18 octobre 2020 - 14h:11 • 5994 vues

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Du projet Campagne de France à celui de Charal ou d’HUGO BOSS, il y a un monde ! Bien sûr, les moyens financiers et les ambitions de compétition diffèrent. Tout comme la taille des équipes qui travaillent pour faire en sorte que leur marin soit le mieux armé possible pour boucler un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Entre 2 et 15 personnes à plein temps, c’est le delta qui sépare les petites des grosses équipes…

Ce sont les femmes et les hommes de l’ombre. Ceux sans lesquels rien ne serait possible, spécialistes de l’hydraulique, ingénieurs, professionnels du composite, marins de grands talents, jeunes passionnés formés sur le tas. Les équipes qui entourent les solitaires pour la préparation des bateaux n’ont cependant pas du tout la même carte d’identité. Entre 10 et 15 personnes pour les plus gros budgets, et 2 pour les plus petits. C’est le cas de l’IMOCA Campagne de France pour lequel le couple Miranda Merron et Halvard Mabire sacrifie son temps, sa vie sociale et familiale. « C’est le rêve d’une vie, nous travaillons sans relâche depuis des mois pour le Vendée Globe. Il y a tellement de choses à penser et à faire ! Il est quand même temps de partir, Halvard est fatigué », confiait en souriant la Britannique, basée en Normandie, lors du Défi Azimut en septembre dernier. Pas de préparateurs donc du côté de Campagne de France, juste l'appui épisodique de deux professionnels qui interviennent en cas d’urgence uniquement, et de jeunes « voileux » de Barneville-Carteret, qui viennent pour aider gracieusement sur la dernière ligne droite avant le départ aux Sables d’Olonne. Un projet « à l’ancienne », sans démesure technologique. Un pari presque, mais qui transpire la philosophie du couple Merron-Mabire : la mer, les bateaux et l’aventure !

Des organigrammes… ou pas !

« Un Vendée Globe, c’est comme gérer une petite entreprise. Chez Initiatives-Cœur, nous sommes dix personnes, il y a des plannings à respecter, des compétences à faire valoir, des impératifs, de la logistique, de la compta, mille choses à préparer pour et autour du bateau » explique David Sineau, Team Manager du projet de Sam Davies. Selon la taille de l’équipe, l’organigramme est plus ou moins imposant et précis. Comprenez que plus on est nombreux plus les rôles doivent être parfaitement définis. Si chez Charal par exemple, Vincent Beyou est le grand chef d’orchestre du projet (maîtrise du budget, des besoins, des compétences des salariés et des relations avec les partenaires), qu’il y a également un directeur technique (bureau d’études) et un boat captain (responsable du bateau), pas de ça au sein de l’équipe de Jean Le Cam ! « Quand il faut poncer, tout le monde ponce. Nous n’avons pas le budget des grosses équipes, mais je ne m’en plains pas. J’aime bosser sur le bateau, c’est aussi mon plaisir. Nous sommes 6 en tout, et je passe douze heures par jour au chantier quotidiennement ». Du côté de Maître-CoQ (YB Sailing), Yannick Bestaven a fait le choix d’une équipe de 8 personnes aux compétences poussées en matière de navigation. Un directeur sportif, Jean-Marie Dauris, issu des jeux Olympiques et de la Coupe de l’America, un spécialiste de l’accastillage en la personne de Ronan Le Goff, qui a roulé sa bosse, entre autres courses, sur le Trophée Jules-Verne, des Figaristes comme préparateurs… Une équipe pro, presque une famille avec laquelle il échange chaque jour.

La confiance dans l’équipe : gage de Vendée Globe serein

Apivia fait partie de ces grandes équipes nécessaires à l’aboutissement d’un projet sur un foiler dernière génération. Charlie Dalin l’avoue : « J’ai mangé, vécu, dormi mon bateau avant même qu’il soit mis à l’eau, c’est comme une vie de couple depuis… » Elise Bakhoum, responsable du gréement le confirme : « Charlie est très présent, il sait exactement ce qu’il veut. Nous sommes 8 salariés sans compter Charlie ni l’équipe de communication. Notre boulot c’est d’anticiper ce qu’il peut se passer en navigation, s’imaginer en mer. » Elise fait partie de ces spécialistes formés sur le tas par la passion du métier, ultra investie au sein d’une équipe de professionnels hyper pointus. « Chacun son domaine, mais les dossiers s’entrecroisent. C’est passionnant » poursuit-elle.

Anne Le Cam, compagne de Jean, responsable logistique et communication de Yes We Cam!, pointe le doigt sur un facteur indispensable à la réussite d’un projet : « Un Vendée Globe, c’est de la haute technologie, de la préparation aux petits oignons, certes. Mais l’humain, le cœur des hommes et des femmes dans une équipe fait que le skipper part serein et en confiance. »

Alors oui, les 33 skippers partiront seul le 8 novembre prochain à 13h02… mais portés par leurs équipes plus que jamais !

 

La Rédac du Vendée Globe / Olivia Maincent

 

 

 

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