17 Janvier 2021 - 16h39 • 19021 vues

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Si 206,8 milles séparaient Charlie Dalin (Apivia) de Jean le Cam (Yes We Cam!) au classement de midi, avec un décalage en latéral de 13 milles environ, d’autres chiffres beaucoup significatifs révèlent beaucoup du profil de leur bateau respectif, et de la manière de l’exploiter.

Le leader, Charlie Dalin, a parcouru réellement 25 154,31 milles depuis le 8 novembre, soit 21 248,8 milles de route théorique ; le 8e, Jean le Cam, a parcouru 23 487,41 milles pour 21 042,1 milles sur l’orthodromie. Cela fait un différentiel de 1 666,9 milles en distance fond. 1 600 milles, c’est ce qui sépare Recife (Brésil) de Dakar (Sénégal)…

Entre le foiler dernière génération, et l’IMOCA à dérives droites, il est évidemment question d’angles au vent et de choix de la trajectoire préférentielle. Pendant que les foils permettent d’abattre pour arrondir et pour jouer avec des angles de 70° à 110° du vent, les dérives droites offrent au skipper la possibilité de serrer le vent, et de tendre ses trajectoires.

Quelques autres chiffres émergent : Apivia et LinkedOut sont les deux seuls bateaux à pointer à 15,0 nœuds – ils sont les plus rapides de la flotte. Thomas Ruyant a parcouru 25 154,31 milles, soit 6,93 milles de plus que Charlie Dalin. Qu'il soient si proches ne relève pas du hasard : les deux bateaux sont des plans Verdier, deux quasi-sister ships que des détails différencient, ainsi que le chantier de construction : Persico (Italie) pour le premier, CDK (Port-la-Forêt) pour le second.

Les foilers de la précédente génération ont parcouru 24 300 milles, 24 361,31 pour ce qui concerne Bureau Vallée 2, 2e. Entre les deux, donc, un différentiel de distance fond de 786,07 milles. La vitesse d’avancement de Louis Burton a été de 14,5 nœuds, soit un déficit de 0,5 nœud avec le leader. Pourtant, ce midi, 3,2 milles séparaient les deux hommes par rapport aux marques de parcours, distants également de 21 milles en latitude, au bénéfice du Malouin, qui est 67 milles plus à l’ouest.

C'est sans doute là que réside une part de la magie de ce Vendée Globe, qui mélange, distribue et redistribue les cartes météo de manière assez équitable, entre tous les acteurs. 


Ah, la voile….