31 Octobre 2020 - 12h18 • 3008 vues

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Fort d’un cursus Technique, Manu a embarqué tout le nécessaire pour réparer en mer même si son Groupe SÉTIN a été parfaitement préparé. Le skipper vendéen n’a qu’un seul objectif : boucler la boucle coûte que coûte. Il se projette déjà, se prépare mentalement et physiquement à prendre le départ pour un voyage initiatique en compétition.

Comment se passe la période de pré-départ pour toi ?

" C’est assez bizarre... On ne l’avait pas rêvée ou imaginée comme ça. J’avoue que, pour mon premier Vendée j’aurais aimé comme tout le monde, avoir plus de public, plus d’ambiance. Même si le public, finalement, il y en a eu.

Comment vas-tu occuper ton confinement ?

Je vais me poser un peu, faire du sport, étudier la météo et essayer de me mettre dans ma course.  C’est très curieux, mais si on veut voir les choses du côté positif, on sera peut-être un peu moins tendu, un peu moins fatigué, un peu moins stressé qu’avant un Vendée Globe « normal ». Je vais essayer de rester bien concentré, notamment sur la météo, un point important. Et il faut rester en forme, se reposer, et profiter de ce contexte un peu spécial pour partir plus se reposer.

Dors-tu bien ?

Je ne suis habituellement pas un gros dormeur. Je dors bien, mais pas longtemps. C'est sûr que ça ne va pas aller en s’arrangeant ! Je vais profiter du confinement pour essayer de faire des petites siestes l’après-midi aussi.

As-tu fait de la préparation mentale ?

Oui, cela fait partie de la préparation. Je n’en ai pas fait énormément, mais j’ai travaillé avec un préparateur mental notamment pendant le premier confinement. J’espère que ça va payer. J’essaie de le travailler tout seul, désormais. Ça semble marcher : j'ai l’impression d'être plus zen que d’habitude. Peut-être aussi parce que l’équipe a fait un super boulot et que le bateau n’a jamais été aussi prêt. Je me suis aussi vraiment préparé physiquement. Tout ce travail fait que je suis finalement assez serein. Cela me surprend, je me demande même si c’est normal ! J’étais beaucoup plus anxieux à l'entame de ma Route du Rhum (en 2018). Pourvu que ça dure jusqu’au départ !

Est-ce que tu te projettes déjà dans la course ?

Oui, ça fait partie de la préparation mentale, de se voir dans sa course, de se projeter dans plusieurs scénarios de départ. J’essaie d’évacuer toutes les pensées négatives. Je pense mettre une centaine de jours, c’est long, il peut se passer plein de choses. J’essaie de l’imaginer, de le positiver.

Est-ce que tu redoutes la solitude ?

À terre, j’aime être entouré de mes proches, de mes amis, j’aime faire la fête, je suis plutôt quelqu’un de gai et de proche des gens. J’aime aussi être seul sur mon bateau, mais c’est particulier quand même. Trois mois, je n’ai vécu ça. Le maximum que j’ai fait, c’est entre 20 et 30 jours tout seul. Je pense que certains moments vont être longs, mais je m’y suis préparé psychologiquement. J’ai pris pas mal de podcasts, de musique… Depuis longtemps, avec mes parents, j’écoute Les grosses têtes, je trouve que ça permet de s’évader, d’évacuer les mauvaises pensées justement, ça amène le sourire. Je l’ai fait sur la Route du Rhum, et je me suis surpris à sourire ou à rire même tout seul. Ce n’est pas toujours drôle, mais ça fait du bien, on pense à autre chose, ça permet de s’évader.

As-tu pris des bouquins, des films ?

J’ai fait confiance à un groupe d’amis qui me connaissent très bien, ils m’ont préparé des choses, musique, bouquins, films… J’aime bien les surprises, alors je les laisse choisir pour moi !

Qu’est-ce qu’il manque à bord ?

Avec l’équipe, on voulait que le bateau soit prêt juste avant l’ouverture du village parce qu’on se doutait que ça allait être compliqué de travailler à bord  ensuite. On a réussi, on est super content ; et même s’il reste encore des petites choses à gérer, le bateau est prêt à partir. Il reste mon sac de frais et les fringues de dernière minute à mettre dedans, mais on pourrait partir demain ! Ça aide aussi au fait que je sois assez zen.

Niveau nourriture, comment t’organises-tu ?

Il y a un an ou deux, je t’aurais dit que j’allais prendre que du lyophilisé parce qu’il faut être léger… Et en fait là, c’est moitié-moitié, lyophilisé et plats sous vide : ça fait du bien de se faire du bien en mangeant ! Il y a quelques mois, on a fait la connaissance du maître chocolatier Gelencser ici aux Sables. Son équipe m'a fait des tas de petites tablettes de chocolat avec des noisettes, des fruits confits… Elle m’a même préparé des petites recettes que je pourrai préparer dans ma cocotte-minute, mais je n’en dis pas plus pour l'instant ! J’aurai quelques autres petites surprises à ouvrir. Je suis assez sucré, plutôt gourmand !

Et niveau matériel de "spare", qu’est-ce que tu embarques ?

C’est un gros dossier. Dans ma vie d’avant, j’ai un cursus technique. Je participe beaucoup à la fiabilisation du bateau avec l’équipe technique, j’aime bien mettre les mains « dans le cambouis ». Ça me sert beaucoup parce que je connais bien mon bateau, et ça vient en complément des 40à 50 000 milles que j'ai courus sur le bateau depuis 2017. On a pris pas mal de spare parce que la philosophie du projet Groupe Sétin, c’est vraiment de boucler la boucle avant d’aller chercher un score. Pour nous, l'important, c’est l’arrivée. Maintenant, j’aimerais bien faire mieux que 103 jours, temps établi par Arnaud Boissières sur ce bateau sur le dernier Vendée. Je voudrais descendre sous les 100 jours. "

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