27 Décembre 2020 - 12h50 • 17317 vues

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Comment les marins peuvent-ils faire tourner un chauffage à bord ? Comment peuvent-ils écouter de la musique, étudier la météo et faire leur stratégie sur l’ordinateur du bord ? Comment alimentent-ils tout ce matériel énergivore ?

Sur un IMOCA, de nombreux éléments nécessitent de l’énergie. Premièrement, le pilote automatique, ainsi que l’ordinateur du bord - la centrale de navigation - qui fonctionnent 24h/24 et 7j/7. Le dessalinisateur, le système de quille pendulaire et toute une somme d’autres petits éléments consomment de l’énergie. Les vidéos et les photos réalisées à bord ainsi que les moyens de transmission vers la terre sont aussi gourmands.

Les marins et les bateaux étant de plus en plus connectés (capteurs de détection des OFNI par exemple), les besoins en énergie ne font qu’augmenter d’édition en édition.  

Le moteur

Chaque IMOCA est équipé d’un moteur diesel de 40CV. Il est nécessaire à la sécurité : si un concurrent doit aller porter assistance à une personne en mer, il doit pouvoir manœuvrer au moteur. Pour cela, les marins doivent toujours avoir un minimum de 2 x 10 litres de gasoil à bord, et ce jusqu’au passage de la ligne d’arrivée. Ils embarquent généralement entre 200 et 300 litres, mais chacun est libre de définir la quantité qu’il souhaite.

Les concurrents ont bien entendu interdiction d’utiliser le moteur comme moyen de propulsion pendant la course. On entend souvent que le « moteur est plombé ». En réalité, c’est l’arbre d’hélice du moteur qui est plombé. Ainsi, en couplant le moteur à un alternateur, ce dernier peut être allumé dans le simple but de produire de l’énergie. En fonction du parc batterie, et si l’on ne comptait que sur cette source de production, il faudrait faire tourner le moteur entre 1 à 2 heures par jour pour alimenter l’ensemble des éléments du bord.

Les hydrogénérateurs

Un hydrogénérateur est une hélice fixée sur le tableau arrière des bateaux, immergée dans le sillage. Dans l’eau, elle fait tourner un aimant permanent en suivant le même principe de fonctionnement qu’une éolienne. Cette hélice, reliée à un alternateur, permet de créer de l’énergie, consommée immédiatement ou stockée dans des batteries. L’efficacité d’un hydrogénérateur débute à une dizaine de nœuds de vitesse. Plus les bateaux vont vite, plus les hydrogénérateurs produisent de l’énergie. Tous les IMOCA de la flotte en sont équipés.

Isabelle Joschke (MACSF) expliquait qu’elle devait absolument économiser son énergie : « Je ne peux pas mettre le chauffage, je suis en restriction d’énergie car mon hydrogénérateur est cassé. Ma seule source d’énergie, c’est le gasoil, donc je dois l’économiser. »

À l’inverse, Benjamin Dutreux, qui rencontre des soucis avec son moteur, ne peut actuellement compter que sur ses hydrogénérateurs.

Les éoliennes et les panneaux solaires

Certains bateaux s’équipent de panneaux solaires ou d’éoliennes pour multiplier les sources d’énergie. Sur HUGO BOSS, Alex Thomson avait une très large surface de panneaux solaires. Armel Tripon (L’Occitane en Provence) et Yannick Bestaven ont tous deux des éoliennes, celle du skipper de Maître CoQ IV étant un prototype à deux pales, développé par sa société, l’entreprise Watt and Sea, initiallement spécialisée dans les hydrogénérateurs.

À la Classe IMOCA, chacun est libre de valoriser l’une ou l’autre des solutions de production d’énergie à bord.