26 Janvier 2021 - 11h05 • 13488 vues

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Engagé sur un dernier long bord en direction des Sables d'Olonne, Damien Seguin (Groupe APICIL) ne compte rien lâcher sur ces dernières 48 heures. Il était à la vacation de 9h ce matin. 

" J’ai 25 nœuds de vent et encore toute la toile sur le bateau. Mon but est d’aller vite pour préserver les quelques milles d’avance que j’ai sur Giancarlo (Pedote). Ça ne va pas être facile car il a un foiler et il avance un petit peu plus vite que moi en ligne droite. Il faut que je jette toutes mes armes dans la bataille pour ne pas avoir de regrets à l’arrivée. Ce grand bord jusqu’à l’arrivée ne va pas être confortable, mais il va avoir une saveur particulière aussi donc ça vaut le coup de tout donner.

J’ai du mal à réaliser que j’arrive. Je sais que je serai aux Sables d’Olonne dans deux jours car forcément je regarde les ETA, mais je pense être loin d’arriver dans ma tête. Même si j’en ai envie, je suis encore un marin sur le Vendée Globe, je bataille encore avec des concurrents autour de moi. Cette arrivée va être spéciale, comme toutes les courses, mais je ne vais pas trop l’anticiper, je vais laisser ça à mon instinct sur le moment et je vais essayer de continuer à bien faire ce que je suis en train de faire, c’est-à-dire terminer ce Vendée Globe.

Il faut rester concentré car même si ça parait être de la ligne droite, on va avoir des conditions de vent compliquées, on va retrouver un gros trafic maritime et le golfe de Gascogne n’est jamais quelque chose de facile avec la remontée du plateau continental. Les 48 dernières heures ne vont pas être de tout repos, donc j’ai profité d’emmagasiner un maximum de sommeil cette nuit.

Je ne fais pas de routages pour les concurrents, mais je vois que la tête de flotte est hyper nerveuse, dès qu’il y a une petite variation de vent, ça empanne et ça change de direction. On a l’impression qu’ils ont du mal à se faire confiance sur leurs options. A part Maître CoQ IV et LinkedOut qui ont, comme moi pris l’option de partir au Nord, qui sont sur un bord obligatoire jusqu’à l’arrivée, les trois autres (Apivia, Bureau Vallée 2 et Seaexplorer - Yacht Club de Monaco) composent un petit peu avec ce qu’ils ont et sautent sur toutes les opportunités. Ça ne doit pas être évident pour eux, la tension nerveuse doit être à son comble.

Si je veux que Giancarlo (Pedote) reste derrière moi, je n’ai pas le choix, il faut que je sois rapide, que je me fasse mal et que je fasse mal au bateau, pour pouvoir espérer finir devant lui. Ça serait une bonne chose pour moi de finir mon Vendée Globe devant lui, devant un bon foiler. C’est mon petit challenge qui va me tenir en haleine jusqu’à l’arrivée. " 

Damien Seguin / Groupe APICIL