17 octobre 2020 - 16h:36 • 4029 vues

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Forte de sa longue expérience de la course au large en solitaire, sur Mini 6,50 et Figaro Bénéteau 2, "Isa" affiche en plus une grande détermination et une profonde connaissance d’elle-même. En parfaite osmose avec son IMOCA MACSF, la navigatrice peut faire des lumières autour du monde. Son objectif : finir… dans le top ten !

Née le 27 janvier 1977 à Munich (Allemagne)
Vit à Lorient


MON PARCOURS

Etudes et parcours professionnel : J’ai fait des études de littérature, dont deux années de prépa lettres et puis une maîtrise lettres. J’ai ensuite passé le Brevet d’Etat de skipper et des formations pour être skipper pro et monitrice de voile.

Vos premiers bords : où, quand, dans quelles circonstances : C’était sur un lac en Autriche où vivait ma grand-mère. J’étais toute petite. Je voyais mon petit voisin faire de l’Optimist. Je bavais ! Ma mère m’avait fait un bateau en carton, je me mettais dedans, j’ai beaucoup rêvé de faire du bateau. Et puis mon voisin m’a emmenée sur son Optimist. J’ai ensuite navigué en mode loisir, mais pas autant que j’aurais voulu. Je pense je n’ai pas assouvi mes envies de faire de la voile quand j’étais petite, et du coup par la suite ce fut une évidence. Pendant mes études, je suis partie aux Glénans, à Concarneau, faire des stages de voile. J’ai eu le coup de foudre et par la suite, je me suis proposée comme équipière sur un convoyage de La Rochelle jusqu’au Brésil. Là, j’ai eu le déclic. Pendant ce convoyage, je me suis projetée, je me suis dit je voulais vivre dans le nautisme, j’avais goûté à la liberté en haute mer, j’avais adoré.

Comment/pourquoi est né votre désir de faire de la course au large ?
Cela s’est fait sur des rencontres à Lorient. Isabelle Magois et Valérie Tisseraud préparaient la Mini Transat. Et là, on m’a dit : « Pourquoi tu ne ferais pas la Mini ? ». Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde, et je me suis lancée. J’ai mis tout ce que j’avais de côté, et je me suis acheté un bateau, ma mère a fait un emprunt, et elle m’a soutenue, même si elle ne comprenait pas forcément le milieu de la voile. Je me suis retrouvée avec les 50 000 euros nécessaires pour acheter un bateau, un proto qui avait appartenu à Samantha (Davies). Je n’y connaissais rien, j’ai choisi mon bateau sur des choix subjectifs. J’ai vécu pendant deux ans au pied de mon bateau, dans ma camionnette. Je travaillais trois mois aux Antilles, et après je dépensais tout pour mon bateau. Je me suis lancée, j’ai tellement accroché que ça a marché, et de fil en aiguilles j’ai trouvé des sponsors.

A partir de quand et pourquoi est-ce devenu un projet de vie ?
Après quatre années de Mini avec un bateau neuf, des sponsors enthousiastes, j’ai fait 8 années de Figaro et 7 fois La Solitaire. Il y a eu des hauts et des bas notamment en 2013 où j’ai perdu mes sponsors, j’ai un peu touché le fond. Je trouvais que c’était dur même si ma passion était toujours là. J’ai beaucoup travaillé sur moi. Mais je savais que je voulais continuer !

Grâce à Generali, je me suis retrouvée avec Alain (Gautier) sur le circuit Figaro pendant deux ans, on était en mode team. A cette période, j’étais focus sur mon Figaro, j’ai arrêté de me projeter sans arrêt, je mesurais ma chance, je voulais en profiter. Et puis, fin 2015, Generali me propose de partir sur un Vendée Globe. Je ne m’y attendais pas, mais je n’ai pas du tout hésité !

Un résultat ou une expérience dont vous êtes la plus fière ?
La première étape de la Mini Transat en 2007 que j’ai gagnée haut la main. Et en 2016, en Class40 sur la Transat anglaise. J’étais en tête quand j’ai cassé. Je suis fière de la manière dont j’ai navigué, de mes choix stratégiques et tactiques. Et aussi de la manière dont j’ai géré l’avarie et la déception. Je n’ai pas baissé les bras, j’ai continué à aller de l’avant. En résumé, je suis fière de la manière dont j’ai traversé les coups durs.

 

DU TAC AU TAC

Votre qualité principale dans la vie : Je dirais que je suis déterminée et engagée
Votre principal défaut : Je suis exigeante avec moi-même et les autres !
Si vous étiez un animal : Un oiseau
Votre rêve de bonheur : De la simplicité, une vie proche de la nature.
Un aphorisme : « Le temps fait payer longtemps ceux qui ne savent pas le prendre ». On court après le temps, il faut avoir une gestion intelligente du peu de temps qu’on a pour bien faire les choses.
Si vous n’étiez pas coureuse au large, vous seriez ?  : Je pense que j’aurais quand même fait quelque chose en lien avec les éléments, de la haute montagne par exemple, dans le côté sauvage et extrême.

MON VENDEE GLOBE 2020

Vos ambitions sur le Vendée Globe 
: Mon ambition absolue, c’est de terminer cette course, et d’être fière de la manière dont je vais endurer tout ce que je vais rencontrer, je sais que ce ne sera pas simple. Sportivement, je rêverais de finir dans le top dix.

Qu’est-ce qui vous empêcherait d’atteindre votre objectif (en dehors de la casse) :  De ne pas naviguer à mon rythme. De vouloir suivre les autres, suivre la cadence, et faire des erreurs. Je vais faire mes manœuvres comme je le souhaite pour ne pas faire d’erreurs.

Votre arme fatale : La connaissance de moi. Je connais mon rythme, je sais pourquoi je suis là, je suis capable de laisser filer un peu pour gagner derrière. Rebondir tout le temps.

Que serait un Vendée globe réussi pour vous : Si je termine et que je termine dans le top dix, tout me va !

En trois mots le Vendée Globe pour, c’est : Une opportunité d’aller chercher très loin au fond de moi des ressources profondes, une grande aventure très effrayante, une des dernières opportunités d’aller là où personne ne se trouve.

Le Vendée Globe en images :

  • J’ai de belles images des mers du Sud qui à la fois m’attirent et m’effraient.
  • La descente de l’Atlantique, j’ai envie d’en profiter, je l’envisage comme une navigation sympa.
  • Clairement, l’arrivée dans le chenal !

Quel skipper vous inspire : Ellen MacArthur pour la manière dont elle a fait carrière comme une étoile filante dans la voile, et quelque part, elle a bousculé les clichés. Elle avait moins d’expérience, mais elle a ébloui tout le monde. Ce que j’adore, c’est qu’elle n’a jamais perdu son humilité ni ses qualités humaines. C’est un beau personnage.

Vous ne partiriez pas sans : Un chauffage pour sécher mes vêtements, je suis hyper frileuse !

Les actions que vous portez : La mixité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines. Les femmes réussissent aussi bien que les hommes. Et après, le lien entre la santé et la performance sportive. Dans ma préparation, il y a le physique, le mental et comment je fais pour que mon corps soit au top. Eviter les blessures, récupérer, gérer la carence de sommeil : la santé est une question phare étroitement liée à la performance sportive et intellectuelle. L’idée est de donner le meilleur de soi-même que ce soit au travail, dans la vie de tous les jours, et dans le sport.

 

 

 

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