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Gros matchs sur la Vendée Arctique-Les Sables d’Olonne

Titre non renseigné

On était en manque de sport, d’action, de vibrations et d’émotions. Ils étaient en manque de mer, de solitaire, d’emmerdes, de challenges, de repères et de confiance. La Vendée-Arctique-les Sables d’Olonne devait combler une bonne partie de ces manques. Ce grand triangle de 2800 milles en Atlantique Nord* n’est pas encore terminé – il faudra attendre mardi ou mercredi pour en connaître le dénouement – mais il est le révélateur que tous attendaient.

Ces cinq jours de mer ont recelé des trésors de mises à l’épreuve. Il fallait aller faire un tour en hiver, vers le froid et les journées sans fin, en direction du cercle polaire, afin de trouver les obstacles et les difficultés que les marins appelaient de leurs vœux, pour ne pas se pointer vierges de toute adversité sur les pontons des Sables d’Olonne le 8 novembre prochain.

Test météo et stratégie
« Les premiers ont traversé deux dépressions. Les derniers trois. Les conditions ont été exigeantes et très variées : ils ont eu de la mer, du reaching avec plus de 35 nœuds de vent, un peu de portant, du près, du petit temps. Et ce sera encore très complexe stratégiquement sur le chemin du retour : il y aura une nouvelle dépression à négocier, des choix de placement à opérer, des allures très différentes pour se perfectionner. Sur un parcours comme celui-là, on traverse les systèmes météo et c’est une excellente préparation pour le Vendée Globe » résume Jacques Caraës, directeur de course de la Vendée- Arctique et du Vendée Globe.

Tests de manœuvres et performance
Conséquence immédiate de la variété des conditions de navigation : la multiplication des manœuvres. Changements de voiles d’avant, prise et largage de ris, virements de bord, matossage. Presque toute la palette y est passée depuis le départ des Sables d’Olonne, le 4 juillet dernier. Il ne manque que quelques empannages, attendus, peut-être en fin de parcours. Réviser toute la gamme des manœuvres et naviguer à toutes les allures permet d’éprouver les configurations de voiles, le « tunning guide » du navire, d’affiner, peut-être encore, les polaires de vitesse ou les réglages de pilotes automatiques de plus en plus perfectionnés, bref, de nourrir de nouvelles informations l’ogre insatiable de la performance.

Accessoirement, les navigateurs (trices) ont pu jauger à chaque changement de voile ou d’amures leur état de forme physique et appréhender les comportements et le confort  (souvent très sommaire) de leurs monocoques.

Crash test
Trois concurrents ont été obligés d’abandonner la course. Damien Seguin (Groupe Apicil),  à cause de son support d’alternateur, Sébastien Simon (Arkéa-Paprec) sur la casse de son foil tribord et Armel Tripon (L’Occitane en Provence) pour une avarie structurelle à l’avant de la coque (fissures). Armel et Sébastien, qui avaient pris le départ de la course notamment pour valider leur qualification au Vendée Globe, ont encore la possibilité de le faire. Ils devront exécuter un parcours de substitution de 2000 milles en solitaire avant le 15 septembre prochain. Ces trois cas extrêmes sont les arbres qui cachent une forêt de pépins techniques révélés ou tus, subis par l’ensemble de la flotte. Problème de hook de grand-voile pour Kojiro Shiraishi (DMG Mori), de rail d’écoute de grand-voile pour Kévin Escoffier (PRB), souci de pilote pour Isabelle Joschke (MACSF)… « Tout le monde a bricolé, confie Jacques Caraës et ce sera finalement très profitable car ceux qui ont disputé cette course auront identifié les problèmes à résoudre lors des futurs chantiers d’été ».

Régate dure et pure
« Dur pour les leaders, mais parfait pour les spectateurs ! » commentait Christian Dumard, en charge de la météo,  en regardant à la cartographie du 9 juillet. Ce jeudi matin, Thomas Ruyant (LinkedOut) et Charlie Dalin (Apivia) se sont affrontés en combat singulier à quelques centaines de mètres l’un de l’autre,  pour tenter de ravir le Trophée Ulysse Nardin au passage du point le plus septentrional de la course. Six minutes séparent le bateau bleu du bateau jaune. Moins d’une heure dans leur sillage, Jérémie Beyou pointait l’étrave de Charal. Ces trois rivaux ont animé en tête la première moitié de course, avec des écarts infimes, confirmant l’intuition de nombreux parieurs. Ces trois bateaux dernier cri figurent en haut de la liste des favoris : ils sont bel et bien au rendez-vous. Seul plan Manuard parmi ces bolides de dernière génération, L’Occitane en Provence, impressionnant de vitesse au départ, aurait certainement figuré dans ce groupe s’il n’avait abandonné. Derrière, la lutte est tout aussi sévère entre cinq IMOCA à foil plus anciens mais encore très véloces : Samantha Davies (Initiatives Cœur), Kévin Escoffier (PRB), Boris Herrmann (SeaExplorer- Yacht Club de Monaco), Isabelle Joschke (MACSF) et Yannick Bestaven (Maître CoQ) rivalisent d’aisance avec une marge d’une vingtaine de milles devant un deuxième peloton de cinq bateaux allant de Fabrice Amedeo (Newrest –Art et Fenêtres) à Giancarlo Pedote (Prysmian Group).

Encore 5 jours de course
La bulle anticyclonique traversée jeudi par la flotte au large de l’Islande est en train de resserrer les écarts, rendant toute hiérarchie encore très incertaine.
Il reste 1500 milles à courir jusqu’à la ligne d’arrivée, via la marque Gallimard située 400 milles dans l’ouest des côtes vendéennes.  D’ici là, les obstacles seront nombreux et les revirements très probables.
Les premières arrivées de cette grande répétition du Vendée Globe pourraient être jugées au moment des feux d’artifice de la fête nationale, entre le 14 et le 15 juillet.

* La marque Gallimard (point de passage virtuel), initialement positionnée au nord des Açores, a été déplacée. Le parcours s’est vu réduit et passer de 3600 à 2800 milles.

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