Actualité

Miranda Merron : "mon plaisir sera de faire au mieux avec ce dont je dispose"

Miranda Merron
© S Guichard

Vendée Globe : Miranda, parmi tous ces travaux, certains vont-ils permettre d’améliorer significativement les performances du bateau ?

Miranda Merron : non, on reste sur des aménagements de base. Notre budget ne nous permet pas de nous lancer dans des grands travaux. Je ne parle pas de l’éventualité de mettre des foils, mais simplement de gagner un mètre dans le gréement ou d’autres améliorations de cet acabit. Mais on veut tout vérifier scrupuleusement, remplacer tout le gréement courant, sachant que le gréement dormant (la partie fixe du gréement, NDLR) a été vérifié l’an dernier en même temps que le système de quille. On veut avant tout un bateau fiable. Et même si on avait beaucoup plus de moyens, on ne pourrait pas faire de ce bateau un vainqueur potentiel. Ce n’est pas l’esprit de notre projet. On est dans un processus aventure. Nous disposons d’un budget de Class40 pour un Vendée Globe. L’objectif c’est avant tout de réaliser un tour du monde propre.

VG : Comment est venue cette idée de Vendée Globe ? C’est à votre initiative ou est-ce un souhait de votre sponsor ?

MM : À notre grande surprise, cela vient de notre partenaire. Campagne de France nous sponsorise depuis 2011. J’avais deux envies : primo, je désirais pouvoir faire un tour du monde en solitaire et secundo nous voulions proposer un projet qui soit bénéfique pour notre sponsor. Une manière de les remercier de leur engagement et de leur fidélité. On avait initialement pensé à un projet en Class40. Nous avions le bateau pour ça. Paradoxalement, on avait de fortes chances d’établir un nouveau temps de référence, mais Halvard (Mabire) avait peur que les retombées soient faibles. C’est ainsi qu’on s’est orienté petit à petit vers un projet Vendée Globe qui s’est révélé en phase avec les attentes de notre sponsor. Pour être honnête, on est obligé de se battre pour tenir notre budget, mais on y arrive.

VG : Le Vendée Globe, c’est un vieux rêve pour vous ?

MM : J’avais déjà voulu faire le Vendée Globe, il y a de ça une quinzaine d’années. J’étais proche d’avoir un bateau et un budget pour l’édition 2004 et finalement le projet a capoté. Ensuite, je n’y ai plus pensé parce que chaque édition du Vendée Globe coutait de plus en plus cher et qu’à l’époque je voulais un bateau compétitif. Et puis nous en avons parlé de nouveau à la fin de l’année dernière et c’est ainsi que nous nous sommes engagés dans ce projet. Mes aspirations sont différentes, je n’ai pas l’ambition de gagner le Vendée Globe. Disons que je m’inscris dans un projet plus conforme à l’esprit originel de la course.

 

VG : Est-ce que votre préparation diffère de celle que vous avez pu avoir avant les nombreuses courses transatlantiques que vous avez déjà disputées ?

MM : Pas du tout. La seule différence, comme nous l’avons déjà constaté au départ de la Transat Jacques Vabre, c’est que je sais que je vais prendre le départ sans espoir de faire un résultat. Toutefois, pendant la Transat Jacques Vabre, nous avons pris beaucoup de plaisir. Nos voiles étaient fatiguées, notre pilote pas très fiable, mais nous avons poussé le bateau au maximum. Je pense que notre trajectoire était la plus pure, la plus courte de toute la flotte. Le plaisir, c’est aussi de faire au mieux avec le matériel dont on dispose. Pour les deux courses d’avant-saison, je bénéficierai d’un nouveau jeu de voile et d’un pilote plus performant.

À titre personnel, j’entretiens ma forme physique. J’ai pu m’inscrire au club d’aviron de Caen et je m’entraîne en compagnie de Jörg et Tiphaine Riechers.

VG : Il va y avoir plusieurs femmes en compétition pour cette édition. Ce seront des relations de solidarité ou clairement une rivalité interne ?

MM : Déjà Sam est une amie. On se connaît depuis bientôt 20 ans pour avoir navigué ensemble sur Royal & Sun Alliance. C’est sympa de se retrouver au sein de la même flotte. Je ne connais pas Clarisse Crémer, mais j’ai entendu dire qu’elle était adorable. Sinon, je vois qu’il y aura trois équipes qui disposeront de moyens importants et trois autres pas très riches.

 

VG : Vous êtes installée en France depuis un bon moment. Êtes-vous toujours 100% britannique, ou une part de vous est-elle devenue un peu française ?

MM :  Je suis définitivement totalement britannique. Mais mon sponsor est français et particulièrement attaché à la Normandie. Même si leurs intérêts sont clairement en France, je me dis que si je peux leur amener un peu de notoriété en Grande-Bretagne, j’en serai ravie. En revanche, ma manière de naviguer est française. J’ai toujours embarqué majoritairement avec des marins français. Je crois surtout qu’à force de naviguer avec Halvard, j’ai modifié mon comportement. Je suis devenue plus tempérée, j’ai appris à maitriser mes émotions. Halvard est tellement agréable à vivre en mer que j’ai énormément progressé à ses côtés.

 

VG : Comment voyez-vous cette édition à venir du Vendée Globe, comparée aux précédentes ?

MM : Je pense qu’il va y avoir un fossé gigantesque entre les bateaux de nouvelle génération et des unités comme la mienne. Il y aura certainement plus d’un océan d’écart à l’arrivée. Heureusement, il y aura quand même moyen de disputer des courses dans la course.

 

 

 

Snap code

Retrouvez-nous sur Snapchat
vendeeglobe2016