18 Octobre 2020 - 15h59 • 2948 vues

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Il aime Bach et Stefan Zweig. Il a défrayé la chronique en août 2019 en embarquant à bord de son IMOCA, Greta Thunberg, pour une traversée de l’Atlantique. Mais outre ses actions militantes en faveur des océans, le premier skipper allemand à s’élancer sur le Vendée Globe est aussi un compétiteur expérimenté au large, déterminé à entrer dans le top 10.

Né le 28 mai 1981 à Oldenburg (Allemagne)
Vit à Hamburg


MON PARCOURS

Etudes et carrière professionnelle hors voile : J’ai fait un Master en Economie. Je n’ai jamais travaillé en tant qu’économiste mais j’utilise ce que j’ai appris tout le temps dans la vie et pour mon projet.

Mes premiers bords : J’ai commencé en dériveur à 6 ans, juste pour le plaisir. Les choses sont devenues plus sérieuses pendant mes années universitaires avec du 505, du 49er. J’ai terminé deux fois dans le top 10 au mondial 505.

Quand et comment vous est venu votre désir de course au large et d’en faire un projet de vie ? : Quand j’avais 15 ou 16 ans, je lisais tous les livres de course au large, Pete Goss, Ellen MacArthur et j’adorais le Vendée Globe, les histoires de Mini Transat. Plus tard, même quand je faisais du dériveur, je savais déjà que j’avais ce virus dans le sang. Puis j’ai fait quelques navigations au large sur de vieux Swan. J’ai ensuite monté un projet Mini et terminé 10e de la Mini Transat en 2001. Le déclencheur a probablement été le Class40 avec l’Artemis Transat et la Québec St Malo.

Le résultat ou l’expérience dont vous êtes le plus fier ? Ma victoire dans le tour du monde avec escale en Class40 (Portimao Global Ocean Race). Il y avait tellement de gens cool sur cette course et tant de gens aussi qui disaient que ce n’était pas prudent de faire un tour du monde sur ces bateaux. J’ai de superbes souvenirs du cap Horn et du passage dans le détroit de Lemaire.

 

DU TAC AU TAC

Votre qualité principale dans la vie : J’aime l’idée d’être multicarte, d’avoir des compétences partout et de mener des projets. Je suis heureux aujourd’hui de me dire que je suis bon dans la plupart des compartiments du jeu.
Votre principal défaut : Je suis trop sérieux et peut-être un peu paranoïaque
Si vous étiez un animal ? Un chien
Si vous étiez un végétal : Je ne crois pas avoir envie d’être un végétal
Votre rêve de bonheur : une plage, des alizés, des jouets autour de moi comme un kitefoil. J’aime faire du kitefoil. Il y a deux ans on s’est retrouvé avec Alex Thomson à Kiel pour en faire ensemble. Ou bien lire un livre, écouter Bach en sirotant un verre de whisky Talisker.
Si vous étiez un livre ? Les Très Riches Heures de l’Humanité de Stefan Zweig
Si vous étiez une musique ? Bach. J’aime écouter de la musique à bord, parfois, pour masquer les bruits du bateau.
Votre couleur ? Le rouge Pantone PMS 186C, celui du drapeau de Monaco
Votre héros dans la vie ? Greta Thunberg. Elle est très cool et elle a le courage de ne pas suivre les courants dominants. Elle a son propre « agenda », elle fait ses trucs à elle et elle ne dépend pas de personnes qui l’aiment. Elle ne suit pas le troupeau. Et aussi Pierre Casiraghi, Francis Joyon et Giovanni Soldini. Ces trois-là ont des personnalités originales, assez fortes pour suivre chacun leur propre voie.
Un aphorisme ? Ne jamais renoncer, ne jamais abandonner
Si vous n’étiez pas coureur au large, vous seriez … Un écrivain auteur de livres pour faire rêver les gens.

MON VENDEE GLOBE 2020

Vos ambitions pour le Vendée Globe 2020 : Faire une très belle course. Finir dans le top 10, peut-être mieux. Bien communiquer, inspirer les écoliers et mes compatriotes allemands, faire rêver les gens et les pousser à suivre leurs propres rêves.
Qu’est-ce qui pourrait vous empêche d’atteindre cet objectif (à part la casse) ? Rien
Votre arme fatale : Ma détermination totale
Que serait un Vendée Globe réussi pour vous ? Je voudrais être capable de le partager avec les autres, de leur faire ressentir l’adrénaline, les hauts et les bas. Je veux être totalement transparent dans ce partage. Et il ne s’agit pas que de compétition, mais aussi de sens marin.
En trois mots, le Vendée Globe pour vous, c’est : l’homme, la machine, la nature
En trois images, le Vendée Globe pour vous, c’est :

  • Au départ de la course en 2016. Je me rappelle avoir vu mon futur bateau (Gitana) quitter les pontons pour prendre le départ
  • Les vidéos qu’Ellen et Alex envoyaient pendant la course. Je me suis dit que j’avais envie de marcher un jour sur leurs traces
  • Les images de Pete Goss et Dinelli

Quel skipper vous inspire : Alex Thomson, c’est vraiment  le gars le plus cool !
Sur ce tour du monde, vous ne partiriez pas sans… Comme Robin Knox Johnston, je ne partirais pas sans ma bouteille de whisky.
Quelques mots à propos de votre mission environnementale : Nous voulons aider les scientifiques à mieux comprendre le changement climatique. Nous avons à bord un laboratoire de mesures pour contrôler les taux de CO2, la salinité, le PH et la température à la surface de l’océan. En partenariat avec le COI-UNESCO, Max Planck, Geomar et Ifremer, et grâce à la société SOCAT, on rend disponible ces données gratuitement au monde entier. Ces données sont difficiles à récolter, elles ne peuvent l’être que par bateau. Seaexplorer- Yacht Club de Monaco sera parfait dans ces circonstances, notamment pour aller chercher des données dans des endroits de la planète difficilement accessibles et peu fréquentés comme le Grand Sud. Toujours en partenariat avec l’UNESCO, nous déploierons aussi un flotteur Argo pour prendre des mesures à différentes surfaces de la mer.

 

 

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