21 Octobre 2020 - 12h25 • 4483 vues

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Ce mercredi matin à 9h30, deux colis un peu spéciaux ont été livrés sur les pontons du Vendée Globe devant les bateaux de Clément Giraud et d’Alexia Barrier.  Parallèlement, les sorties en mer se poursuivent pour les concurrents qui ont encore des essais à réaliser à 18 jours du départ.

Yves Parlier, concurrent héroïque du Vendée Globe 2000-2001,  rencontrait ce matin le skipper de la Compagnie du Lit /Jiliti pour lui remettre le système baptisé Liberty Kite, une aile de kite développée pour tracter le bateau en cas de démâtage. Huit marins seront équipés de ce complément de sécurité : Clément Giraud, Clarisse Cremer, Miranda Merron, Damien Seguin, Thomas Ruyant, Giancarlo Pedote, Ari Huusela et bien sûr, le fan de kite Alex Thomson.

© Olivier Blanchet / Alea / VG2020

 


Yves Parlier – dont le fils Nicolas, double champion du monde de kitefoil, prépare les J.O de 2024 – sait de quoi il parle. Lui qui avait cassé son mât dans l’océan Indien et avait réalisé l’exploit de reconstruire seul un gréement de fortune sur une petite île de Nouvelle-Zélande avant de rallier la ligne d’arrivée, en 13e position, au bout de presque 127 jours de course, est conscient de l’importance de disposer d’un système de secours.

 

 


Yves Parlier : « L’aile fait 20 m2. C’est un peu comme la peau d’un quartier d’orange avec deux points d’écoute. À la place de converger comme en kite surf, on laisse les lignes parallèles, on les fixe sur le bateau, sur un axe perpendiculaire au vent. L’effet de parallélogramme fait que l’aile va osciller sur sa position d’équilibre avec un profil qui se cale tout seul.  On a fait des essais ici avec la Mie Câline. Avec deux ailes et 10/12 nœuds de vent, on marchait à 4 nœuds à 120 degrés du vent. On a même réussi à remonter à 50 degrés du vent sur mer plate. Mais sur le Vendée Globe, ce ne sera pas la même chose ».

Clément Giraud : « L’aile sera plombée (scellée). Car elle ne devra pas servir de neuvième voile. Elle ne doit servir que pour la sécurité. Ce concept, j’y crois vraiment. J’ai pas mal discuté avec Stéphane Le Diraison (qui avait démâté dans le dernier Vendée Globe). Etre à 15 jours de navigation des côtes sans mât, c’est compliqué. Avoir du matériel te permettant de rentrer plus vite, c’est quand même mieux ».

© Yvan Zedda / Alea / VG 2020


Alexia pour la science

Il suffisait de parcourir quelques mètres sur le ponton pour retrouver Alexia Barrier, qui, pratiquement en même temps, recevait un flotteur Argo (pour mesurer la salinité, la température à différents niveaux de l’océan) et une bouée météo France (relevés de vents). La navigatrice méditerranéenne embarquera ce matériel à bord. Ces bouées seront larguées à différents niveaux du parcours par plusieurs concurrents du Vendée Globe. Nous reviendrons plus en détails sur ces dispositifs qui s’inscrivent dans le cadre d’un partenariat entre le Vendée Globe, la Classe IMOCA et l’UNESCO, dans un article ultérieur.

 

Sur l’eau, les réglages de dernière minute.
Trois bateaux ont prévu des navigations ce mercredi pour réaliser des essais techniques en mer (électronique, pilote) : V&B-Mayenne, Bureau Vallée 2 et l’Occitane en Provence.