17 septembre 2020 - 18h:17 • 6866 vues

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Ce que les marins ont dit, aujourd’hui, lors de la conférence de presse officielle du Vendée Globe.

Ils étaient (presque) tous à Paris aujourd’hui sur la scène du Palais Brongniart, les 33 héros du 9e Vendée Globe. Masqués, mais heureux de partager ce moment, ils se sont exprimés sur leur envie de partir, leurs ambitions, leur soulagement après toutes ces années de préparation. Face à leur rêve sur le point de se réaliser, et quelles que soient les difficultés passées et à venir,  ils se sont aussi présentés comme de grands privilégiés.

Damien Seguin – Groupe APICIL
« C’est un long chemin, j’ai plusieurs carrières en une : j’ai commencé avec des difficultés à me faire accepter. J’ai mon propre chemin, je cours maintenant de plus en plus loin sur des bateaux de plus en plus grands »

Manuel Cousin – Groupe SÉTIN
« Je savoure tous les jours la chance et le privilège que j’ai. J’ai quitté mon emploi en 2017 pour une reconversion en tant que skipper professionnel. C’est un vrai bonheur de naviguer sur ces superbes bateaux ! »

Charlie Dalin - APIVIA
« C’est une course que je rêve de courir depuis très longtemps. Le large, en solitaire, c’est ce que je préfère. J’aime me retrouver seul sur un bateau, et plus c’est long, plus je me sens bien. Il y a dans le Vendée Globe une part d’inconnue : je n’ai jamais passé plus de 20 jours seul sur mon bateau. Le Vendée Globe, cela fait longtemps que j’y pense. Je suis vraiment heureux de prendre le départ le 8 novembre prochain ».
 

© Jean-Marie Liot / Alea / VG2020Clarisse Cremer, - Banque Populaire X
« Je n’étais pas prédestinée à prendre le départ du Vendée Globe. J’ai fait la Mini Transat et je me suis découverte une vraie passion et un amour de la course au large. J’ai beaucoup chance, Armel (Le Cléac’h) m’a beaucoup aidé, j’ai pu l’observer, maintenant, il faut que je vole de mes propre ailes et que je sois toute seule. »

Benjamin Dutreux - OMIA – Water Family
« On a connu quelques temps difficiles, comme pour tous les projets, je pense.  Prendre le départ du Vendée Globe n’est pas un long fleuve tranquille, c’est semé de difficultés et de rebondissements. Être au départ, c’est une émotion énorme. Les galères que j’ai connues génèrent une satisfaction encore plus énorme d’être au départ »

Pip Hare – Medallia
“ Ca a été très difficile cette année. On a perdu tellement d’événements sportifs internationaux et je peut-être que les gens ont peut être basculé vers d’autres centres d’intérêts… De mon côté, j’espère pouvoir inspirer le public en faisant découvrir ce sport qui est fascinant.”

Sébastien Simon - Arkea Paprec
« Ça a été une année pas forcément simple mais j’ai conscience que naviguer sur un bateau de dernière génération avec ces grands fois est un privilège. Peu à peu, je reprends confiance en mon bateau et j’ai hâte de faire ce tour du monde. C’est mon rêve. J’habite aux Sables-d’Olonne, juste en face du ponton Vendée Globe, et c’est sûrement de là que mon rêve est né, c’est peut-être grâce à ça que j’en suis là aujourd’hui. »

Alexia Barrier – TSE – 4Myplanet
« Ça fait deux ans qu’on fonctionne avec un budget Figaro, alors je suis contente de l’arrivée d’un nouveau partenaire, TSE ! Avec 4myplanet depuis 10 ans, on travaille pour la préservation de la planète et avec les enfants »

Armel Tripon - L’Occitane en Provence
« On a bien travaillé, on a terminé la qualification, on a enchaîné avec une course de 48 heures, et on va aller naviguer dans la brise la semaine prochaine. J’ai une expérience du multicoque, et ces monocoques s’en rapprochent : ce sont de vrais purs sangs qui cherchent à accélérer tout le temps, et le vol est une nouvelle donnée sur ces monocoques ».

