07 Novembre 2020 - 16h38 • 6515 vues

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Dernière nuit au calme dans la tiédeur d’un lit douillet, dernier dîner élaboré, dernière check list, dernière douche longue et chaude, dernier café en famille demain matin. Dimanche 8 novembre, à 13h02, les 33 hommes et femmes de ce 9e Vendée Globe ont rendez-vous avec leur destin.

 

Demain dimanche, à 8h15, Armel Tripon sera le premier à larguer les amarres du ponton de Port Olona. Toutes les 4 minutes, jusqu’au Finlandais Ari Hussela, les 33 marins vont se détacher de la terre. Ce départ aura un goût particulier. Il se fera à pas feutrés et en petit comité : uniquement le cercle rapproché sur le ponton et sans aucun public le long du chenal. Mais à 13h02, lorsque retentira le signal de départ donné par Yves Auvinet, Président de la SAEM Vendée, les marins entreront pour de bon dans ce pourquoi ils ont si longtemps travaillé : un voyage en solitude qui durera entre 65 et 120 jours.

Partir d’abord, finir ensuite, gagner peut-être

Les 33 hommes et femmes de cet opus - qui restera dans les mémoires comme l’édition « Evadés du confinement » -  covid-19 oblige - savent que le Vendée Globe est une course par élimination. Revenir aux Sables d’Olonne après 24 296 milles de navigation autour de l’Antarctique en passant par les trois caps est une immense gageure : depuis l’édition pionnière de 1989, seuls 53%  des 167 partants ont accompli cet exploit.

Le premier défi est d’être présent au départ. Le second est de finir. Ce qui n’est pas incompatible avec de fortes ambitions sportives. Jérémie Beyou (Charal), Alex Thomson (HUGO BOSS), Charlie Dalin (Apivia) et Thomas Ruyant (LinkedOut) partent avec une étiquette assumée de favoris. Nicolas Troussel (CORUM L’Epargne), Sébastien Simon (ARKEA PAPREC) et Armel Tripon (L’Occitane en Provence) ont entre les mains un bateau dessiné pour scorer. Sam Davies (Initiatives-Cœur), Kevin Escoffier (PRB), Yannick Bestaven (Maître-CoQ IV) , Isabelle Joschke (MACSF) ou encore Boris Herrmann (Seaexplorer – Yacht Club de Monaco) ont les armes pour jouer les trouble-fêtes et partout, il y aura une multitude de courses dans la course, une multitude de façons d’exister. La valeur des hommes, la fiabilité des bateaux et la chance seront les trois piliers de la performance. Et il faut s’attendre à ce que rien ne se passe totalement comme prévu.

En cette veille de départ, et face à cet Everest d’incertitudes – notamment pour les 18 concurrents qui s’engagent pour la première fois dans la course -, il y a donc de quoi être stressé. Depuis quelques jours déjà, les nuits sont moins paisibles, les rêves plus agités et les cerveaux préoccupés par les conditions de navigation à venir. D’autant que la météo des premiers jours s’annonce complexe.

Bonnes conditions pour le départ, un premier front dès la première nuit

Le départ devrait être aussi rapide que spectaculaire, avec une quinzaine de nœuds de vent de sud-est qui propulsera rapidement les 33 IMOCA vers une bouée de dégagement située à 7 milles de la ligne. Sous le soleil, cap à l’ouest, ce bord de largue devrait être avalé en une petite trentaine de minutes. La stratégie des premières heures consistera à aller chercher un front au large des côtes françaises, dans un vent refusant et forcissant jusqu’à 25/30 nœuds avant la bascule du flux au nord-ouest, dans la deuxième partie de nuit de dimanche à lundi. Des changements d’allure, de régime et de voiles seront donc au menu de la première nuit de ce 9e Vendée Globe ! Les marins n’auront pas beaucoup le temps de se reposer.

La suite s’annonce très complexe. Une dorsale succèdera à ce premier front avant l’arrivée d’un second front (à la latitude du cap Finisterre) plus costaud que le premier : de la mer croisée (4 mètres de creux) et du vent fort, jusqu’à 40 nœuds au passage du front.

Procédure de départ : tout ce qu’il faut savoir

Longue de 1,3 mille (soit 2,3 km), la ligne de départ, matérialisée par le patrouilleur des douanes Iris (46 m de long) et une bouée cylindrique de 3,50 m de haut, sera franchie à 13h02 par les 33 concurrents. La procédure de départ démarre 8 mn avant le coup de canon avec le signal d’avertissement. A H-4 mn, au signal préparatoire, le skipper doit être seul à bord, suit la minute et le top départ. Si un IMOCA coupe la ligne trop tôt, c’est-à-dire avant 13h02, il encourt une pénalité de 5 heures qu’il devra effectuer en course dans sa descente de l’Atlantique nord. Un concurrent qui ne franchit pas la ligne 60 mn après le signal sera considéré comme « non partant ». Il devra attendre l’heure indiquée par le comité de course pour repartir. Seule ‘dérogation’ à la notion de « sans escale », l’autorisation qui est donnée aux concurrents de revenir aux Sables d’Olonne en cas d’avarie ou de problème physique. Un skipper peut donc revenir au port de départ et pourra repartir dans un délai fixé à 10 jours, soit le 18 novembre 2020 à 13h02.  A cette date et à cette heure, la ligne sera définitivement fermée.

 

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