30 septembre 2020 - 19h:32 • 4687 vues

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Brillante, spirituelle, connectée aux exigences d’aujourd’hui comme aux élégances d’hier, Miranda Merron, la skipper de Campagne de France, se dévoile. Un régal.  

MON PARCOURS

Date de naissance : 2 juillet 1969
Lieu de naissance : Oxford
Lieu de vie : Hamble

Etudes et parcours professionnel :
« J’ai étudié les Langues O et le japonais à l’Université de Cambridge. J’ai travaillé quatre ans pour l’agence publicitaire J Walter Thompson à Tokyo, Sydney et Paris ».
Mes débuts dans la voile :
« J’ai fait une traversée de l’Atlantique d’ouest en est en 1979 sur un Manitou IV de mes parents. La raison de cette transat, c’est que mon père avait retrouvé un job en Angleterre après quatre années au Canada. Nous avons quitté Oakville, mis le cap sur Erie Canal, passé l’Hudson via New York, paré Ambrose Light, puis le cap Lizard après 19 jours, 22 heures et 37 minutes de mer…
Mon désir de faire de la course au large ?
« Je devais avoir 11 ou 12 ans quand ma mère a partagé avec moi un enregistrement de Naomi James (la première femme à avoir traversé le globe en solitaire à la voile) ; j’ai également visité le Maxi-Yacht Kiola IV à Cowes, je devais avoir 10 ans, peu après notre traversée familiale. Tout ça s’imprime ! Je n’ai pas mis les pieds sur un bateau entre mes 16 et mes 19 ans, puis j’ai retrouvé les dériveurs en entrant à l’université.
Quand est-ce devenu un projet de vie ?
© Campagne de France« C’est venu quelques petites années après que j’ai quitté mon job dans la publicité et que j’ai commencé à naviguer sur de bons bateaux. A l’époque, il suffisait de se promener sur les pontons pour se faire embarquer sur de belles unités… Je suis devenue amie avec Lisa Charles (Lisa MacDonald, connue dans les monde de la Coupe de l’America et de la Volvo Ocean Race, ndlr). Pas sur un bateau, hein, sous la tente de l’apéritif. Elle m’a suggéré de candidater pour naviguer sur Royal & Alliance, j’ai été prise, et j’ai oublié toute velléité de revenir à la publicité pour gagner ma vie ».   
Un résultat ou l’expérience dont je suis particulièrement fière : « En équipe, ce qu’on a réalisé avec Royal&Alliance, jusqu’au démâtage. En solo, ma 6e place sur la Route du Rhum 2014, en Class40 : nous étions 43 partants ! »

DU TAC AU TAC

Votre qualité principale dans la vie ? « L’endurance »
Votre principal défaut dans la vie ? « J’en ai trop pour tout dire ! Mais je ne suis pas très douée avec l’électricité »
Si vous étiez un animal ? « Un paresseux. Actuellement, cette manière de vivre me séduit plus que d’habitude… »
Si vous étiez un végétal ? « J’ai une réelle fascination pour les mouches Venus, mais je ne suis pas certaine de vouloir en être une… »
Une musique ? « Je suis une femme des Sixties, Seventies et Eighties… Il y a trop de belles choses pour choisir »
Une couleur ? « Le British Racing Green » (La couleur des voitures de course britanniques jusqu’à la fin des années 60).
Votre rêve de bonheur ? « Très honnêtement, je suis très heureuse, déjà. J’ai un compagnon formidable, Halvard Mabire, un programme très alléchant, le Vendée Globe. Et même si j’aimerais vraiment être un paresseux, c’est simplement une réponse aux circonstances de l’instant. Mon bonheur est bien réel ».
Votre héros dans la vie ? « Sir Peter Blake, sans même avoir besoin de l’expliquer. Et puis Naomi James, dont les mots ont bercé mon enfance et dont je me souviens comme si c’était hier, tant ils m’ont inspirée ».
Un aphorisme ? « Si ma tante en avait, elle serait mon oncle. Je cite feu Johnny Pekelharing, ancien marin olympique argentin qui était l’entraîneur du Junior Club Nautico, à Porto Rico, où nous vivions quand j’étais adolescente. A chaque fois, je me dis ‘si seulement…’ »
Si vous n’étiez pas coureur au large, vous seriez…« J’aurais aimé être océanographe, mais cela aurait requis bien des années d’études… »

MON VENDEE GLOBE

Mes ambitions : « Réussir à battre le record du bateau, qui est de 90 jours avec le Suisse Dominique Wavre à la barre. Mais il a poussé le bateau bien fort et notre route sera plus longue en distance ».
Points faibles (hors casse) : « Je vous l’ai dit, je ne suis pas très douée avec l’électricité… »
Que serait un Vendée Globe réussi ? « Boucler la grande boucle »
Ce que j’aimerais partager :  « Je veux partager cette histoire, et je le ferai selon ce qui est attendu de moi. Mais pour être honnête, j’aimerais tout écrire, par-dessus tout. Je filmerai quand j’estimerai que cela vaudra le coup, pas simplement filmer pour filmer. »
En trois mots, le Vendée Globe, c’est… « Bloody long way » (qu’on traduira poliment par “Sacrée longue route’’)
Trois images du Vendée Globe : « Voir Bilou (Roland Jourdain) en terminer en 2000 ; L’exploit de Yves Parlier avec son gréement : les images de Hugo Boss et de Banque Populaire par la marine nationale française il y a quatre ans »
Ces skippers qui m’inspirent : « Ils sont nombreux, du passé comme du présent. J’admire tous ceux qui se sont lancés dans cette course, en particulier ceux qui ont fait le tour alors que la communication n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui. Comme le dit Halvard, on fait maintenant le tour du monde dans une cabine téléphonique, avec un cordon ombilical greffé en permanence ».
Je ne partirais pas autour du monde sans… « Du thé ! »

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