© Jean-Marie Liot / Alea / VG2020Maxime Sorel - V AND B – MAYENNE
« Ce sont des bateaux qui demandent beaucoup. Ils sont très exigeants, ce sont des bateaux durs à maîtriser sur l’eau et à terre. Il y a une grosse logistique derrière et toute une équipe autour de moi. Le tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance m’a toujours fait rêver. »

Boris Herrmann - Seaexplorer- Yacht Club de Monaco
« C’est un honneur d’être le premier Allemand à participer à cette course qui est un rêve depuis 20 ans. Je suis sûr que ça va faire grandir le fan club en Allemagne. On veut participer pour la compétition, bien sûr, mais c’est aussi une opportunité de récolter des données océanographiques. Nous avons un laboratoire à bord, on travaille avec les scientifiques pour apporter du sens à ce qu’on fait et être utile à la science. »

Isabelle Joschke - MACSF
« J’ai fait le plein de confiance sur le Défi Azimut. Le parcours, pour arriver jusque-là, n’a pas toujours été facile, nous avons eu des hauts et des bas. Mais on se dit qu’on peut avoir de la réussite et nous sommes prêts pour ce départ. C’est le bon chemin pour la mixité, c’est la première fois que les femmes sont aussi bien représentées. C’est encore trop peu : nous sommes 6 sur 33 ! Nous avons à cœur de montrer que les femmes marchent aussi bien que les hommes. »

Giancarlo Pedote - Prysmian Group
« Avec mon partenaire, nous franchissons les étapes depuis 13 ans, depuis la Mini Transat. Nous sommes venus jusqu’au Vendée Globe à petits pas, et c’est une journée très importante pour nous que d’être là. Nous franchissons un cap en nous lançant dans une grande aventure, et nous allons la partager. Nous allons notamment la partager avec Electriciens sans frontière, une association qui permet de rapporter l’eau et de l’électricité dans les zones du globe qui ont été touchées par des catastrophes. Le Vendée Globe est une compétition et une grande aventure personnelle : on aura un contact avec la partie la plus intime de nous-mêmes. Ce sera un bon cas d’étude pour prolonger la philosophie, que j’ai apprise à l’Université de Florence ».

Miranda Merron - Campagne de France
« Pour moi, le Vendée Globe est l’aventure d’une vie. Oui, je connais le Grand Sud, mais je ne sais pas si c’est un avantage ou un inconvénient ! En tout cas, on est gâté quand on est en mer, tout seul. Nous sommes réduits à nous-mêmes avec juste la mer et le ciel autour. Je me dis que j’ai beaucoup de chance de vivre cela pendant trois mois ».

Yannick Bestaven – Maître CoQ
« Il y a douze ans, j’ai eu de la chance dans mon malheur : mon démâtage m’a permis d’être présent pour la naissance de ma deuxième fille. J’ai navigué depuis et j’ai connu d’autres heures sur l’eau. Je pars dans de très bonnes conditions pour cette édition. Le bateau est à ma main, à la hauteur de mes ambitions : c’est le premier IMOCA équipé de foils. Tout a évolué ces quatre dernières années. Le Vendée Globe est un long marathon, je pense que j’ai un bateau fiable pour faire ce tour du monde, et j’en suis très content ».

© Jean-Marie Liot / Alea / VG2020Kojiro Shiraishi - DMG MORI
« C’est la première fois que j’ai un bateau comme celui-là (à foil, de dernière génération). Mon but est de bien naviguer et de finir. Il y a 4 ans, ce que je retiens, c’est le moment du départ qui était fantastique. J’ai réussi à intégrer le milieu de la course au large. Maintenant, terminer le Vendée Globe est mon objectif principal. »

Thomas Ruyant - LinkedOut
« Je fais peut-être peur à un certains du point de vue de la compétition. C’est vrai que j’ai une formidable machine préparée par une dream team, avec des partenaires de qualité. Il y a aussi un beau message à faire passer : que les 80 personnes sur LinkedOut trouvent du boulot. C’est un vrai message que je souhaite faire passer. »

