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Les joies d’une première

Vendée - Arctique - Les Sables d'Olonne
© François Van Malleghem / Imoca

Quand ils ont quitté leurs pontons respectifs, un peu plus de dix jours plus tôt pour se rendre sur la ligne de départ de la Vendée - Arctique - Les Sables d'Olonne, ils étaient masqués, parfois anxieux et surtout désireux de s’élancer, enfin. La flotte, composée de skippers en lice pour participer au Vendée Globe, piaffait d’impatience après l’annulation de deux courses - The Transat (10 mai) et New York – Les Sables (16 juin) – à cause de la propagation du Covid-19. « Ça commençait sérieusement à manquer », souligne Charlie Dalin (2e). « Des courses comme ça, ça aide à être prêt », poursuit Thomas Ruyant (3e).

D’autant qu’ils se sont mesurés sur un terrain peu habituel : une remontée vers le sud de l’Islande, avant une descente au cœur de l’Atlantique jusqu’à une bouée située sur la latitude des Sables d’Olonne. « Le parcours était intéressant d’un point de vue stratégie et météorologique, assure Kevin Escoffier (5e). On a vécu en dix jours un condensé de phases de transition. On ne pouvait pas rêver meilleur entraînement. C’était ce dont on avait besoin avant d’aller au Vendée Globe. »

Beyou, Dalin, Ruyant, la puissance de feu de croiseurs...
© © Eloi Stichelbaut - polaRYSE / IMOCALa course a également permis de jauger les forces en présence. Et il n’y a pas eu de surprise : les foilers de dernière génération – Charal (Beyou), Apivia (Dalin) et LinkedOut (Ruyant) - se sont disputé la victoire. Pourtant, l’intensité de la bataille entre le trio a été particulièrement saisissante. Tous se sont relayés en tête de course et tous ont donné sans compter, à l’image de ce sprint final autour des 20 nœuds de moyenne. À l’arrivée, Beyou devance Dalin de seulement 50 minutes et Ruyant de 1 heure et 10 minutes !

« Avec Charlie et Thomas, on a fait la course ensemble. Il y a eu des retournements de situation, on ne s’est quasiment jamais quitté de vue », apprécie Jérémie Beyou, l’heureux vainqueur à l’issue de 10 jours, 5 heures et 14 minutes de course. « C’est sûr qu’on ne s’est pas lâché », ajoute Charlie Dalin, qui insiste néanmoins sur « l’inconfort à bord. (…) Un Vendée Globe, c‘est 7 fois plus long, il va falloir tenir le choc. » Thomas Ruyant va dans le même sens : « Les phases de repos sont plus difficiles à trouver et elles vont encore plus faire partie qu’avant de la façon dont on va mener la course. »

... L'ancienne génération de concours
© © Eloi Stichelbaut - polaRYSE / IMOCADerrière le trio de tête, les bateaux d’ancienne génération n’ont pas dit leur dernier mot. Moins de 20 minutes après l’arrivée de Thomas Ruyant, Samantha Davies (Initiatives-Cœur) en terminait à son tour (4e), devançant de moins d’une heure Kevin Escoffier (5e, PRB) et de trois heures Yannick Bestaven (6e, Maître CoQ IV) et Boris Herrmann (7e, SeaExplorer-Yacht Club de Monaco). Leurs bateaux ont été respectivement mis à l’eau en 2010, 2009 et en 2015 pour les deux derniers. « C’est top de finir en tête des IMOCA d’ancienne génération », apprécie Samantha Davies. « Il y avait trois bateaux devant qui jouaient la gagne, nous qui venions les titiller de temps en temps et après on bataillait entre nous », résume Kevin Escoffier.

La flotte tient bon
L’enthousiasme à l’arrivée était généralisé pour l’ensemble de la flotte. Car, fait rare pour une course au large, les abandons ont été très peu nombreux. Seuls trois skippers ne sont pas parvenus à franchir la ligne d’arrivée : Sébastien Simon (Arkéa-Paprec, casse du foil tribord), Damien Seguin (Groupe APICIL, casse du support d’alternateur) et Armel Tripon (L’Occitane en Provence, avarie). Pour eux comme pour tous les skippers IMOCA, une nouvelle phase commence : un contre-la-montre où rien ne doit être négligé afin d’être prêt le 8 novembre prochain. 

Trois qualifiés sur cinq
Des cinq partants en lice pour une qualification sportive pour le Vendée Globe, trois ont passé la marche : Isabelle Joschke (MACSF), Kojiro Shiraishi (DMG MORI) et Clément Giraud (Vers un monde sans Sida). Contraints à l’abandon, Armel Tripon (l’Occitane en Provence) et Sébastien
Simon (Arkéa-Paprec) vont devoir requérir le droit d'effectuer un parcours de substitution, de 2000 milles, à boucler avant le 15 septembre. Les deux projets ont jusqu’à la fin du mois pour faire une demande officielle au Vendée Globe.

Une organisation de combat
Dans un contexte très particulier, il faut saluer la performance de la classe IMOCA, qui a su, avec le soutien de toute la course au large, obtenir les autorisations pour lancer et relancer la compétition. Pour cela, il a fallu rassurer les institutions sur la capacité de la course au large à faire respecter des protocoles sanitaires stricts. Certes, il aura manqué un village et la remontée du chenal des Sables d’Olonne, mais la course a tenu ses promesses, et l’événement a connu un retentissement très encourageant. La Vendée – Arctique – Les Sables d’Olonne aura aussi été un très bon cas d’espèce, qui aura permis de travailler sur un scénario inattendu et contraignant… mais gagnant.

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