31 Décembre 2020 - 10h50 • 10943 vues

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Thomas Ruyant (LinkedOut) était à la vacation de 10h ce matin. 

“Je suis en plein dans un passage de front pour basculer derrière et avoir du vent de Nord-Ouest. Là, je suis dans du vent de Sud à Sud-Est et je vais chercher du vent portant plus fort de l’autre côté. Ça prend un peu plus de temps que prévu, mais j’y arrive tout doucement. 

J’ai toujours l’impression de courir après le petit 'timing' qu’il me manque pour être du bon côté de ce qu’il se passe. C’est comme ça, je m’accroche. Ça file par devant, j’essaye d’avoir une route pas si mal et de creuser avec le groupe de derrière, mais le 'timing' n’est pas au top. Je prends du retard dans le passage de ce front. Ça va forcément recroiser vers Damien (Seguin) et ça fera une belle arrivée groupée au cap Horn dans peu de temps. Ce Pacifique nous gâte avec ses systèmes météo divers et variés, ce n’est jamais simple. La situation ne coule pas de source et les solutions sont multiples et difficiles à trouver. La météo est peu fiable à moyen et long terme donc c’est compliqué d’établir des stratégies. Je ne fais pas ça au jour le jour, mais quasiment. 

Ça fait un beau match, une belle régate sur cette fin de Sud qui commence quand même à être longue. Je suis pressé de passer ce fameux cap Horn qu’on attend tous avec impatience. Après la course est encore longue, la remontée de l’Atlantique sera aussi pleine de rebondissements. 

Sur mon bateau, je suis sur l’espace de liberté le plus grand qu’on puisse imaginer. J’ai besoin de ce sentiment de totale liberté que j’ai à bord de mon bateau justement, même si l’espace y est réduit. On a la chance d’avoir pu faire cette course. Heureusement que le sport peut continuer et c’est bien que ce Vendée Globe ait eu lieu pour que à la fois nous, égoïstement, on ait notre liberté et pour aussi donner un petit peu de rêve. "  

Thomas Ruyant / LinkedOut