacques Vabre : on va enfin savoir

Transat Jacques Vabre, le départ
© Vincent Curutchet / ALeA / TJV2017

Tous les quatre ans, la Transat Jacques Vabre qui précède le futur Vendée Globe se révèle un excellent indicateur de l’état des forces en présence et de la bonne santé de la classe IMOCA. Cette édition 2019 est inédite par le nombre d’équipages engagés, signe de l’engouement croissant pour le Vendée Globe. Les nouvelles règles de course qui incitent les marins à naviguer intensivement avant le Vendée Globe, une nouvelle donne architecturale et un élan retrouvé du sponsoring sont autant de marqueurs de la classique automnale.

 

Ils viennent confirmer leurs ambitions de victoire

Cinq nouveaux bateaux sur la ligne de départ, fruits des cogitations de trois architectes différents, une véritable rupture des canons de l’architecture, le crû 2020 promet d’être corsé. La libération de la jauge autour des foils aboutit aujourd’hui à des monocoques qui s’affranchissent progressivement du mode archimédien (même si la durée des vols reste encore limitée). Au sein de la flotte des nouveaux prototypes, Charal mené par Jérémie Beyou et Christopher Pratt fait figure de favori. Une année de mise au point, de nombreuses heures de navigation préalables, un tandem qui se connaît sur le bout des doigts : les planètes semblent alignées pour le plan VPLP du marin de la baie de Morlaix.

Face à eux, on attend beaucoup d’Hugo Boss (Alex Thomson – Neal Mac Donald) et d’Apivia (Charlie Dalin – Yann Eliès). Les deux monocoques se sont engagés dans la voie d’une certaine radicalité : cockpit fermé, abaissement du centre de gravité. L’un et l’autre ont montré un potentiel évident à l’occasion de leurs sessions d’entraînement. Mais ce sera leur première confrontation avec la concurrence. Thomas Ruyant et Antoine Koch (Advens for Cybersecurity) auront à cœur de se mêler à la bagarre, même si de leur propre aveu, leur monture va manquer de temps de navigation. Enfin, le bris d’un foil ne permettra pas à Sébastien Simon et Vincent Riou d’exploiter toutes les ressources d’Arkéa – Paprec. La Transat Jacques Vabre n’est plus pour eux que l’occasion d’engranger des milles et de l’expérience.

 

Ils peuvent troubler le jeu

Ils ne disposent pas des machines dernier cri de la classe IMOCA, mais ils ont quelques solides arguments à faire valoir. S’ils ne revendiquent pas de pouvoir rivaliser en vitesse pure avec les derniers-nés de la classe IMOCA, ils comptent sur la durée d’une transat pour rééquilibrer les débats. En 4500 milles de course, il peut se passer beaucoup de choses, d’autant que les conditions sur le proche Atlantique promettent d’être toniques. Aux premiers plans des prétendants, on citera Sam Davies et Paul Meilhat (Initiatives Cœur) de même que Kevin Escoffier et Nicolas Lunven (PRB). Deux très bons bateaux, des tandems affutés, il faudra compter sur eux. D’autres peuvent aussi tirer leur épingle du jeu : Boris Herrmann associé à Will Harris (Malizia) figure régulièrement aux places d’honneur avec notamment une belle cinquième place à la Route du Rhum. Yannick Bestaven et Roland Jourdain (Maitre CoQ), Giancarlo Pedote et Anthony Marchand (Prysmian Group), tout comme Louis Burton et Davy Beaudart (Bureau Vallée 2) ainsi que Fabrice Amedeo et Éric Péron (Newrest – Art et Fenêtres), disposent des plans VPLP – Verdier construits pour la gagne à l’occasion du Vendée Globe 2016. Reste que ces bateaux, s’ils ont été fiabilisés, n’ont connu que des aménagements à la marge. Enfin, les premières sorties du MACSF d’Isabelle Joschke et Morgan Lagravière ont montré que le premier né de l’association Verdier – VPLP, construit en 2007 pour Marc Guillemot, semblait avoir trouvé une nouvelle jeunesse particulièrement prometteuse après son grand chantier d’hiver. Ce sera, sans doute, plus difficile de rivaliser pour les deux IMOCA d’Arnaud Boissières et Xavier Macaire (La Mie Câline – Artisans Artipôle) et d’Alan Roura – Sébastien Audigane (La Fabrique). Mais tous sont des marins au long cours et sauront mieux s’exprimer sur une épreuve transatlantique que sur des parcours plus restreints…

