26 Novembre 2020 - 13h18 • 15518 vues

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Stéphane Le Diraison (Time For Oceans) était en vacation à 9h30 ce matin.

" L’instabilité de l’hémisphère Sud est un peu fatiguant. C’est sans arrêt des enchaînements de grains donc ça fait quatre jours que je borde, je choque, je borde, je choque. C’est exigeant. Je suis content de voir que j’ai réussi à recoller un peu le groupe de devant qui m’avait semé progressivement, j’ai récupéré environ 100 milles au groupe de tête, c’est une bonne séquence de la course pour moi ! Ça me motive, je veux absolument rester dans le même système météo que ceux de devant, donc il ne faut rien lâcher maintenant, et saisir toutes les opportunités. Je fais des slaloms pour éviter les grains, hier je me suis fait piéger une heure dans une zone sans vent en faisant ça. Mais ça paye d’être dessus, j’aimerais bien continuer à les rattraper. 


Le choix de mon passage de l’anticyclone est presque imposé. Il est tellement conséquent que je vais être obligé de faire le grand tour comme tous les autres. Je sais qu’il faut être opportuniste, c’est un peu tôt, mais si je peux raccourcir un peu en ne faisant pas tout le tour et en me rapprochant de la zone sans vent, je serais joueur. 


Au niveau mental, j’ai découpé le Vendée Globe en plusieurs morceaux géographiques : le premier était d’arriver jusqu’à Salvador de Bahia, ensuite c’est d’aller jusqu’au cap de Bonne Espérance et c’est vrai que ce passage est assez long, ça dure plusieurs jours avec ce gardien du grand Sud qui est l’anticyclone de Sainte-Hélène qui nous barre le passage. Il commence à y avoir une impatience que les choses sérieuses commencent car c’est tout ce qu’on vient chercher. Ça va commencer quand on sera autour des 40 degrés Sud, ça va venir vite !

Je sens ce deuxième Vendée Globe assez différemment dans ma façon d’appréhender la course, je me suis délesté de l’appréhension que j’allais découvrir dans les mers du Sud. Il y a quatre ans, j’étais excité de mettre cap au Sud, mais aussi angoissé d’aller affronter cette zone. Cette année, c’est différent car il ne me reste que l’excitation. Je sais pourquoi je suis là et ce que je viens chercher. Le fait de me remettre dans le Vendée Globe réveille des souvenirs enfouis qui ne me reviennent que depuis que je navigue, comme si c’était la continuité de 2016, c’est assez particulier. 
"