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Sacrés numéros

Aerial illustration of start of the Vendee Globe, in Les Sables d'Olonne, France, on November 6th, 2016 - Photo Vincent Curutchet / DPPI / Vendée Globe

Vue aérienne du départ du Vendée Globe, aux Sables d'Olonne, le 6 Novembre 2016 - Photo Vincent Curutc

Le numéro du bateau, c’est une part de sa carte d’identité, une partie de la vie du skipper qui se dévoile, des usages où le pragmatisme le dispute parfois à des accroches sentimentales, voire à certaines superstitions. De l’hommage à son sponsor à l’héritage d’une histoire ou l’ancrage dans un territoire, décryptage de quelques choix.

Dis-moi d’où tu viens…

Merveilleux pays que la France qui compte près d’une centaine de départements, tous identifiés par un numéro. À l’instar des plaques d’immatriculation des véhicules qui permettaient de savoir le département d’origine du propriétaire, nombre de skippers ont choisi de manifester ainsi leur attachement à une région spécifique. Yannick Bestaven (Maître CoQ) installé à La Rochelle, sa ville d’adoption depuis ses débuts dans la course au large, a naturellement choisi la Charente-Maritime et son n°17. De même Thomas Ruyant  (Linkedout) ne pouvait renier ses origines dunkerquoises et portera bien les couleurs du département du Nord (n°59). Miranda Merron (Campagne de France) est, quant à elle, doublement concernée : son partenaire est ancré dans le département de la Manche où elle a élu domicile aux côtés de son Normand de compagnon Halvard Mabire. Le n°50 s’imposait.

Pour plusieurs skippers, le choix du numéro procède d’un même clin d’œil à leur partenaire. Maxime Sorel (V and B – Mayenne) n’a pas eu de difficulté à choisir le n°53, tout comme Stéphane Le Diraison (Time for Oceans) le n°92, tous deux en remerciement du soutien de leur département respectif dans leur quête autour du monde. On pourrait citer encore Charlie Dalin (APIVIA) qui portera le n°79 des Deux-Sèvres et de la ville de Niort, siège de la plupart des mutuelles françaises.

Le poids des traditions

Pour d’autres, la question ne s’est jamais posée. PRB, sponsor indéfectible, puisque présent sur le Vendée Globe depuis plus de vingt ans, ne pouvait que revendiquer ses attaches vendéennes. C’est ainsi que la règle qui veut qu’un numéro soit prioritairement attaché à un skipper a connu ici quelques entorses puisque le n°85 passe de main en main, mais reste attaché au monocoque sponsorisé par l’entreprise de matériaux du bâtiment de La Mothe-Achard.

De même, Alan Roura (La Fabrique) a pu, lors de son premier Vendée Globe en 2016, garder le n°7 que Bernard Stamm avait attribué à son Superbigou, avec lequel il effectua sa première tentative en 2000. Un même bateau, un même numéro, c’était en quelque sorte affirmer une continuité de projet. « J’étais d’autant plus attaché à ce numéro que le premier bateau sur lequel j’ai navigué, celui de mes parents, était le septième de la série. Relier les deux histoires était un joli clin d’œil. J’ai donc demandé l’autorisation à Bernard qui a immédiatement accepté… » Cette fois-ci, Alan repart sur un autre bateau, mais conservera le numéro 7. Du même coup, la navigatrice Pip Hare qui repartira sur l’inusable plan Rolland, a opté quant à elle pour le n°77, une manière de marquer le changement dans la continuité.

D’autres sont restés fidèles à leur numéro d’origine : ainsi Alex Thomson (Hugo Boss) repartira pour son cinquième Vendée Globe avec le n°99 qu’il porte depuis l’édition 2008-2009. Isabelle Joschke (Macsf) n’a pas voulu déroger à la tradition en conservant le n°27, celui choisi par Marc Guillemot lorsqu’il courait à bord de ce bateau sous les couleurs de Safran.

Chargés de symboles

Enfin, certains numéros sortent de l’ordinaire tant ils sont liés à l’histoire personnelle des navigateurs. Alain Gautier, vainqueur du Vendée Globe en 1992, avait adopté pour tous ses bateaux de course le n°101. « J’aimais bien ce numéro, c’était celui d’une route mythique de la Californie et je trouvais à ces trois chiffres associés un certain équilibre… Il avait en outre l’avantage, pour moi qui ai beaucoup navigué en multicoque, d’être aussi lisible à l’envers qu’à l’endroit. » Michel Desjoyeaux succédant à Alain auprès de Foncia, son sponsor, n’a pas voulu changer de numéro. Bien lui en prendra, puisqu’à la clé, il signera sa deuxième victoire dans le Vendée Globe.

Jean Le Cam aime quant à lui s’amuser avec les symboles. En 2004, il court sous les couleurs de Bonduelle, une entreprise implantée dans le département du Nord. Le n°59 s’impose d’autant plus que c’est l’année de naissance du marin. En 2008, son nouveau partenaire VM Matériaux est vendéen. Qu’à cela ne tienne, puisque ce sera la deuxième tentative du navigateur breton, il lui suffira de multiplier par deux le numéro d’origine. Jean Le Cam s’alignera au départ avec le n°118.

En 2012, François Gabart arborait fièrement le n°301 dans sa voile, un rappel de l’immatriculation de son premier Optimist qui lui avait donné le goût de la compétition. Il était difficile pour Clarisse Crémer (Banque Populaire) qui reprendra le plan Verdier-VPLP vainqueur du Vendée Globe 2012, de conserver un numéro chargé de tant de symboles. Pour elle, ce sera juste le 30, « parce que Banque Populaire fête ses 30 ans de partenariat voile et parce que ce sera mon âge au départ du Vendée Globe… » À un chiffre près, Clarisse jouait la martingale parfaite.

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