14 septembre 2020 - 16h:00 • 1915 vues

Partager

Article

Le Défi Azimut, hors d’œuvre en trois plats du Vendée Globe, a généré bien des surprises, à Lorient.

Avec plus de la moitié de la flotte IMOCA inscrite pour le tour du monde, le cœur de la course au large a vibré fort à Lorient lors du 10e Défi Azimut. A la table de l’événement organisé par Jean-Marie Corteville depuis 2011 à l’attention exclusive des Imoca, certains ont leur rond de serviette, comme Sam Davies ou Jérémie Beyou. D’autres, bizuts de la classe, ont pris place avec des manières, le dos droit et le fessier posé au bord de la  chaise, en respectant l’ordonnancement des couverts : la petite fourchette pour les runs servis mercredi, celle aux dents longues pour les 48 heures Azimut en (presque*) solitaire qui a suivi, et la cuillère pour le dessert, le tour de l’Île de Groix qui, le dimanche, permet à des amateurs de grimper à bord des IMOCA pour une drôle de balade plus ou moins acide. La vérité, c’est que les bizuts ont souvent mis les coudes sur la table, parlé la bouche pleine et rigolé fort – et tant mieux.

Tripon à toute vitesse

© Jean-Marie Liot / Défi AzimutAvec le dernier-né de la flotte, L’Occitane en Provence, renforcé après les déboires techniques du mois de juillet, Armel Tripon a été le meilleur sur les runs, avec un beau chrono de 3’05 sur la ligne droite de 1,2 mille qui servait de valeur étalon, mercredi. 23,35 nœuds, dans le vent qui montait, c’est mieux que Thomas Ruyant (LinkedOut) et Sébastien Simon (Arkéa-Paprec) qui ont complété le podium.


Beyou confirme, les filles carburent

© Christophe Favreau / Défi Azimut
Les 48 heures Azimut, plat principal fait d’un triangle de 500 milles au large, a dû laisser un gout amer dans la bouche de quelques marins. Ils étaient prévenus que, à l’heure de leur retour, le vent serait tombé à Lorient, mais les favoris ne s’attendaient pas à planter si lentement la fourchette dans la dernière bouchée. Pendant 42 heures, les cadors avaient joué les cadors dans un vent monté à une vingtaine de nœuds sur le grand bord de portant qui mena la flotte vers le large.

A ce jeu-là, les foilers dernière génération ont fait le job. A la première bouée, Charlie Dalin (Apivia) menait devant Jérémie Beyou (Charal), Thomas Ruyant (LinkedOut), Armel Tripon (L’Occitane en Provence), Sébastien Simon (Arkéa-Paprec) et Kevin Escoffier (PRB). En bas, à la seconde marque de passage, l’ordre était inchangé. Et puis…

Et puis le vent est tombé tandis que la flotte remontait au près vers Lorient. Tombé ? Chuté, dégringolé, dévissé, plutôt, si bien que, à la place du tassement qui était prévu, l’on assista plutôt à un regroupement général. Et, si Jérémie Beyou trouva un souffle de vent en plus pour s’imposer malgré tout (comme en 2019 !), ses compères se laissaient piéger par une zone sans vent, notamment Kevin Escoffier, alors leader, laissant un trio féminin jouer de patience, de pertinence et de finesse pour venir compléter le podium.

© Christophe Favreau / Défi AzimutSam Davies (Initiatives-Cœur), Isabelle Joschke (MACSF) ont tiré le meilleur de leur IMOCA d’ancienne génération optimisé par l’ajout de foils. Clarisse Crémer (Banque Populaire X), à qui il n’est jamais nécessaire de dire deux fois la même leçon pour qu’elle retienne, termine 4e sur le bateau vainqueur du Vendée Globe 2012-2013 à dérives droites.

« Ces 48 heures sont un super boost de confiance avant le Vendée Globe même si les conditions de mer plate sont très différentes, racontait Samantha Davies samedi matin. Ça reste un régal de naviguer sur ces bateaux qui sont magnifiques, surtout quand ils sont bien préparés. Tout marche super bien. On est allé plutôt vite et aussi au bon endroit. C’est un beau travail d’équipe pour arriver ici en bonne position, je suis ravie du bateau et de sa préparation »

« Je suis super contente, c’était une course très chouette avec des conditions magnifiques, il y a longtemps qu’on n’a pas navigué dans ce genre de conditions royales, s’enthousiasmait Isabelle Joschke. Un bonheur ! J’ai bataillé vraiment du début à la fin, j’ai eu de la réussite évidemment au passage de l’île de Groix, sur un finish un peu traditionnel quand on court La Solitaire du Figaro. J’ai profité de la situation, je suis passée au bon endroit, et me voilà sur le podium. Un peu de chance, ça ne fait pas de mal ! »

Clarisse Crémer : « C’était super ce duel avec Isabelle (Joschke) et c’était une très belle course ! Il y a eu plein de beaux moments, et je suis super contente d’en avoir bien profité. C’était un peu inespéré de finir quatrième mais je me dis qu’il faut profiter de la chance qu’on a ! Je me sens bien sur mon bateau, de mieux en mieux ! »

Kevin a croqué le dessert

© Yvan Zedda / Défi AzimutDimanche, Kevin Escoffier (PRB) a remporté le Tour de l’île de Groix devant Charlie Dalin (Apivia) et Maxime Sorel (V and B – Mayenne), en 2h29, conclusion heureuse pour quatre journées de course. A moins de deux mois du départ du Vendée Globe, une chose est acquise : les favoris n’ont pas le droit à l’erreur, les outsiders ont faim !

Préparez votre venue sur le village du Vendée Globe : Ouverture des inscriptions le 6 octobre