22 Novembre 2020 - 09h30 • 17087 vues

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Le skipper de Time for Oceans en a bien bavé, notamment dans le Pot au Noir et au franchissement de l’équateur, contrarié par des vents erratiques. Ce n’était pas encore le Pérou, en ce dimanche matin à la vacation, mais il y avait du mieux. Quand même.

« J’ai droit à des grains, il était temps que je me tire de la zone de l’équateur et du Pot au Noir, mais j’ai un vent qui est plus refusant et qui est moins stable que ceux qui sont passés avant. C’est tout à fait navigable, mais j’ai des variations, et des grains gênants. Quand on prend ces grains, ça casse la vitesse et il n’y a plus de vent ensuite. Je suis en train de scruter mon radar pour slalomer et éviter de me faire prendre là-dedans. C’est tout à fait acceptable, mais pas si reposant.

Ce début de course est une frustration : les décalages aujourd’hui sont la conséquence décuplée de ce qu’il s’est passé au cap Finisterre. Les décalages qui s’y sont créés ont fait des écarts monstrueux même entre des bateaux au potentiel équivalent. J’avais 50 milles d’écart avec Damien (Seguin, Groupe APICIL) après deux jours et demi de course… il en a aujourd’hui 500 d’avance, et c’est la même chose avec Arnaud Boissières (La Mie Câline – Artisans Artipôle) qui avait 50 milles de retard sur moi, et qui en compte 500 désormais (rire jaune). C’est hallucinant comme ça s’est étiré. 500 milles, ça ne se refait pas comme ça ; cela veut dire qu’il me faut de la patience, et une opportunité. C’est sûr qu’il y en aura.

Il faut que je reste accroché au groupe de devant, que je croise les doigts pour rencontrer une situation favorable. Ce n’est pas gagné : plus tu es devant, plus tu es favorisé dans cette course. Peut-être l’anticyclone de Sainte-Hélène ? Il faut au moins garder cet écart et espérer qu’il n’y aura pas un système d’écart entre eux et moi au moment de traverser le grand Sud. C’est classique, mais dingue. En 2016, les leaders n’avaient pas eu de Pot au Noir et ils avaient pu couper l’anticyclone de Sainte-Hélène, contrairement aux poursuivants…  et ça se reproduit cette année, ça se referme. On risque de devoir faire un joli tour, avec 300 milles de plus à parcourir, sachant que – c’est un peu tôt – il n’y aura pas d’alternative. La seule serait de faire du près, mais ce n’est pas rentable avec nos bateaux.

Patience : tous les Vendée Globe ont aussi proposé des scénarios impossibles, comme celui qui avait permis à Alex de remonter une bonne partie de ses 800 milles de retard sur Armel Le Cléac’h dans la remontée de l’Atlantique. Alors j'y crois ! ».

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