11 Décembre 2020 - 17h05 • 36033 vues

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Mauvaise nouvelle en ce 33e jour de course. Privé de ses ordinateurs de bord, Fabrice Amedeo ne peut plus continuer en toute sécurité son périple autour du monde. Il fait route vers Cape Town et vient d’annoncer son abandon.  En tête, Charlie Dalin a vu fondre de moitié son avance en l’espace de 24 heures, tandis que ses chasseurs rivalisent de vitesse. La bagarre fait rage dans le groupe des leaders sur la route du cap Leeuwin.

40 ans dans les quarantièmes

L’Atlantique Sud, c’est terminé pour Alexia Barrier, Miranda Merron et Kojiro Shiraishi qui ont franchi le cap de Bonne-Espérance avec dix jours de débours sur les premiers. Le skipper de Compagnie du Lit - Jiliti est le prochain sur la liste et il aura deux raisons de célébrer ce passage : il fêtait aujourd’hui ses 40 ans. 40 ans dans les Quarantièmes, peu d’hommes et de femmes au monde se sont déjà offert un tel cadeau d’anniversaire. Pour Jérémie Beyou, ce 33e jour de course est à marquer d’une pierre blanche. Charal n’est plus dernier ! Ce midi, le bateau noir doublait celui du skipper finlandais Ari Huusela (STARK).  24 jours après son « redépart » des Sables d’Olonne, Beyou vient de signer une première petite victoire.


Fabrice Amedeo contraint à l’abandon

Cette queue de peloton était jusque-là vaillamment emmenée par Fabrice Amedeo. Mais le skipper de Newrest –Art et Fenêtres, victime de problèmes informatiques (ses deux ordinateurs de bord sont hors service) qui l’empêchent de relever et d’analyser sa météo, a décidé de mettre un terme à sa course. Depuis hier soir, il fait route vers Cape Town. Fabrice est le 6e skipper de ce 9e Vendée Globe à jeter l’éponge. Une décision très difficile à prendre pour celui qui était revenu aux Sables d’Olonne le 8 novembre, suite à une avarie en tête de mât, avant de reprendre la mer après deux jours d’escale technique dans le port vendéen !  

Cette panne d’ordinateur survenue il y a 24 heures aura eu raison de sa passion et son abnégation. Joint par son équipe, il explique sa décision : « Mon bateau va bien, mais depuis hier il est aveugle : suite à un nouveau problème d’ordinateur, je ne peux plus télécharger les fichiers météo, calculer la trajectoire optimale, la plus rapide possible, mais aussi parfois la plus sage possible. Face à cet obstacle irrémédiable sur ma route, deux options : arrêter ici mon Vendée Globe ou continuer. Il est possible de continuer à l’ancienne, sans information et de traverser ainsi les mers du Sud. Se laisser pousser par les éléments pendant un mois vers le cap Horn. Mais nos bateaux à foils sont diaboliques dans du vent fort et je veux pouvoir naviguer selon un principe qui a toujours été le mien : en bon marin et en ayant le sentiment de maîtriser ma sécurité et celle de mon bateau. J’ai donc décidé d’arrêter à Cape Town mon Vendée Globe. C’est une décision qui a été difficile à prendre, mais que j’assume ».

Regroupement devant

Sur le chemin du cap Leeuwin  - passage des premiers prévu pour lundi -, Charlie Dalin doit commencer à sentir sur sa nuque le souffle chaud de ses rivaux qui déboulent derrière lui, poussés par un solide flux de Sud-Ouest. On ne connaît pas les raisons du fort ralentissement d’Apivia ces dernières 48 heures – outre un vent plus faible pour les deux leaders - . Ce qui est certain, c’est que le N°1 de ce Vendée Globe, indétrônable depuis trois semaines, est en train de se faire rattraper. En l’espace d’une journée, il a vu son avance fondre de moitié. Thomas Ruyant (LinkedOut) n’est plus qu’à 99 milles de son tableau arrière. Et Yannick Bestaven (Maître CoQ IV), l’homme le plus rapide de cet après-midi, avec ses 19/20 nœuds de moyenne, n’accuse plus que 120 milles de retard. Le duel entre Apivia et LinkedOut est en train de se transformer en ménage à trois… Trio lui-même pourchassé par une horde intrépide qui bénéficie d’un vent plus soutenu.

Juste derrière eux, la régate est passionnante pour les poursuivants qui ont eux aussi sorti la hache de guerre. Dutreux, Le Cam, Burton, Seguin et Herrmann se tiennent en 30 milles. Incroyable à ce stade du parcours !

La rédac du Vendée Globe / Camille El Beze