21 Décembre 2020 - 07h50 • 28074 vues

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L’histoire est incroyable. Louis Burton s’y est pris à trois fois pour réparer ses avaries de tête de mât sous le vent de l’île Macquarie, caillou rectangulaire au sud de la Nouvelle-Zélande. Le défi était loin d’être gagné étant donné l’étendue des dégâts (rail de grand-voile à couper et à remplacer au niveau du ris 1, nouveau système de drisse de grand-voile à renforcer pour pallier l’absence de 'hook', électronique défectueuse), la mer formée, l’inconnue totale de ce bout de terre préservé, les animaux marins très présents autour du bateau et la fatigue accumulée. Louis repart en course, avec une envie décuplée !

Un cri de joie devant les falaises verdoyantes et sur une mer bleu marine : « Cela fait partie des choses les plus « hard » que j’ai faites de ma vie ! On a un nouveau rail de grand-voile, on va renvoyer la grand-voile et on va allumer pour rentrer aux Sables ! ». La ténacité et la volonté de Louis Burton, sans jamais la ramener, ont vaincu. Ces avaries pénibles qu’il traîne depuis son empannage intempestif le 6 décembre dernier, alors qu’il était 2e du Vendée Globe, ont empoisonné sa course. Combatif, toujours heureux d’être en mer, il lui fallait, pour rester aux avant-postes, prendre le temps intelligemment de stopper sa course et l’île de Macquarie était sur sa route.

A terre on surveille, en haut du mât Louis s’active

« A terre, on ne peut rien faire. J’avais juste changé les minutes pour avoir le positionnement de Louis toutes les 10 minutes plutôt que 30 comme d’habitude. Ce n’était pas gagné. Ce qu’il a fait, peu de personnes le feraient. Je suis admiratif, on a eu peur que ce soit terminé pour de bon », confiait cette nuit Jacques Caraës, Directeur de Course du Vendée Globe. Alors, Louis s’y est pris à trois fois. A 12h18 (HF) hier midi, première tentative infructueuse avec une redescente du mât deux heures après. Trop de houle, la nuit noire, malgré sa frontale, le skipper de Bureau Vallée 2 ne parvient pas à réparer. Demi-tour, le Malouin se pose alors la question de mouiller à 500 m du rivage dans la baie de Lusitania… Louis Burton a confiance et croit en ses capacités : il se lance dans une autre tentative à 18h15 (HF), puis une troisième à 3h08 (HF). Il fait jour, Bureau Vallée 2 dérive lentement, protégé des vents de Nord-Ouest. Perché à 27 mètres de haut, le marin s’attèle aux réparations. Ce lundi matin à 4h (HF), la nouvelle tombe : « Il a réussi ! ». Un immense soulagement étreint alors toute l’équipe à Saint-Malo sur le pont depuis des jours et la Direction de Course du Vendée Globe.  

Source : Service de presse Bureau Vallée 2