25 Octobre 2020 - 10h21 • 4362 vues

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En très peu de temps, Clarisse Crémer a été propulsée du Mini à l’IMOCA. Mais rien ne semble effrayer cette tête bien faite qui apprend vite. Sa principale force ? Son envie de profiter jour après jour de son premier tour du monde en solitaire.

Comment vis-tu cette atmosphère particulière sur le Village Départ du Vendée Globe ?
Je ne suis pas du tout habituée à toutes ces sollicitations, c’est assez nouveau. Ça me fait mesurer l’impact de la course auprès du grand public. Avec les circonstances actuelles, on est quand même assez « protégé ». C’est agréable, on ne se sent pas submergé par le monde et la foule. C’est plutôt joyeux, je trouve ça chouette.

Mais c’est vrai qu’il y a un moment où on a envie de partir. J’ai la chance d’être hyper bien entourée par l’équipe, le bateau est prêt. Je pense déjà au départ, même si sans connaître la situation météo on ne peut pas encore vraiment s’organiser. Je suis déjà assez concentrée sur tout ce qui va se passer dans les semaines à venir.

Tu as montré de belles choses sur les précédentes courses, quelle analyse fais-tu de tes forces et de tes faiblesses ?
J’ai appris plein de choses en un an et demi avec le team et grâce à la présence d’Armel (Le Cléac'h) au début du projet. J’ai plein d’atouts techniques, de ce point de vue-là c’est vraiment génial. J’ai aussi bien progressé sur l’analyse météo, la stratégie… Le confinement a eu ce côté positif de permettre de passer en revue pas mal de choses d’un point de vue théorique sur le parcours. Je manque encore un peu d’expérience forcément, j’aurais aimé naviguer 10 000 fois plus. J’aurais aimé avoir l’occasion de faire plus de bêtises, de casser plus de choses. Il y a quand même une grosse part d’inconnu sur le Vendée Globe. Je dirais que ma faiblesse, c’est mon manque d’expérience dans les mers du Sud, dans la gestion pure et dure d’un bateau comme ça « en bon marin ». Je vais découvrir encore sur le tas !

© Yvan Zedda / Alea / VG 2020

Et puis j’ai de l’envie ! J’essaye de travailler mon mental, de profiter de l’instant présent aussi. Je pense que l’enthousiasme est aussi une force sur une épreuve de longue haleine comme ça. L’un de mes objectifs, au-delà même de terminer la course, c’est de profiter de cette chance de vivre cette aventure. Je sais que je vais forcément vivre des moments très difficiles, mais j’ai envie de profiter au maximum, d’être bien en mer, et que ce ne soit pas seulement un bon moment a posteriori.

Sur le plan mental, justement, t’es-tu préparée ?
J’ai eu deux préparateurs mentaux sur deux volets différents. Je trouve quand même que rien ne remplace le fait d’avoir vécu les choses en mer. Je pars en sachant qu’il va y avoir des moments où je vais avoir envie d’être partout, sauf sur mon bateau. Je l’accepte et je sais que ça fait partie du cheminement. Je sais que je vais beaucoup progresser mentalement pendant ce Vendée Globe.

Qu’emportes-tu dans ton sac de vêtements ?
J’ai consulté la liste de vêtements d’Armel sur le dernier Vendée Globe et j’ai pris la même chose, à quelques détails près. J’ai deux gros sacs de 80 litres. J’ai tout divisé par tronçons de parcours, et j'ai gardé une culotte propre pour la fin. En tout, j’ai 28 kilos de fringues !

Quel est ton programme dans les jours à venir ?
Je rentre chez moi vendredi après-midi (il y a 48 heures, ndlr) pour me confiner. Il y a malgré tout un côté positif à être confiné : on sera moins fatigués par le côté festif, on pourra davantage se concentrer. Je reviendrai le mercredi avant le départ. Je veux quand même être sur place, pas trop loin de mon bateau, de l’équipe. J’aime passer du temps sur mon bateau, même sans y faire quoi que ce soit de spécial. Ça permet de se mettre dans l’ambiance.

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