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Rendez-vous en terre inconnue

Kojiro Shiraishi (DMG Mori)
© François Van Malleghem / Imoca

L’image et l’émotion suscités par une course avaient tellement manqué ! Des bateaux qui quittent les pontons et prennent le cap pour horizon, des visages concentrés, des gestes assurés et cet esprit de compétition qui galvanise : les skippers IMOCA retrouvent enfin la fièvre de la compétition.

Le parcours

Le programme ? Un parcours théorique de 3 556 milles (6 585 km) avec un départ au large des Sables d’Olonne. Puis, les marins mettront le cap vers la bouée COI-Unesco1, placée entre le sud de l’Islande et la pointe méridionale du Groenland, en mer d’Irminger. Puis, ils s’attacheront à redescendre plein sud pour atteindre le large des Açores où ils devront contourner la bouée Institut Pasteur. Enfin, il sera temps de rallier la ligne d’arrivée située également aux Sables d’Olonne. En somme, il s’agit d’un triangle géant au large de l’Atlantique nord que les plus rapides devraient parcourir en une dizaine de jours.

Pour prévenir des dangers, la direction de course a délimité le terrain de jeu. Les abords des côtes sont proscrits, grâce au dessin d’une zone côtière interdite à la navigation et à l’obligation faite de passer par le large des dispositifs de séparation du trafic (DST). Les solitaires devront donc les laisser à tribord à l’aller, à bâbord au retour. En outre, pour échapper aux glaces, manifestement disciplinées et circonscrites dans l’ouest de la région arctique, une zone des glaces a été dessinée, interdisant la mer de Labrador et le Détroit de Danemark.  

Jacques Caraës, directeur de course :« Nous savons, en optant pour le parcours n°1, que les bateaux les plus rapides seront confrontés à plus de vent, mais ils auront aussi la possibilité de ne pas aller chercher le plus fort. Les moins rapides seront épargnés par les conditions les plus dures. Mais de toute façon, j’estime que les conditions sont tout à fait maniables pour des bateaux et des marins qui sont engagés dans une préparation pour le Vendée Globe. Si nous avions débuté par les Açores, nous n’aurions pas eu de visibilité sur le nord, la zone la plus méconnue des skippers solitaires ».

Du costaud, la météo

En matière de conditions météorologiques, tous devront faire preuve de vigilance. Certes, ils seront préservés en début de course avec 12 à 17 nœuds de vent d’ouest-sud ouest au départ. Mais dès dimanche, ça va se corser pour la tête de course avec des rafales tutoyant les 24 nœuds et une mer formée (jusqu’à 4 mètres dans le sud-ouest de l’Irlande). Alors qu’une nouvelle dépression est ensuite attendue au nord et qu’un anticyclone se formera aux Açores, il faudra veiller à ne pas se faire piéger par la dorsale. Jacques Caraës, directeur de course, se veut néanmoins rassurant : « Les conditions sont largement maniables pour un parcours qui a valeur de préparation au Vendée Globe ».

Un départ particulièrement atypique

Se focaliser sur les fichiers météos et la fiabilité de leurs monocoques, les skippers en ont rêvé pendant les huit semaines de confinement. Néanmoins, la crise sanitaire a obligé les marins et leurs équipes à s’adapter. En effet, il a été décidé qu’ils partent depuis leur port d’attache ce vendredi avec un maximum de quatre équipiers de leur team. À titre d’exemple, Christopher Pratt a pris part à ce convoyage au côté de Jérémie Beyou (Charal). Beaucoup sont allés mouiller au large des Sables ou à l’abri des îles qui longent la route qui mène à la ligne de départ.

Le contrat sanitaire

Par ailleurs, tous ceux qui sont montés sur les bateaux ont été soumis à des tests PCR en début de semaine puis à nouveau vendredi, juste avant de quitter les pontons. Ils ont également dû observer une période de confinement afin de s’assurer qu’aucun malade ne prenne le départ. Ce protocole, strict, a également un impact pour le public avec l’absence de village et de zone d’accueil au départ aux Sables d’Olonne.

Sportivement, la course ne manque pas d’enjeux entre les favoris - Jérémie Beyou (Charal), Charlie Dalin (Apivia) et Thomas Ruyant (LindkedOut) – et ceux qui doivent franchir la ligne d’arrivée pour se qualifier au Vendée Globe : Isabelle Joschke (MACSF), Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One) et Armel Tripon (L’Occitane en Provence). À cinq mois du plus connu des tours du monde, on ne pouvait pas espérer meilleure répétition générale !

Tous les enjeux de la course 

1La Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO, partenaire de la Claisse IMOCA et de plusieurs skippers de la flotte

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