17 Novembre 2020 - 13h40 • 31380 vues

Partager

Article

Avec plus de 500 milles avalés en 24 heures, Thomas Ruyant a été le plus rapide de la flotte hier. Après être revenu à la deuxième place du classement cette nuit, le skipper de LinkedOut continue sa descente vers le Sud à plus de 20 nœuds et s’apprête à entrer dans le Pot au Noir. 

" Je suis toujours assez rapide, ça commence à bourgeonner un peu à l’approche du Pot au Noir, on y est quasiment : il y a déjà quelques petits grains qu’on peut bien voir sur les images satellites. Je regarde assez régulièrement pour essayer de trouver un petit passage. Ça n’a pas l’air trop actif mais on ne sait jamais à quelle sauce on va être mangé, c'est un peu la surprise à chaque fois. 

Là je commence à avoir vraiment chaud, ce ne sont pas les conditions que j’aime le plus. Dans le bateau, c’est vite la fournaise avec en plus les charges moteur. Mais on est sur un bon angle pour aller vite avec nos bateaux donc ça reste super pour naviguer. J’ai 18/20 nœuds, je suis à 110/120 degrés du vent. Ce sont des conditions rapides et agréables même si parfois, c’est un peu sauvage car ça accélère fort.

Il y a eu des nappes de sargasses au Cap-Vert : il n’y avait jamais eu ça avant ! Je suis passé dedans à plusieurs reprises, c’est vraiment inquiétant. Heureusement, il y a toujours des poissons volants, j’en ai chaque jour quelques-uns dans les filets qui empêchent les écoutes de partir dans l’eau. Ce matin, j’en ai deux : la pêche est bonne ! 

Je suis content de retrouver la deuxième place du classement. Jean (Le Cam) a été énorme sur ce début de course, évidemment je le double car ce ne sont pas les mêmes générations de bateaux et le mien cartonne à ces allures-là, mais il a fait une course incroyable. Après, malin comme il est, il sera peut-être à nouveau devant à la sortie du Pot au Noir. Il fait environ 300/350 milles de large, donc on peut espérer en sortir demain soir si les choses se goupillent bien mais ça peut mettre beaucoup plus de temps, on l’a notamment vu sur la dernière Transat Jacques Vabre, c’est très compliqué d’avoir des prévisions fiables. 

Pour la suite de la course, j’ai commencé à regarder et la situation est classique. On va être un moment dans les alizés du Sud-Est : il y a peut-être des chemins intéressants qui permettraient de descendre dans le Sud en faisant un peu moins de route que d’habitude. C’est encore un peu loin mais je commence à regarder les différentes options possibles pour la suite. "