Alan Roura - La Fabrique
« En 2016, on avait un vieux bateau préparé à la dernière minute. Là, grâce au soutien de La Fabrique, on a racheté un bateau de 2007 que l’on a entièrement modifié. L’objectif  était de grandir avec le bateau, l’équipe et de prétendre à une jolie place pour cette deuxième participation. »

Fabrice Amedeo - Newrest-Art et Fenêtres
« C’est un vrai privilège pour moi de participer à une deuxième édition du tour du monde en solitaire. Sur ce Vendée Globe, je n’ai pas un bateau qui peut gagner, mais il peut me permettre de faire une jolie course. J’aime participer à cette aventure et j’y viens aussi pour une cause qui me tient à cœur. Je vais travailler avec des océanographes pour mieux connaître les océans. »

Stéphane Le Diraison – Time for Oceans
« Cette expérience 2016 fut riche d’enseignements et mes avaries m’ont adressé une belle leçon d’humilité. J’y ai appris beaucoup de choses. Avec mes partenaires, nous avons créé Time for Oceans. Nous avons gardé le même bateau, mais il n’y a plus que la coque qui soit d’origine. Tout le reste a évolué »

Sébastien Destremau - Merci
« Ce Merci, c’est la manifestation de ma gratitude. Envers tous ceux qui nous ont soutenu. Quand vous faites le Vendée Globe, il y a la sensation d’être un immense privilégié. Bien sûr, c’est dur, il y a des emmerdes, on se fait mal, mais on est bien heureux et chanceux d’être là.  Alors j’ai eu envie de dire merci, tout simplement. »

Louis Burton – Bureau Vallée 2
« Partir avec le bateau vainqueur de la précédente édition ne donne pas de pression. Ce qui en ajoute, c’est ce plateau magnifique avec des bateaux hyper performants et des skippers qui le sont tout autant. Il y a de la pression parce qu’on est là physiquement, parce qu’il faut noter les efforts des organisateurs qui ont réussi à maintenir cette conférence de presse et surtout le Vendée Globe. Ça donne de la pression et l’envie de faire le mieux possible. Merci aux organisateurs, aux sponsors, et merci à Bureau Vallée, pour mon troisième départ. Là, j’ai l’honneur d’être entouré de légendes, et je suis hyper honoré d’être dans ce groupe ».

Romain Attanasio – Pure – Best Western Hotels & Resorts
« Le Vendée Globe, c’est une emmerde par jour. Au final, on découvre qu’on peut trouver les ressources pour franchir tous les obstacles. Sam (Davies, sa compagne) prend aussi le départ. Quand la question s’est posée, on s’est dit « Allez, on fonce, et on s’organisera plus tard »

© Jean-Marie Liot / Alea / VG2020

Sam Davies – Initiatives-Cœur
« Avec les foils, j’ai bien gagné en vitesse et je pense que c’est le bon choix. J’ai la chance de pouvoir faire ça grâce au travail de mon équipe. C’est l’ancien bateau de Jerem’ (Beyou). Mon projet, c’est un projet à la fois performant et solidaire. Je veux faire la preuve qu’on peut faire les deux en soutenant Mécénat Chirurgie Cardiaque. Partir avec Romain, mon compagnon, c’est notre rêve à nous deux. Sur les trois précédentes éditions, on a dû faire un choix entre nous et une fois, je me suis sentie frustrée. Là, on est heureux de partir tous les deux, même si ce sera un peu compliqué parfois en logistique familiale. »

Ari Huusela – Stark
“C’est un vieux rêve qui remonte à 1999 lorsque j’ai commencé avec la Mini Transat. Quand j’ai fait la connaissance de ces bateaux, les IMOCA, j’ai su que je voulais faire le Vendée Globe. J’y suis allé step by step. Et me voilà !”

