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À la rencontre de Maxime Sorel

Maxime Sorel (VandB - Mayenne)
© Jean-Marie Liot /V&B Mayenne

MON PARCOURS

Né le 11 août 1986 à Saint-Malo (35)
Vit à Concarneau


Mes études : « J’ai fait un IUT de génie civil à Saint-Nazaire, puis une école d’ingénieur d’affaires à l’Université de Bretagne Sud, à Lorient ».
Ma première vie : « J’ai exercé mon premier métier pendant sept ans, en tant qu’ingénieur d’affaires. Je pilotais de A à Z des projets maritimes et industriels, comme des ponts avec les pieds dans l’eau, des structures portuaires ou sous-marines. Je travaillais pour une entreprise nantaise et j’étais en charge de la zone située entre Le Havre et le Nord de la France, Paris et parfois la Bretagne. Il y avait déjà de l’eau dans mon parcours, oui, et c’était par choix : j’ai préféré faire mon école d’ingénieur à Lorient alors que j’avais été reçu dans les écoles parisiennes, et j’ai choisi mon entreprise justement pour sa vocation maritime ».
Mes premiers bords : « Je suis né à Saint-Malo, mais mes parents vivaient à Cancale. L’école primaire organisait une semaine de stage de découverte du milieu maritime, et j’y ai découvert, à 8 ans, l’Optimist, la planche à voile… L’année d’après, je faisais de la compétition en club ».
Mon envie de course au large : « Elle est née de la relation que j’ai eue avec un skipper costarmoricain, Pascal Quintin, à qui mon père, via sa société, a donné un coup de main en 2008 dans l'optique de la Route du Rhum 2010. Pascal avait chaviré lors du Rhum 2006, son bateau était perdu au large des Açores. Il a fini par le récupérer et a voulu repartir achever sa Transat. J’ai trouvé l’histoire passionnante : elle sortait du strict cadre de la compétition, d’autant que Pascal avait construit son bateau lui-même, avec ses potes. Ce qui m’a donné envie de faire du large, c’est l’idée de gérer un projet dans son ensemble, et pas seulement courir sur les mers ».
Le large est devenu un projet de vie… « Lentement. La transition a été longue ! Je travaille comme ingénieur depuis 2010, et je me lance sur un projet Route du Rhum en 2013, soutenu par mon entreprise, aussi motivée que certains clients. J’ai trois mois de congé de retard, que je pose pour vivre ça. Je rencontre VandB, leur propose de construire un nouveau Class40, et je crée une société qui a deux pans : voile d’une part, travaux publics et bâtiment de l’autre. De 2015 à mi-2017, je continue à travailler sur les réponses aux appels d’offres, jusqu’à ce que mon envie de faire des résultats sportifs prenne le dessus et m’intime de consacrer plus de temps au bateau. J’ai bien fait de ne pas arrêter mon métier tout de suite : il m’a permis de trouver des partenaires ».
© Jean-Marie Liot /V&B MayenneL’expérience dont je suis le plus fier : « Être au départ du Vendée Globe me rend très fier, mais cela n’aurait pas existé sans la Transat Jacques Vabre 2015 et son incroyable tournant. Avec Sam Manuard, on part avec un bateau qui a été mis à l’eau deux mois avant, et on termine deuxième derrière Yannick Bestaven en Pierre Brasseur. Mon partenaire me dit alors : « Puisque tu as fait deuxième, tu n’as plus qu’une chose à faire : terminer premier ! » Il m’a fallu expliquer à quel point c’est difficile de garantir une victoire en course au large… et malgré tout, je remporte l’édition 2017 avec Antoine Carpentier malgré des soucis techniques au départ, avec 18 minutes d’avance sur les deuxièmes ! »

MON VENDEE GLOBE A MOI
Mes ambitions : « Boucler la boucle, déjà. Porter haut et fort le message de l’association Vaincre la Mucoviscidose, et donner de l’espoir aux malades en partageant l’idée que rien n’est impossible ».
Le point faible (hors casse) qui pourrait m’en priver : « La blessure, je ne vois que ça ».
Mon arme fatale : « La communauté que j’ai réussi à créer depuis 2014, et les partenaires qui m’entourent. Ils sont là ».
Ma réussite serait : « De le terminer avec l’envie d’y retourner. Et si un petit podium dans la compétition officieuse entre bateaux à dérives droites se présente, ce ne serait pas mal… »
J’ai envie de partager… « L’aventure et les émotions que je vais vivre dans leur totalité. On a changé d’ère, on a envie d’en montrer plus qu’à l’époque, mais c’est difficile de montrer ce qu’on vit réellement, surtout quand on se bat pour le podium. Pourtant, les gens ont envie de comprendre ce que nous vivons. À nous de savoir le partager ».
Mes trois mots pour le définir : « Mythique, fou, incroyable ! »
Mes trois images qui le résument : « La descente du chenal ; les mers dantesques dans le Sud, le plafond gris, du vent partout, peu de toile et une prière (pour ceux qui prient) ; la remontée du chenal et la fête qui suit ! »
Je ne partirais pas autour du monde sans… « Sans avoir remercié chacun des membres de l’équipe. Ils se démènent tous pour faire en sorte que tout se passe bien, avec énormément d’énergie. C’est une vraie aventure ».
Pour l’environnement… « J’embarquerai des bouées à larguer pour les analyses des courants, de la salinité, des sédiments ou de la météo. Cela va alourdir mon bateau au départ (lors de la Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne, dont le départ doit être donné le 4 juillet, les bouées devraient peser 19 kilos), mais c’est un poids qu’il faut savoir accepter ».
Mon constat : « Je me suis rendu compte seulement l’an dernier de ce que la mention ‘sans assistance et sans escale’ signifie réellement. Cette mention change tout, dans une préparation de course, et très peu de gens voient la différence. On doit pouvoir et savoir tout faire à bord, et c’est un pan important de la philosophie du Vendée Globe. L’objectif est de parvenir à ce degré d’autonomie. »
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DU TAC AU TAC

  • Ta qualité principale : « Obstiné : j’obtiens ce que je veux »
  • Ton défaut : « Je suis exigeant avec moi, et les autres »
  • Si tu étais un animal : « Un lion ? Eh non, un dragon ! Force, combativité et souffle ! »
  • Si tu étais un végétal : « Un palmier : les pieds dans l’eau et la tête au soleil »
  • Si tu étais un film : « Jour de tonnerre ! »
  • Si tu étais une musique : « L’Adagio d’Albinoni. Ce sera bon à écouter, à fond, dans les mers du Sud »
  • Ta couleur : « Le bleu… Et, pourtant, je déteste avoir des bouts bleus à bord de mes bateaux, qui sont verts, depuis longtemps »
  • Le bonheur dont tu rêves : « Finir le Vendée Globe »
  • Ton héros dans la vie : « Michael Jordan, bien que je ne sois pas grand fan de basket. Ce mec s’est battu toute sa vie pour être au top, c’est dingue. »
  • Ton aphorisme : « Des deux côtés de mon bout-dehors, il est écrit ‘No stress no limit ».
  • Si tu n’étais pas coureur au large : « Je serais pilote de F1 ! Enfin, je serais plus probablement ingénieur en génie civil, comme avant ».



 

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