06 Décembre 2020 - 12h12 • 10231 vues

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Benjamin Dutreux (OMIA - Water Family) était à la vacation de 9h30 ce matin. 

" J’ai passé une nuit assez horrible car je suis resté bloqué dans une molle toute la nuit et je ne sais pas pourquoi, ça repart tout doucement. On se plaint tout le temps nous les marins, on se plaint quand il y a trop de vent, quand ça bouge trop, quand il n’y en a pas assez… Je n’ai pas trop compris, il y a peut-être un grain qui est passé et qui a aspiré du vent autour. Depuis 2 h du matin, je n’avais rien du tout et ce matin je n’avais pas plus de 7 ou 8 nœuds de vent donc c’était assez dur. J’avais hissé toutes les voiles et là ça repart donc je vais devoir rebaisser tout car j’ai à nouveau 18 nœuds. J’ai du boulot avant le front à venir qui va être assez solide ! Je suis super content, c’est génial d’être dans ce groupe. Je m’accroche pour rester dans ce groupe de bateaux autour de moi.

Empanner entre deux bords rapides, ce n’est pas évident. Il y a déjà les 400 kg de matériel à déplacer d’un côté du bateau à l’autre. Ça prend un moment et c’est la partie la plus ennuyante. Et puis il faut faire attention de ne pas se faire mal car le bateau est toujours lancé à pleine vitesse quand on fait ça. Ensuite, il faut réussir à remettre la grand-voile dans l’axe, penser à la quille, aux ballasts, aux hydrogénérateurs, il y a pas mal de petits détails ! J’ai une grande check-list et je coche les cases avant d’arriver au moment où je peux empanner la grand-voile et le gennaker.

Dans le petit temps, ça représente 20 minutes, dans le gros temps, ça prend 30 à 45 minutes. C’est une manœuvre risquée et peu évidente dans du vent car on risque de casser des lattes. 

Dans les prochains jours un front va rentrer, c’est-à-dire une zone avec du vent fort et une bascule de vent. J’ai prévu de faire le dos rond et d'essayer d’être le plus prudent possible en termes de voiles car des rafales de 42 à 43 nœuds sont annoncées. Une fois ce front passé, le vent tourne et il faudra empanner dans des conditions de mer peu évidentes. Il y a de grandes chances pour que je vire de bord pour éviter le stress de l’empannage. "


Benjamin Dutreux / OMIA - Water Family