Arnaud Boissières - La Mie Câline – Artisans Artipôle
« C’est ma 4e participation. Je suis très fier d’avoir les mêmes partenaires qu’il y a quatre ans. Mes partenaires s’engagent dans la durée et c’est formidable vu les temps qui courent. L’objectif, c’est de faire mieux. Mon bateau est l’ancien de Mike Golding, si je peux faire 85 jours c’est bien ! L’objectif, c’est de partager au maximum. Le Vendée Globe, c’est une tranche de vie. C’est un honneur de prendre le départ. »

Jean le Cam – Yes We Cam!
« On essaie de faire au mieux avec ce qu’on a. C’est le troisième tour du monde pour ce bateau et moi. J’espère qu’on va au moins aller un peu plus vite, j’espère un peu moins de 80 jours. Est-ce que j’ai envie de porter les terriens vers la mer ? Non, chacun fait ses choix et choisit sa route. Nous avons un projet particulier, qui porte le nom de Yes We Cam, pour un projet sportif et rigolo. On est parti pour faire quelque chose de pas mal, je pense ».

Jérémie Beyou – Charal
« On espère avoir trouvé toutes les clés. Depuis trois ans, on se prépare pour ça. Tout le monde a fait un boulot fantastique, c’est à moi de finir le boulot sur cette machine fantastique. Le parcours réserve plein de surprises, il n’y a pas que le pot au noir. Quand tu t’engages sur le Vendée Globe, tu sais qu’il y aura des surprises. Je suis prévenu ».

Nicolas Troussel Corum L’Epargne 
« On  a remis le bateau à l’eau à la fin de la semaine dernière et il a même navigué cette nuit. J’ai hâte de retourner naviguer et de gérer les derniers préparatifs avant le stand by aux Sables d’Olonne.  On a quand même fait 9000 milles depuis qu’on a mis à l’eau donc on peut dire qu’on a pas mal navigué. On est très contents de nos choix d’architecte, de constructeur et du choix de l’équipe. C’est très rassurant de les avoir autour de moi. »

Clément Giraud, Compagnie du Lit / Jiliti 
« On a eu une année un peu compliquée alors je suis très heureux d’être là. C’est un beau cadeau que l’on fait à toute l’équipe. On se prépare en ce moment à la Rochelle. Un truc incroyable : c’est Eric Nigon qui me prête son bateau pour faire le VG. Du coup, il a intégré notre équipe… je pense que c’est du jamais vu. Ces derniers mois, les élans de solidarité, en plus de ceux d’Eric ont été incroyables. Je voudrais saisir cette occasion pour dire merci à tout le monde.

© Jean-Marie Liot / Alea / VG2020Kévin Escoffier, PRB
« Même si j’ai l’expérience de la Volvo Ocean Race et du Trophée Jules Vernes, ça ne change pas la mer, ça ne change pas le chemin et il a fallu que je gagne de l’expérience en solitaire. J’ai essayé de faire le maximum :  je suis revenu du Brésil après la Transat Jacques Vabre en solo. Chacun avance avec ses qualités et ses petits manques. »

Alex Thomson, HUGO BOSS
« Si je devais parier sur la rapidité avec laquelle les bateaux feront le tour, je dirais 67 jours. C’est une flotte plutôt incroyable et je pense que la compétition sera rude. Pour moi, passer la ligne doit être l’objectif, même si le but ultime est de gagner. Parfois, je n’aime pas parler de ça, parce que ça fait un peu arrogant et ostentatoire, mais pour nous, pour l’équipe et les partenaires, gagner serait la plus belle chose qui pourrait nous arriver.  C’est mon but depuis si longtemps. Parfois, j’ai l’impression que cette course, c’est la seule chose que j’ai dans ma vie. Alors gagner, ce serait valider tout le travail acharné et tous les sacrifices de ces 20 dernières années ».

Didac Costa – One planet One ocean
“On est prêt pour le départ. Encore quelques détails à régler, mais on espère que ce sera bon. Il y a toujours la pression, parce que c’est un énorme challenge le Vendée Globe. Mais comparé à la dernière fois, je sais davantage à quoi m’attendre. Nous avons encore besoin de trouver un partenaire pour pouvoir finaliser des commandes de matériel, mais le bateau est mieux préparé que la fois dernière”.

 

 

 

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