 

Sans foils, la vie est autre

Reste le fort contingent des IMOCA à dérives droites. Au sein de ce groupe quelques tandems espèrent bien viser le podium dans leur catégorie d’une part, voire secouer le cocotier et bousculer quelques-uns des foilers. Trois duos pointent au rang des prétendants : Clarisse Crémer qui embarque à ses côtés le vainqueur du Vendée Globe 2016, Armel Le Cléac’h dispose de surcroit d’un excellent bateau puisque Banque Populaire X n’est autre que le lauréat du Vendée Globe 2012 aux mains de François Gabart. Damien Seguin et Yoann Richomme (Groupe Apicil) sont prêts à rééditer leur joli coup du challenge Azimut où ils avaient coiffé nombre de foilers sur le poteau. Enfin, le tandem Nicolas Troussel – Jean Le Cam (Corum) réunit deux formidables compétiteurs sur un bateau que Jean connaît par cœur à force de le mener tout autour du monde.

Pour autant, d’autres marins pourraient profiter de la Transat Jacques Vabre pour pointer le bout de leur étrave. Stéphane Le Diraison qui embarque François Guiffant à ses côtés (Time for Oceans) n’est jamais très loin, de même que Manuel Cousin (Groupe Setin) qui s’est adjoint les services d’un Figariste de renom en la personne de Gildas Morvan. Enfin Romain Attanasio et Sébastien Marsset (Pure) ne manqueront pas une occasion de se mêler à la bagarre.

 

Qualification Vendée Globe en ligne de mire

La Transat Jacques Vabre sera aussi l’occasion pour nombre de skippers de faire un grand pas vers la qualification qui impose d’inscrire une course transatlantique au compteur pour ceux qui n’ont pas terminé le dernier Vendée Globe ou la Route du Rhum 2018 - même s’il faudra encore en passer par un parcours supplémentaire de 2000 milles en solitaire -. Passer la ligne à Salvador de Bahia est donc une garantie de plus dans la course aux milles qui reste d’actualité, malgré l’ouverture de quatre places supplémentaires par le Vendée Globe.  Alexia Barrier, associée à Joan Mulloy (4myplanet), tout comme Ari Huusela (Ariel 2) qui partira avec Michael Ferguson ou bien encore Éric Nigon (Vers un Monde sans Sida) qui embarque le navigateur turc Tolga Pamir ont un capital d’avance grâce à leur classement dans la Route du Rhum. En revanche, terminer la Transat Jacques Vabre sera déterminant pour les tandems Miranda Merron – Halvard Mabire (Campagne de France), Pip Hare – Ysbrand Endt (Pip Hare Ocean Racing), Maxime Sorel – Guillaume Le Brec (V & B – Mayenne) ou Benjamin Dutreux – Thomas Cardrin (Water Family). Charles Enright qui disputera la Transat Jacques Vabre avec Pascal Bidégorry (11th Hour) quant à lui, n’est pas concerné puisqu’il n’envisage pas d’être au départ du Vendée Globe. C’est, en revanche, un vrai coup dur pour Clément Giraud (Fortil). L’incendie de son bateau à quai pour des raisons encore inexpliquées l’empêche de prendre le départ de la Transat Jacques Vabre et devrait le reléguer en bas de liste des candidats potentiels au prochain Vendée Globe. Le marin méditerranéen n’aura plus de droit à l’erreur, mais la route est longue jusqu’aux Sables-d’Olonne en novembre 2020 et nul ne peut considérer que les places sont figées. Clément a d’ores et déjà annoncé qu’il conservait la confiance de son partenaire. Il dispose d’une équipe soudée et n’est pas du genre à jeter sa part aux chiens. Il sera temps de faire les comptes en juillet 2020…

 

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