04 septembre 2020 - 14h:20 • 2737 vues

Partager

Article

Ses bateaux noirs, toujours à la pointe de la technologie, sa façon de naviguer pied au plancher et ses options, parfois extrêmes, ont fait du marin britannique une star au pays de la course au large en solitaire. Pour sa 5e participation au Vendée Globe, gagner est sa seule ambition. 

Né le 18 avril 1974 à Bangor (Pays de Galles)
Vit à Gosport (Hampshire, Angleterre)

MON PARCOURS

Débuts : " J’ai commencé à naviguer lorsque j’étais tout jeune. A l’époque, ça ne payait pas les factures, donc je faisais des petits jobs en parallèle. Mais naviguer était ma passion. On a toujours vécu près de l’eau et c’est là que je me sentais le plus heureux.
Mon envie de prendre le large : En 1998, j’ai eu l’occasion de courir la Clipper Round The World Race (course autour du monde avec escale imaginée par Sir Robin Knox-Johnston. Des amateurs payent un ticket d’entrée pour disputer une ou plusieurs des 10 étapes, encadrés pas des skippers professionnels, ndr) et c’est là que tout a changé pour moi. C’est à ce moment que j’ai réalisé que je pouvais faire carrière dans la voile et que j’ai décidé de devenir professionnel. Aujourd’hui, j’ai la chance de faire ce que j’aime par dessus tout et d’en vivre.
Quand la course au large devient un projet de vie. Sur la Clipper Race, je me suis dit : 'Si je gagne la course, alors je deviendrai marin professionnel'. Et j’ai gagné ! Ça m’a donné assez de confiance pour concentrer toute mon énergie sur ma carrière dans la voile.
L’expérience ou le résultat dont vous êtes le plus fier : 
Il y a eu pas mal de moments forts, mais terminer deuxième du Vendée Globe 2016-2017 est peut-être celui qui surpasse les autres. Le Vendée Globe, c’est plus que 70 jours en mer, c’est quatre années de préparation, de programmation, pas juste pour moi, mais pour toute l’équipe et les partenaires. Terminer cette course en deuxième position, se battre jusqu’à la ligne d’arrivée malgré la casse du foil… je suis très fier de cela.

DU TAC AU TAC

Ma qualité principale :  La résilience. En tant qu’équipe, nous avons surmonté de nombreux coups durs et nous en sommes ressortis plus forts. Je crois que c’est en affrontant les plus grandes difficultés que l’on trouve les plus grandes forces.
Mon principal défaut : Je peux être très émotif. Je suis quelqu’un à fleur de peau, donc je dois m’efforcer de contrôler mes émotions quand je suis en course.
Si vous étiez un animal : Un albatros. Libre de voler, toujours près de l’eau et très souvent présent dans les mers du Sud !
Si vous étiez un film : On dit que le Keelwalk, le Mastwalk et le Skywalk (les performances acrobatiques d’Alex Thomson sur son bateau, ndr) ressemblent à des scènes de James Bond. Et grâce à HUGO BOSS, j’en ai le costume !
Votre couleur favorite : Noir. Nous avons été la première équipe IMOCA à dévoiler un bateau noir. Mais je suis bien sûr également un grand fan de la couleur rose.
Votre rêve de bonheur : J’ai fini par apprendre que le succès ne mène pas forcément au bonheur. Alors, même si remporter le Vendée Globe est mon ambition ultime, je pense que c’est ce qu’il y a de plus important dans notre vie qui nous rend vraiment heureux, comme passer du temps avec sa famille et voir grandir ses enfants. 
Votre héros dans la vie : Sir Robin Knox Johnston, qui est à la fois mon héros et a été mon grand mentor. A l’époque, lorsqu’il a fait son tour du monde en solitaire sans escale, il n’y avait pas de communications satellite, les marins ne pouvaient pas communiquer avec le reste du monde, encore moins avec leurs proches, et c’est remarquable. Les exploits de Sir Robin ont inspiré de nombreux marins et ont eu un impact énorme dans l’univers de la voile. Je ne serais certainement pas là où j’en suis aujourd’hui sans lui.
Votre aphorisme : Finir. Il faut d’abord finir.
Si vous n’aviez pas été marin... : J’aurais adoré être pilote d’hélicoptère mais, malheureusement, ma vue n’est pas assez bonne.

MON VENDEE GLOBE 2020

Vos ambitions : Gagner. Pour notre équipe, c’est le seul objectif. Après avoir terminé 3e puis 2e dans les deux dernières éditions, une victoire est le seul résultat qui nous satisferait.
Ce qui vous empêcherait d’atteindre ce but (en dehors de la casse) : Je crois que le plus gros challenge dans cette course c’est de savoir se gérer – savoir quand on peut pousser le bateau, quand on peut s’autoriser à manger ou à se reposer. C’est le défi que nous devons relever pendant plus de 70 jours de mer. Nous avons travaillé étroitement avec notre partenaire Nokia Bell Labs pour me permettre de mieux comprendre mon sommeil, mes mouvements, mes niveaux d’activité et mon degré de stress en course. Ces données en temps réel vont certainement me permettre de mieux comprendre et de mieux gérer ma performance.
Votre arme fatale : L’expérience. Notre team a une connaissance énorme de cette course. Nous avons été confrontés à de nombreux défis, nous avons subi des revers, j’ai donc confiance en notre capacité à toujours trouver la voie pour surmonter les problèmes. Quand je franchis la ligne de départ, je sais que je me suis déjà retrouvé là et je comprends très bien cette course.
Un Vendée Globe réussi, ce serait : Gagner
Le Vendée Globe en trois mots : Impitoyable. Brutal. Dévorant

Le Vendée Globe en trois images : 
- Le départ des Sables d’Olonne en 2004. Rien n’aurait pu me préparer à ce sentiment lors de la descente du chenal, lorsque j’ai vu et entendu ces milliers de fans qui saluaient les skippers. C’était une expérience incroyablement émouvante et que je n’oublierai jamais.
- Mon premier podium en 2013. C’était comme si le travail avait fini par payer et je pense que d’une certaine manière, ça a été un tournant, dans le sens où, pendant cette course, on a fini par être considéré comme de sérieux concurrents.
- Le passage de la ligne d’arrivée en 2017. Même s’il y avait un peu d’amertume car nous avions été si proches de la victoire, c’était une sensation extraordinaire d’avoir ramené le bateau aux Sables d’Olonne, de voir ma famille, mon équipe et les milliers de gens qui nous attendaient.

Vous ne partiriez pas sur un Vendée Globe sans… : Des photos de ma famille "


 

Cela peut vous intéresser

Préparez votre venue sur le village du Vendée Globe : Ouverture des inscriptions le 6 octobre