29 Octobre 2020 - 17h00 • 3512 vues

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Le skipper d’Apivia s’engage pour la première fois sur le Vendée Globe à bord d’un bateau de toute dernière génération, parfaitement préparé par son équipe et lui-même. Exigeant, bosseur, solitaire dans l’âme, compétiteur, passionné de mer et de bateaux, Charlie à toutes les cartes en mains pour briller sur ce 9e Vendée Globe.

Tu t’apprêtes à prendre le départ de Vendée Globe pour la première fois, comment te sens-tu ?

" Bien ! Ça va être la course la plus longue à laquelle j’aie jamais participé. C’est une course que l’on prépare depuis longtemps avec l’équipe. Ce qui est aussi un peu particulier, c’est le temps de mise à disposition qui est aussi plus long. Sur une course classique, le départ serait demain, après seulement 10 jours dans le port de départ. Il reste du temps mais à la fois ça arrive vite. J’ai du temps pour relire une énième fois mes fiches météo, mes polaires de routage, mes tableaux de choix de voiles sont bons, tout ce que j’emmène en termes de roadbook météo, que tout à bord soit calé, bien rangé. Ça laisse le temps de bien tout préparer.
 

Tu as besoin de te projeter sur le parcours ?

C’est sûr que la routine de la descente de l’Atlantique je la connais. Les enchaînements des dépressions dans les mers du Sud je ne les connais pas. Encore hier soir, j’ai fait des routages dans les mers du Sud pour me familiariser avec les schémas météo.
 

Est-ce que tu as pris des conseils auprès de skippers expérimentés dans ces zones-là ?

Oui, j’ai beaucoup échangé avec Pascal Bidégorry. Même s’il n’a pas fait le Vendée Globe, il a fait plusieurs fois le tour du monde, sur la Volvo Ocean Race et en maxi trimaran. J’ai aussi beaucoup échangé avec François Gabart, Michel Desjoyeaux, Yann Eliès aussi, tous ces marins qui connaissent les mers du Sud.
 

Qu’est-ce qu’ils t’ont donné comme conseil ?

Plein de choses… Notamment sur le rythme, sur la façon de gérer sa course dans le Sud, le sommeil… Je suis vraiment content d’avoir pu échanger avec eux, ça m’aide à me sentir plus prêt aujourd’hui.
 

Est-ce que cela t’a permis de démystifier un peu les choses ?

Oui, de démystifier un peu les choses, de mieux pouvoir se projeter aussi. Ça permet d’engranger une expérience un peu par procuration en attendant que je créé la mienne.
 

Ton projet est solide, tu es un skipper solide. Quelle étiquette préfères-tu, favori ou outsider ?

Le projet Apivia est un projet ambitieux. Le bateau a été pensé et construit spécifiquement pour le Vendée Globe, avec un programme sur quatre ans. Mon équipe a beaucoup de compétences, elle est extrêmement impliquée dans la mise au point du bateau. L’objectif du projet était vraiment de se positionner comme potentiel vainqueur de ce Vendée Globe. Après, il se passera ce qu’il se passera sur la course. Mais j’y vais avec cet objectif sportif en tout cas.
 

Est-ce qu’il te reste des choix techniques à faire avant de partir ?

Non, tout est calé, on a fait notre dernière navigation hier. Tous les voyants sont au vert. On a pu refaire un tour de tous les systèmes du bord, tout fonctionne. C’était bien de ressortir en mer, de dérouler quelques voiles, de se rappeler un peu tout ça avant la période de confinement qui va bientôt démarrer.
 

Comment vis-tu cette période, le confinement obligatoire qui approche, est-ce perturbant ?

Oui c’est sûr que c’est un peu particulier, mais une fois que le départ sera donné, ça ne changera absolument rien par rapport aux autres courses. La période avant le départ est affectée, il y a moins d’opérations avec les partenaires, moins d’échanges avec le public. J’ai aussi dû faire mes « au revoir » à ma famille le week-end dernier parce que je ne vais pas pouvoir les voir la semaine du départ. Je ne vais pas pouvoir dîner avec eux comme je fais généralement 24h ou 48h avant le départ. Forcément, les choses sont un peu différentes.
 

Concernant les vêtements, peux-tu nous dire ce que tu as mis dans ton sac ?

Ça été une grande question parce qu’encore une fois je n’ai jamais fait de course aussi longue. Je n’ai jamais passé autant de temps dans des climats aussi froid en course. Donc je me suis un peu renseigné. J’emmène plusieurs cirés, quelques polaires, pas mal de sous-couches, des bonnets, une cagoule. J’emmène aussi des vêtements un peu plus légers pour la descente et la remontée de l’Atlantique. Au final ça fait quand même pas mal d’affaires, même si je fais attention au poids. Après, j’ai la chance d’avoir un bateau très protégé, je n’ai pas besoin de mettre mon ciré pour aller régler une voile. Même pour certaines manœuvres comme un virement ou un empannage, je n’ai pas besoin de sortir du cockpit. Ça permet d’être plus réactif et de moins souvent mouiller mes cirés.


As-tu des protections ?

Sur la Vendée-Arctique-Les Sables d'Olonne j’avais pris un seul casque, un casque de rugby que je mets pour faire ce que l’on appelle le matossage, quand je déplace mes sacs de voiles d’un côté ou de l’autre ou de l’avant vers l’arrière. Là, j’ai aussi pris un casque en dur, j’essayerai de le porter le plus possible quand le bateau commencera à aller vite.

© Vincent Curutchet / Apivia

Est-ce que la solitude te fait peur ?

Je suis plutôt quelqu’un de solitaire, j’aime bien faire des activités physiques en solo comme faire du vélo, courir, nager en mer… En mer, je ne crois pas que je craigne la solitude. Je ne vais pas amener de podcasts par exemple pour avoir une présence. Je n’ai pas l’impression de manquer d’interaction sociale. Je pense que c’est un de mes points forts pour ce Vendée Globe.

 

 

Tu amènes des bouquins, de la musique ?

Des bouquins non, de la musique oui toujours, je suis un gros consommateur de musique. Au final, c’est assez rare les moments où j’arrive à en écouter mais j’en ai toujours avec moi.

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