17 Décembre 2020 - 15h50 • 30190 vues

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Actuellement en 8e position du Vendée Globe dans le groupe de chasseurs du trio de tête, le skipper de Bureau Vallée 2 a pris la décision ce jeudi de mettre sa course entre parenthèses dans la nuit de samedi à dimanche prochain pour réparer ses nombreuses avaries en tête de mât le long de l’île Macquarie, petit bout de terre de 15 milles de long situé dans le Pacifique, et sur la route de la grande boucle planétaire.

Depuis le 6 décembre dernier, alors que Louis Burton (Bureau Vallée 2) naviguait en 2e position derrière Charlie Dalin, rien ne va plus. Des problèmes de pilotes automatiques ont généré un empannage intempestif et engendré des avaries en cascade. Pour autant, le Malouin n’a jamais baissé les bras, poursuivant la compétition avec une volonté farouche de rester dans le bon paquet. Sans jamais se plaindre et avec une envie constante de bien faire, Louis a géré tant bien que mal ce qui pouvait l'être. Rail de grand-voile cassé en haut du mât, hooks non opérationnels, J2 inutilisable... Après avoir tout tenté, le skipper de Bureau Vallée 2 s'est rendu à l’évidence : les réparations ne pourront se faire qu'une fois protégé de la houle et du vent. 

Glisser le long de la côte Est et réparer

L’île australienne, toute en longueur, devrait permettre au skipper d’effectuer sa montée dans le mât tout en étant protégé de la houle et du vent. Louis ne devrait donc pas s’arrêter au sens propre, mais glisser à très faible allure pour réaliser son opération commando. Opération qui devrait avoir lieu dans la nuit de samedi à dimanche prochain, et qui devrait lui prendre 3 heures.

Louis Burton, joint ce matin : « Je vais m’arrêter à Macquarie, car il faut que j’arrive à monter tout en haut du mât avec la grand-voile affalée. J’ai tenté à plusieurs reprises, mais le problème est qu’il restait de la houle. Et comme je suis obligé de mettre la grand-voile sur le pont, le bateau n’avait aucun appui, et je me faisais exploser la tronche à chaque fois. Donc, c’était impossible.

L’idée, c’est donc d’aller s’abriter dans l’Est de l’île Macquarie, une île qui fait 300 mètres de haut à certains endroits et qui devrait bien m’abriter du vent et de la houle. Je vais arriver par le Nord, descendre en ligne droite le long et proche de la côte, juste avec mon J3 afin de monter dans le mât pour découper le rail de grand-voile qui est foutu, et le remplacer. Ensuite, je monterai tout en haut du mât car, comme les 'hooks' sont cassés, je vais faire des points fixes pour mettre une drisse classique sur la grand-voile pour que je puisse utiliser ma grand-voile correctement.

L’île fait 15 milles de long, donc si je vais doucement, ça me laisse trois heures. C’est une réserve biologique hyper protégée avec des espèces très rares. Si je peux éviter de balancer l’ancre dans la baie, ce sera mieux. Je pense faire l’opération entre samedi soir et dimanche matin. Je ne peux utiliser ma grand-voile qu’avec deux ris, et après je peux la monter un peu mais comme le rail est arraché, je ne peux pas l’étarquer. C’est un sac de pommes de terre. C’est la misère, je plafonne en vitesse. Au pire, ça va me faire perdre 4 ou 5 heures. Après cela, je devrais récupérer un bateau à peu près opérationnel ».