20 Janvier 2021 - 10h20 • 18801 vues

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Naviguant actuellement tribord amures sur son foil coupé, Thomas Ruyant (LinkedOut) ne lâche rien, même s'il témoigne d'une certaine frustration lors de la visio de ce matin. 

« Les derniers jours ont été assez monotones. C’est tout droit, on est tribord amures au reaching, c’est une bonne allure de foilers. Ça va vite pour un peu tout le monde, mais un peu moins pour moi à cause de mon foil. J’essaye de ne pas perdre le rythme par rapport aux bateaux près de moi, notamment ceux de Boris (Herrmann) et de Yannick (Bestaven).

Je suis à cloche-pied depuis deux mois. On navigue au reaching, dans une mer pas trop formée, avec 20 nœuds de vent. Normalement, c’est dans ces conditions que l’on fait parler la poudre avec nos bateaux. Je vais deux/trois nœuds moins vite que les autres parfois, alors j’essaye de réguler, d’être présent dans le cockpit pour avancer tant bien que mal. C’est frustrant, mais c’est comme ça.

Je le savais depuis un moment que cette remontée allait être compliquée, car il y a beaucoup de tribord amures. Vivement qu’on arrive dans la brise au portant, dans quelques jours, que ça puisse se stabiliser un peu. Il y aura moins d’écart dans ces conditions et surtout il y aura un peu de bâbord amures quand même.

Je pense que pour Louis (Burton), vu son avance dans le Nord, son écart dans l’Ouest était obligatoire. On verra comment ça recroise ensuite. Louis est bien placé, il arrive à aller vite. Charlie (Dalin) est un peu diminué avec son foil. Boris (Herrmann) va revenir très fort avec ses grands foils, il va y avoir du jeu et Yannick (Bestaven) pousse aussi. 

Je suis content d’être là où je suis, on est en train de boucler un tour du monde, c’était le premier objectif. Le deuxième objectif était de naviguer avec les leaders, mais c’est sûr que là je sens un peu le truc filer. On évolue à des allures où les foilers font des grosses différences. Je suis un compétiteur, c’est un peu dur. Je sais la machine que j’ai entre les mains, et je sais qu’elle est diminuée. Ça ira mieux dans quelques jours, mais des occasions de se refaire, il ne va pas y en avoir beaucoup. C’est le sprint final. »

Thomas Ruyant / LinkedOut