04 Décembre 2020 - 12h07 • 36115 vues

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Suite aux dégâts importants causés par un OFNI, Sébastien Simon (ARKEA PAPREC) abandonne officiellement la course.

Mercredi matin, à 9h20 HF, ARKEA PAPREC avait heurté un OFNI. Ce choc avait entraîné des dégâts importants sur le foil tribord et son puits. Depuis, Sébastien Simon, aux prises notamment avec une voie d’eau, faisait route au Nord pour sécuriser son bateau tout en travaillant avec son équipe afin de trouver les solutions pour réparer.

Mais ce vendredi matin, le Sablais a dû se rendre à l’évidence. Les réparations sont impossibles à réaliser seul. Elles nécessiteraient énormément de temps et des conditions très clémentes et ne peuvent garantir un niveau de sécurité suffisant avant d’entamer le tour de l’Antarctique. 

Le skipper d’ARKEA PAPREC naviguait en 4e position au moment du choc. Depuis hier, il n’arrivait pas à se résoudre à se retirer de la course. Il a souhaité étudier dans le détail toutes les possibilités et ne s’est fermé aucune porte dans la réflexion qu’il a menée avec son équipe à terre. Malheureusement, celui qui s’est dérouté en ce début de semaine pour porter secours à Kevin Escoffier, sait plus que jamais que la sécurité prime sur ce tour du monde extrême. Il a donc choisi ce matin d’abandonner. 

Sébastien Simon fait route vers Cape Town. Il devrait rallier la baie sud-africaine dans la nuit de samedi à dimanche.

Sébastien Simon : 

« Il est temps pour moi de prendre une décision. Avec l’équipe, nous avons beaucoup réfléchi aux réparations possibles. Mais pour les envisager, il fallait sacrifier mon foil, le découper. C’est une pièce hyper massive de 300 kilos. Puis il aurait ensuite fallu réparer la coque par l’extérieur et sur le pont pour rendre étanche le puits de foil. Pour ça, je n’avais pas d’autre choix que de me dérouter vers Cape Town. Ces réparations s’annonçaient très compliquées. Probablement, quatre à cinq jours de travail sans compter la réparation de la cloison et un problème que j’ai découvert sur mon manchon de palonnier arrière qui génère une deuxième voie d’eau…

La météo pour mon arrivée à Cape Town était très défavorable, je n’aurais pas pu attaquer les réparations avant deux ou trois jours après mon arrivée. Surtout, tout ça n’est pas raisonnable car il n’était pas garanti que les réparations tiennent pour la suite de la course. Je ne peux pas continuer. Je ne pensais pas m’arrêter là, j’étais 4e du Vendée Globe. Je pensais bien réussir à faire quelque chose sur ce Vendée ! J’ai donné tout ce que j’avais. J’y ai mis beaucoup de passion et d’énergie, j’avais envie d’y arriver. L’aventure s’arrête là. Je suis désolé pour tout le monde. Tous mes partenaires m’ont soutenu jusqu’au bout. Tout ça ne me donne qu’une seule envie : repartir, être présent dans quatre ans. C’était une superbe expérience, une opportunité unique. Merci vraiment à tous de m’avoir permis de réaliser ce beau projet avec ce beau bateau.»