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A la rencontre de Yannick Bestaven

Yannick Bestaven

MON PARCOURS

Né le 28 décembre 1972 à Saint-Nazaire
Vit à : La Rochelle
Ma première vie: Une école d’ingénieur en génie civil. En poste pendant trois ans au Ministère de l’Équipement puis un an à La Rochelle avant de comprendre que ce métier n’était pas fait pour moi.
Mes premiers bords : comme beaucoup de monde, j’ai commencé par de l’Optimist sur le bassin d’Arcachon. J’ai vite bifurqué sur la planche à voile, j’avais besoin de sensations de vitesse. Ensuite, j’ai découvert l’habitable en équipage : First Class 8, J24, Tour de France à la Voile.
Comment est né votre désir de faire de la course au large ?  : J’ai débuté le solitaire à l’occasion d’une formule de promotion en Figaro organisée par le journal Le Télégramme. Je me souviens juste que le comité de course avait oublié de mettre le phare du Four à la pointe de Bretagne comme marque de parcours. Du coup, on était tous passés à l’intérieur au milieu des cailloux. Pour moi qui venais d’Arcachon, c’était une découverte !
Mais le vrai déclic, ce fut surtout la Mini-Transat. Construire son bateau et traverser l’Atlantique en solitaire, c’est inoubliable.
À partir de quand c’est devenu un projet de vie ? : C’est venu petit à petit, notamment grâce à l’influence de Yves Parlier qui m’a embarqué avec lui. Mais la Mini-Transat a été un véritable révélateur.
Une expérience ou un résultat dont vous êtes le plus fier : Sans équivoque, ma Mini-Transat en 2001. Je remporte les deux étapes et donc la course sur un bateau que j’ai construit moi-même. On peut difficilement faire plus accompli.

DU TAC AU TAC

Qualité principale dans la vie : Je suis têtu.
Principal défaut : Je suis têtu.
Si vous étiez un animal ? Un aigle.
Si vous étiez un végétal ? Un cactus. C’est mon côté piquant.
Si vous étiez un film ? Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ.
Si vous étiez une musique ? J’ai un gros faible pour les Doors.
Votre couleur : Le bleu.
Votre rêve de bonheur  : C’est compliqué, j’en ai tellement. Vivre sur une île, sur un bateau, dans les tropiques.
Votre héros dans la vie : Je n’en ai pas. Je ne me vois pas vivre avec un modèle.
Un aphorisme ? : Pas de blablas, des résultats.
Si vous n’étiez pas coureur au large, vous seriez ? Guide de montagne : pour le côté nature, mais aussi pour la transmission. Je suis un amoureux des grands espaces.

 

MON VENDEE GLOBE 2020

Vos ambitions sur le Vendée Globe ? Terminer. Terminer à une place honorable fait aussi partie des objectifs d’autant que mon Maître CoQ est fiable et éprouvé.
Points faibles (qu’est-ce qui vous empêcherait d’atteindre votre objectif en dehors de la casse ?) : Il existe une inconnue : je n’ai jamais navigué dans les mers du Sud. Je ne sais pas comment je vais m’adapter à cette navigation en solitaire aussi longtemps. Est-ce que je vais bien supporter cette vie-là, les potentiels coups de mou ?
Votre arme fatale : À part le fait d’être têtu, je crois que j’ai une grande capacité de résilience. Je sais que j’ai un mental solide notamment dans les conditions difficiles. Ce n’est pas un hasard si j’ai terminé quasiment toutes les courses auxquelles j’ai participé.
Que serait un Vendée Globe réussi pour vous : Si j’arrive à rendre ce que j’ai vécu à tous ceux qui m’ont soutenu, mon partenaire, mon équipe, mes proches, ma famille, mes enfants, alors je pourrai dire que mon Vendée Globe est réussi. Terminer est une chose, mais si j’arrive avec le sentiment que j’ai pu exploiter au mieux le potentiel de mon bateau, que j’ai fait de belles trajectoires et qu’au final, j’arrive au meilleur résultat possible, alors oui, ce sera une réussite.
Qu’avez-vous envie de partager : Un Vendée Globe, c’est une tranche de vie forte en émotions. J’aurais envie de transmettre aux collaborateurs de Maître CoQ, à tous ceux qui sont derrière le bateau, la volonté que j’aurai à vouloir surmonter les épreuves, ces moments intenses, cette aventure humaine et l’amour que j’ai pour la compétition. Ensuite, je ne suis pas du genre à tout dévoiler tout de suite. Je pense que si j’ai des pépins, je les raconterai, mais quand je les aurai résolus.
Le Vendée Globe en trois mots : Une tranche de vie accélérée, l’engagement, un investissement de chaque instant tant personnel que professionnel.
Trois images que vous avez du Vendée Globe  : Le sauvetage de Philippe Poupon par Loïck Peyron, Yves Parlier qui reconstitue son mât et termine son Vendée Globe et l’interview de Christophe Auguin à l’issue de sa victoire en 1996 où il explique qu’il faudrait être débile pour y retourner une deuxième fois.
Quel skipper vous inspire  : Question difficile, ils sont nombreux. Je crois que je choisirais Loïck Peyron. Il possède une vraie intelligence de vie. Il a une façon d’expliquer les choses, de simplifier les problèmes. Il doit, comme nous tous, avoir des doutes, mais il ne les laisse pas paraître. On a l’impression qu’il ne se prend pas la tête, qu’il n’a pas besoin de changer son mode de vie pour atteindre ses objectifs, qu’il sait éviter de se mettre dans le rouge…
Vous ne partiriez pas autour du monde sans  : Rien de particulier… à part mes bottes (rires). Non, je n’ai pas de grigris, pas de truc affectif particulier. Parce que si jamais, tu perds ton porte-bonheur, ça devient le drame.
Actions environnementales ou scientifiques sur ce tour du monde  : C’est le genre de sujet où je me dis qu’il vaut mieux agir que de parler. Avec mes hydrogénérateurs, je contribue à ce que les voiliers du Vendée Globe soient de moins en moins dépendants des énergies fossiles. Je fais en sorte d’agir pour l’environnement. Sinon, on est en train de développer un système pour produire des ultrasons pour faire fuir les cétacés. Une collision avec une baleine, c’est dangereux pour le bateau, mais c’est surtout le plus souvent mortel pour l’animal. On travaille là-dessus et on espère bien arriver à un résultat efficace.

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