24 Novembre 2020 - 16h40 • 70074 vues

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Qu’elle est longue et laborieuse cette descente de l’Atlantique Sud ! La position de l’anticyclone de Sainte-Hélène brouille complètement la piste pour rejoindre le grand Sud. Charlie Dalin, toujours en tête, grappille chaque mètre comme s’il valait de l’or, Thomas Ruyant, lui, avance à tâtons dans cette zone qu’il qualifie de « pourrie » et derrière, on prie pour que l’option choisie ne se transforme pas en banqueroute au pointage à Bonne Espérance. Un mardi actif et studieux « au bureau » comme dit Sébastien Destremau, en passe de solutionner son problème de fuite d’huile sur un de ses vérins de quille… au beau milieu du Pot au Noir.

Lentement mais sûrement. Ça n’avance pas bien vite au sein de la flotte du 9eme Vendée Globe. De l’Est du Cap-Vert où se trouve Jérémie Beyou sur Charal, au beau milieu de l’Atlantique Sud, la cadence des IMOCA n’a rien d’effrénée. « C'est un sentiment étrange : imaginez que vous êtes assis sur le bord de la route en vous demandant si l'on va venir vous chercher un jour » confie Boris Herrmann, 6e au pointage, à moins d’un mille de Yannick Bestaven ! Une belle bagarre dans des petits airs dans le sillage de Kevin Escoffier et Jean Le Cam. Rarement la route du Vendée Globe n’a connu un tel scénario. « J’imaginais l’Atlantique Sud comme la zone la plus rapide du tour du monde, et bien c’est raté ! Je pense que c’est un des plus gros dilemmes auquel j’ai dû faire face depuis que je navigue. » constatait Charlie Dalin joint à la vacation de la matinée.

Manœuvres, changements de voiles et grosse fatigue

Sept IMOCA bataillent dans la Zone de Convergence Intertropicale à s’en arracher les cheveux à moins de garder son calme olympien comme le fait le Finlandais Ari Huusela, 29eme à 3 nœuds depuis ce midi, qui confie avec cette voix linéaire et imperturbable : « Je m’adapte, je fais face, inutile de s’agacer, c’est comme ça… » Miranda Merron sur son Campagne de France a eu de quoi pousser un coup de « gueule », ne comprenant pas pourquoi son bateau restait collé dans une belle risée : « J’ai découvert qu’une bâche en plastique entourait ma quille et freinait considérablement mon avancée. » Pour rejoindre le cap de Bonne Espérance et le train des dépressions qui permettent de cavaler, il va falloir faire preuve de patience. Les premiers, au prix de changements de voile, de manœuvres et de réglages incessants devraient toucher le flux des 40èmes dans 48h et faire siffler enfin les foils avant de doubler le cap de l’Afrique du Sud dans la nuit de dimanche à lundi. Pour le groupe suivant ce sera presque deux jours après.

Des écarts conséquents

Le tandem Dalin/Ruyant affiche près de 200 milles d’écart avec le 3eme Jean Le Cam qui parvient toujours à contenir de gros clients à foils comme Kevin Escoffier, Yannick Bestaven, Boris Herrmann et Sébastien Simon ! Alex Thomson, lui, choisi de contourner l’anticyclone par le Sud avec Louis Burton et Sam Davies. Il accuse ce soir plus de 500 milles de retard sur la tête de flotte et devrait terminer cette nuit les réparations sur la structure avant de son bateau. Le trio Roura/Attanasio/Crémer navigue 1 000 milles en arrière des premiers. A noter que Banque Populaire X a traversé les îles volcaniques de Trindade et Martin Vaz aux alentours de 14h… Enfin, le foiler jaune et noir d’Armel Tripon, L’Occitane en Provence, se rapproche de Fernando de Noronha, et affiche un écart de 2 000 milles sur le leader. Quant à Jérémie Beyou, il commence à ralentir dans les premiers coups de griffes du Pot au Noir à 3 000 milles de ses camarades de jeu.

 

La rédac' du Vendée Globe / OM