22 Novembre 2020 - 13h17 • 59180 vues

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Par sa dimension humaine et médiatique hors du commun, le Vendée Globe est une compétition qui ne souffre d’aucun à-peu-près. Les instructions de course dictent des règles strictes à respecter dans le but de conserver une équité sportive. Ce sont en quelque sorte les droits et les devoirs des concurrents avec toujours en ligne de mire, trois mots : en solitaire, sans escale et sans assistance.

Seize personnes composent l’équipe d’arbitres sur le Vendée Globe : trois pour le comité de course, cinq pour le jury et huit pour la jauge et le contrôle des équipements de sécurité à bord des IMOCA avant le départ et à l’arrivée. Tous sont étroitement liés. « Nous travaillons ensemble afin que les instructions de course établies par la Fédération Française de Voile, l’organisation du Vendée Globe et la Classe IMOCA soient respectées. » explique Christophe Gaumont, président du comité de course.

Sur ce Vendée Globe 2020, les pénalités ont commencé à tomber dès la ligne de départ, avec Louis Burton (Bureau Vallée 2) pénalisé pour avoir mordu la ligne de départ deux secondes avant le coup d’envoi. Depuis lors, elles s’enchaînent avec des temps de sanction variables en fonction de la faute. La rupture accidentelle du plombage moteur est une infraction (non voulue) qui revient régulièrement à cause des mouvements dans le bateau et de l’accessibilité de la zone. Clément Giraud (Compagnie du Lit / Jiliti), tout comme Isabelle Joschke (MACSF) et Louis Burton (Bureau Vallée 2) ont écopé d’une pénalité de deux heures pour cette raison récemment.

Qui intervient dans la prise de décision d’une pénalité ? 

Le processus débute à partir du moment où le coureur prévient la Direction de Course d’une infraction. Le rapport est ensuite envoyé au jury de course et au comité technique du Vendée Globe qui l’envoie à leur tour au jury international (et à la Fédération Française de Voile), qui émettra, après discussion avec ses assesseurs britannique et espagnol, sa décision au concurrent concerné via la direction de course. 

S’ensuit un échange avec le skipper qui est en droit de se défendre suite aux questions posées par le jury : l’infraction était-elle accidentelle ou provient-elle de circonstances exceptionnelles ? Existe-t-il une bonne raison ou une justification à l’infraction ? L’infraction a-t-elle été déclarée par le skipper lui-même ? Y a-t-il eut une (des) tentative(s) pour éviter l’infraction ? Autant de réponses qui influenceront la sentence, même si le concept général est fondé sur l’établissement d’une pénalité de base pour chaque infraction. Les pénalités sont divisées en 5 plages :

Plage 0 : pénalité financière (ex : positionnement du bateau au port avant le départ)

Plage 1 : de 0 à 6h (ex : rupture accidentelle du plomb moteur) 

Plage 2 : de 2 à 24h (ex : blessure ou dommage causé par non-respect de la sécurité) 

Plage 3 : de 24h à disqualification (ex : non-respect du parcours) 

Plage 4 : disqualification (ex : défaut de navigation en solitaire, recours à une assistance ou une escale) 

Comment un skipper effectue sa pénalité ? 

Dans le cas du Vendée Globe, le coureur décide du moment où il effectue sa pénalité. Aussi, après avoir prévenu la direction de course, il doit alors passer à deux reprises dans un segment de dix nautiques d’Est en Ouest dans un espace de temps donné par le jury en fonction de l’infraction. Isabelle Joschke, qui s’était vu attribué une pénalité de deux heures à cause d’une rupture accidentelle du plombage moteur, a par exemple dû faire une boucle et passer la latitude 2 degrés Sud à deux heures d’intervalles. 

Seule contrainte : la contrainte géographique. « Il faut faire la pénalité dans le même océan que la faute » explique Jacques Caraës, le Directeur de course. Ainsi, Louis Burton (Bureau Vallée 2) a été contraint d’effectuer sa pénalité de cinq heures avant l’équateur. 

Est-ce possible d’annuler une pénalité ? 
Le skipper a le droit de contester une pénalité qui lui a été attribué. « C’est comme un tribunal, le skipper peut s’opposer à la décision du jury, mais il devra justifier son refus tout en prenant le risque d’avoir une seconde pénalité plus importante après » souligne Hubert Lemonnier, Directeur de course adjoint. Aussi, les skippers ne contestent que très rarement la décision émise par le jury.

Cependant, une exception existe, celle de l’entrée dans la Zone d’Exclusion Antarctique. En effet, si un skipper vient à entrer par erreur dans cette zone interdite, il peut ne pas être sanctionné s’il ressort de la zone par son point d’entrée initial. Aussi, son infraction sera mentionnée au jury mais sa pénalité sera de 0 heure.

La rédaction du Vendée Globe / M.L - OM

 

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