19 Décembre 2020 - 18h48 • 24429 vues

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Louis Burton a reçu hier l’autorisation du responsable de la réserve naturelle de Macquarie Island, par le biais d’un long mail qui faisait suite à de nombreux échanges avec la Direction de course du Vendée Globe, de dériver le long de la côte mais sans s’approcher à moins de 500 mètres du rivage. Car ce petit bout de terre rectangulaire (34 km de long pour 5km de large) au milieu de nulle-part est ultra protégé. Tout un écosystème rare s’y développe : interdiction de déranger.

En fin de nuit, mais il fera jour là-bas, Bureau Vallée 2 va venir dériver lentement depuis le Nord de l’île, sous petit foc seul, abrité du vent et de la mer grâce au relief de ce grain de poussière jeté dans l’océan austral, pour réparer des ennuis en tête de mât. Louis Burton sera le premier navigateur de l’histoire du Vendée Globe à s’approcher de Macquarie. Une île qui appartient à la Tasmanie (australienne donc…), à mi-chemin entre l’Australie et le continent Antarctique, formée il a plus de 600 000 ans, par l’activité des plaques tectoniques pacifique et australienne, et à la géologie unique puisque les roches viennent directement du manteau terrestre.

Unique et préservée

Sur ce caillou, il n’y a pas foule. Ou plutôt si ! Outre une base scientifique occupé par 40 personnes, des milliers de manchots et de phoques ont élu domicile sur cette terre balayée par les tempêtes australes (le vent souffle 268 jours par an) et dont la température moyenne ne dépasse pas les 5°. L’île compte 29 espèces d’oiseaux nicheurs dont deux endémiques (le gorfou de Schlegel et le cormoran de Macquarie). La biodiversité de la flore est impressionnante : 45 espèces de plantes vasculaires (vaisseaux servant à la circulation de l’eau) dont quatre endémiques (comme le chou de Macquarie) ou 135 espèces de champignons. Un endroit probablement unique au monde, rare terre sauvage quasi inaccessible. Un soulagement presque de se dire que cela existe encore…

Comme une sirène à la beauté brute

Sûr que Louis Burton n’aura pas vraiment le temps de contempler ces falaises abruptes qui s’élèvent de façon spectaculaire. Du haut du mât, ce devrait être une splendeur et une vision féérique : sur le plateau de 300 m de haut, d’innombrables lacs et bassins, une végétation luxuriante, et la plus importante réunion d’oiseaux au monde. Le skipper de Bureau Vallée 2 va peut-être, espérons-le, prendre quelques photos. Il y a des faits de course et des avaries majeures, qui nous font aimer la géographie, et marquent les pages du grand livre de la plus belle des courses en solitaire…

 

La rédaction du Vendée Globe / Olivia Maincent