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Confinement, la mer parle à la terre

Photo sent from the boat Newrest - Matmut, on January11th, 2017 - Photo Fabrice AmedeoPhoto envoyée depuis le bateau Newrest - Matmut le 11 Janvier 2017 - Photo Fabrice AmedeoSunset

RÊVER
Nick Moloney (Australie, Vendée Globe 2004-2005) : « Lors du Vendée Globe 2004-2005, nous étions seuls en mer, mais nous étions « seuls ensemble » : nous avions le même océan, le même statut, et nous étions là les uns pour les autres. J’ai toujours dit que tout le monde devrait, une fois dans sa vie, traverser l’Atlantique en solitaire, la plus belle expérience intime que j’ai connue. La paix, dans la solitude, devient belle si vous trouvez votre rythme et que vous apprenez à accepter votre situation. Profitez du temps pour rêver votre rêve le plus fou, étudiez chaque détail, rassemblez tous les éléments de ce qui vous paraît impossible. Et, au fur et à mesure, vous aurez de meilleures chances de faire de votre vision un objectif. Toutes ces étapes de l’apprentissage sont incroyablement génératrices d’énergie ».

RELATIVISER
Conrad Humphreys (Angleterre, Vendée Globe 2008-2009) : « Je pense qu’un mois d’isolement pourrait aider les gens à surmonter de nombreuses peurs. Pendant le Vendée Globe, après avoir cassé mon gouvernail, j’ai appris à désactiver les voix négatives continues qui obstruaient ma tête, et j’ai appris à vivre dans l’instant, un jour après l’autre. Dans les situations qui nous donnent le sentiment d’être impuissants, la plupart de nos pensées deviennent négatives. Aujourd’hui, j’essaie de me concentrer sur ce que je peux faire, pas sur ce que je ne peux pas faire ».

ECRIRE
Arnaud Boissières (La Mie Câline-Artisans Artipôle) : « Quand tu es tout seul autour du monde, le moindre petit événement prend de l’ampleur. C’est bien ce qui risque de se passer (chez chacun de nous, ndlr). Il faut rester zen. Quand c’est un peu long, sur le Vendée Globe, j’écris. C’est bien, d’écrire ce que tu ressens, tes doutes, tes inquiétudes, tes bonheurs… Surtout, il ne faut pas rester passif, il faut s’imposer une rigueur… que je devrais m’imposer, ces temps-ci. »

VAGABONDER
Sébastien Destremau (Faceocean) : « Je vis seul et je me retrouve dans la même configuration qu’en mer. C’est intéressant : je pense que je vais très vite me pencher sérieusement sur l’écriture de mon deuxième livre, et créer des textes pour mes slams. C’est dans ces moments de grands calmes, à terre comme en mer, que l’esprit se met à divaguer, à vagabonder. C’est propice à la création, et je vais peut-être influencer quelques personnes sur l’opportunité qui se présente de prendre un virage. Il faut penser à l’après ».

RATIONALISER
Samantha Davies (Initiatives-Cœur) : « Ma stratégie quand je trouve le temps long, c’est de découper, le parcours, le temps. Psychologiquement, c’est hyper important. A terre, aujourd’hui, je divise nos journées. Avec Romain Attanasio (son conjoint, ndlr), nous avons mis des minuteurs. Il y a le temps où je suis disponible pour Ruben, mon fils, d’autres pour moi, pour travailler - il n’a pas le droit de me déranger. On fonctionne par tranches de trente minutes. Quand les journées se ressemblent, c’est bien de mettre de l’ordre ».

SE DECOUVRIR
Fabrice Amedeo (Newrest – Arts et Fenêtres) : « C’est difficile d’être seul en mer, mais j’aime me confronter à cette difficulté. Lorsqu’on est tout seul, on réussit une foule de choses qu’on raterait à terre. En mer, il n’y a pas de plan B, tu n’as pas d’autre choix que réussir, et je me surprends continuellement. Je vous inviterais bien à vous imprégner de la magie de la nature, même depuis la fenêtre de votre appartement. Regardez comme le ciel est beau ! C’est une manière de s’évader et d’apprendre à apprécier l’essentiel ».

S’ANALYSER
Stéphane le Diraison (Time for Oceans) : « De ces moments de solitude, j’ai appris beaucoup de choses : je me suis accepté, et j’ai accepté les faiblesses, physiques ou mentales, que je refusais de voir. On aimerait faire les choses d’une certaine façon ? Il faudra accepter de les faire autrement. J’ai appris à ne plus me mentir et à bien formuler les choses dans ma tête, à m’avouer les choses que je veux, et tout ça donne plus de sens. J’ai aussi beaucoup travaillé sur mon ego, à me méfier de ce qui le sublime, et à prendre de la distance avec lui ».

SE NOURRIR
Louis Burton (Bureau Vallée 2) : « Je suis revenu du dernier Vendée Globe après avoir parfois souffert psychiquement. La coutume veut qu’on éloigne le marin de la vie terrienne, pendant le Vendée Globe, mais je me bats contre ça : ma compétition de marin n’est rien à côté du bobo au genou de mon amour de fille ou de la colère de mon fils à qui un petit con dit que son père est nul parce qu’il n’est « que » 7e du Vendée Globe ! J’ai besoin d’interactions avec le monde extérieur, des pensées des autres qui enrichissent. Dans cette période de confinement, il ne faut surtout pas se priver de communiquer avec les moyens qui existent, et de prendre de l’information par tous les canaux qui existent, avec des avis divergents ».

LES CONSEILS A RETENIR (ou pas)

Dee Caffari (UK, Vendée Globe 2008-2009) : Sur son blog en anglais, https://www.deecaffari.co.uk, la navigatrice britannique dresse une judicieuse liste de conseils pertinents en cette période de confinement. « Concentrez-vous uniquement sur ce que vous pouvez contrôler (…), mettez le focus sur le bien (…), recherchez les opportunités (…), acceptez l’idée que nous devons nous adapter à cet environnement (…) »
Jérémie Beyou (Charal) : « Il faut éviter les films trop tristes, privilégier les comédies, les films sur le sport. En mer, tu ne regardes pas La liste de Schindler ! »
Rich Wilson (USA, Vendée Globe 2008-2009  et 2016-2017) : « Je connais de bons plats lyophilisés qui peuvent être commandés sur une grande plateforme d’achats. Vous allez adorer ! »

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