20 Janvier 2021 - 08h34 • 10085 vues

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La trajectoire des neuf hommes de tête pour contourner l'anticyclone les éloigne de la route théorique. Or, c'est via cette route théorique qu'est calculé le classement. Il faudra donc s'armer de patience avant de tirer des enseignements sur les positions des premiers. 

La situation est inédite. Jamais au Vendée Globe, autant de bateaux ne pouvaient prétendre à la victoire finale à moins de deux semaines de l’arrivée. Cet embouteillage dans l’hémisphère nord et le fait que les neuf skippers en question contournent l'anticyclone et s'écartent de la route théorique a des conséquences inattendues. Parmi elles, la difficulté à « lire » le classement.

Yann Groleau, qui se charge de la cartographie du Vendée Globe via Géovoile, explique : « un classement n’est pas fait pour refléter la pertinence des stratégies des uns et des autres, mais uniquement pour dire qui est géographiquement plus proche de l'arrivée. » C’est ainsi qu’hier, Damien Seguin était classé 2e alors que Louis Burton, positionné plus au nord-ouest de Groupe APICIL était relégué au 4e rang.

La lecture du classement "reste de plus en plus biaisée" 

Le classement est toujours déterminé par rapport à une série de "way point" placée sur la route théorique du tour du monde. Actuellement, le classement est déterminé via un "way point" situé à Santa-Maria, l’île la plus au sud-est des Açores. Ce nouveau "way point", placé présicément par 37°N et 25°W, a été introduit dans la nuit de mardi à mercredi.

Si cette décision augmente la route de 250 milles, elle contribue à réduire l'angle entre les caps des bateaux. Néanmoins, les concurrents continuent à s'écarter grandement de la route théorique à l'heure actuelle. La lecture du classement "reste de plus en plus biaisée" soulignait hier Christian Dumard, le météorologue du Vendée Globe. "Il faudra attendre que les bateaux pointent vers l'arrivée afin que le classement devienne cohérent", explique-t-on à la direction de course.