22 Novembre 2020 - 14h54 • 146868 vues

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Coup de tonnerre sur la flotte du Vendée Globe : Alex Thomson fait face à d’importants problèmes structurels sur son HUGO BOSS. Le Britannique, hier en 2ème position, 40 milles dans le tableau arrière de Thomas Ruyant, a décéléré considérablement, laissant filer ses adversaires pour réparer une lisse longitudinale à l’avant du bateau, et accuse déjà 200 milles de retard. Dans le même temps, Thomas Ruyant montait au mât pour réparer ses problèmes de drisses. En plus d’une météo stratégiquement compliquée, les skippers bricolent et opèrent des contrôles draconiens sur leurs IMOCA… Le grand Sud n’est plus si loin.

Opération stratification

Bien lui en a pris de faire un tour complet du bateau avant d’attaquer les océans australs. Alex Thomson a donc repéré une lisse longitudinale (renfort structurel) probablement décollée et qui aurait pu à terme créer d’autres dégâts plus conséquents. Ross Daniel, directeur technique de l’écurie Alex Thomson Racing expliquait ce midi : « Alex a maintenant mis le bateau dans une position sûre pour gérer l'état de la mer afin de réduire les mouvements à bord pendant qu'il effectue la réparation. Il a tout le matériel nécessaire à bord, un plan détaillé à suivre et une équipe d'ingénieurs ultra qualifiée qui le conseille. Nous sommes donc confiants dans sa capacité à mener à bien la réparation. »

Atelier ponçage, collage des tissus carbone et stratification pour le skipper d’HUGO BOSS qui se voit contraint de passer son tour dans le couloir ouvert à la tête de flotte, mais dont la porte pourrait bien commencer à grincer, voire se refermer complètement. Alex Thomson, comme ses poursuivants directs (le groupe emmené par Kevin Escoffier sur PRB) à moins d’une journée de sa position, devra composer avec des petits airs et perdre beaucoup de terrain sur Thomas Ruyant et Charlie Dalin : 200 milles déjà à 16h. A moins qu’il ne reparte rapidement…

Ruyant hallucinant !

Privé depuis le départ du Vendée Globe de l’une de ses deux drisses qui lui servent à envoyer en tête de mât ses voiles de portant, le skipper de LinkedOut cherchait depuis plusieurs jours le bon moment pour monter dans son mât de 28 mètres de haut et effectuer d’importantes réparations avant l’entrée dans le grand Sud. La drisse de secours s’est rompue hier soir, le Dunkerquois n’a donc eu d’autre choix que de grimper.

Dans une mer désordonnée, alors que le bateau continuait de progresser sous voiles, Thomas Ruyant a escaladé l’immense tube de carbone pour réparer… sans jamais s’arrêter. Les deux IMOCA de tête, LinkedOut et Apivia, quasiment bord à bord avec 23 milles d’écart, poursuivent une bataille endiablée dans un petit front froid sous l’anticyclone de Saint-Hélène qui leur demandera une attention de tous les instants et un nombre de manœuvres incalculable…

Marier compétition et prudence pour durer

La flotte du 9ème Vendée Globe s’étire sur plus de 3 000 milles, Jérémie Beyou (Charal, 32ème), allongeant la foulée dans le Sud des Canaries. A entendre les skippers en vacation ou à lire les messages envoyés du bord, quel que soit l’âge du bateau ou son positionnement sur l’échiquier atlantique, chaque jour apporte son lot de bricoles et de réparations.

Hier, c’était une girouette pour Sébastien Simon (ARKEA PAPREC), aujourd’hui une stratification sur une pièce du puits de foils pour Armel Tripon (L'Occitane en Provence), toute la semaine la refonte totale de la grand-voile du Japonais Kojiro Shiraishi (DMG MORI Global One)… Des petits ou gros tracas pour tous sans exception, foiler ou pas. Armel Tripon, le sage et philosophe skipper de L’Occitane en Provence en parle mieux que quiconque : « Le bateau ne demande qu’à accélérer, les polaires sont construites dans ce sens-là, les équipes et architectes poussent pour aller vite. Maintenant, c’est à chaque marin de naviguer en son âme et conscience ».

 

La rédac' du Vendée Globe / OM

 

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