24 Octobre 2020 - 17h00 • 3794 vues

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Après son abandon en 2016, Kojiro Shiraishi veut réussir à terminer le Vendée Globe. Le skipper japonais prend cette fois la barre d’un foiler de dernière génération, performant et puissant qu’il nous avoue avoir parfois du mal à dompter…

Comment te sens-tu à quelques jours du départ ?
" Nous sommes prêts, je suis content. C’est un bateau neuf, nous aurions eu besoin de plus de temps pour nous préparer mais c’est comme ça ! Physiquement parlant, ce sera une course difficile, le bateau est très puissant et très rapide. Je vais y aller avec précaution et essayer de ne pas casser.

Tu vas donc faire ta route sans te préoccuper des concurrents ?
Non. C'est une course, j’essaye toujours de faire de mon mieux. La Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne a été pour moi une belle et grande répétition pour le Vendée Globe. En fait, la plus grosse pression ne vient pas des autres bateaux mais de mes routages quand ils m’indiquent que je suis en dessous du potentiel du bateau !

Tu as tendance à être sujet au mal de mer, est-ce pire qu’avant ?
C’est un bateau tellement plus physique, il est tellement dur ! Alors oui, le mal de mer c’est pire, notamment parce qu’on passe beaucoup plus de temps devant l'ordinateur. Moi je préfère être à l’extérieur. Mais il y a tellement d’écrans écrans tactiles, c’est « Space X » ! La casquette nous protège bien, mais on a beaucoup réduit la visibilité, on sent moins les éléments. J’aime vraiment aller dehors, sentir le vent, les embruns et faire des contrôles réguliers sur le pont. Je me demande comment fait Alex (dont le bateau est totalement fermé, ndlr) !

© Thomas Deregnieaux/DMG MORI

Quelle est ta plus longue navigation en solitaire sur ton bateau ? Es-tu en confiance ?
Onze jours, pendant la Vendée-Arctique-Les Sables d’Olonne. Nous avons renforcé le bateau en ajoutant quelques kilos de carbone sur la coque pour le rendre plus solide. La plupart des problèmes que j'ai eus pendant la Vendée-Arctique étaient dus à l'électronique. Maintenant, heureusement, ça fonctionne bien.

Ton partenaire principal est-il satisfait du projet ?
Le Dr Mori, PDG du groupe MORI est très content des retours, oui. Il veut juste que nous terminions ce Vendée Globe pour continuer vers quelque chose de nouveau après ça. Dr Mori espère que nous aurons un programme à long terme. Ce n'est pas du « one shot ». Il nous a déjà sollicités pour le Vendée Globe dans quatre ans. Nous avons construit le bateau et l'équipe en partant de zéro. Cela a demandé tant d’efforts qu'il ne veut pas se contenter d'une seule édition. Il ne veut pas voir cette structure s’arrêter. La société DMG MORI a subi quelques revers à cause de la crise sanitaire, elle sponsorise aussi des événements dans le sport automobile où les compétitions ont été annulées. Alors ils sont très heureux que le Vendée Globe ait lieu. De nombreux clients de DMG MORI ont visité le bateau et nous leur avons expliqué le projet. Il y en a d'autres qui viennent du Japon et d'Allemagne pour le départ. Toutes les relations publiques faites avant le Covid s’étaient très bien passées. DMG MORI est une entreprise internationale. L'année prochaine, nous amènerons le bateau au Japon. Nous allons faire une tournée de relations publiques pour les clients. La stratégie de DMG MORI est essentiellement axée sur du BtoB. C’est donc forcément un peu moins visible ".

 

 

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