10 Février 2021 - 16h30 • 22849 vues

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Ils ont déjà bravé les tempêtes, la pétole, les galères et la solitude. Désormais, ils vont affronter le froid et les températures négatives venues de la terre, mais ça n’aura aucun impact sur leurs émotions. Quatre skippers sont attendus aux Sables d’Olonne ce jeudi (Arnaud Boissières, Kojiro Shiraishi, Alan Roura et Stéphane Le Diraison) et ils seront vite rejoints par Pip Hare. Pour ceux-là comme pour les autres encore en course, l’idée de s’élancer à nouveau au Vendée Globe, dans quatre ans, fait déjà son chemin.

Quatre arrivées prévues ce jeudi

Quatre skippers vont en finir avec leur tour du monde ce jeudi. Arnaud Boissières (La Mie Câline-Artisans Artipôle) est toujours à la tête d’un groupe composé de Kojiro Shiraishi (DMG MORI Global One) et plus loin, du duo Alan Roura (La Fabrique) et Stéphane Le Diraison (Time for Oceans). « La nuit a été assez tonique » souligne ‘Cali’, qui évoque les difficultés à surfer par plus de 40 nœuds tout en composant avec le trafic maritime. 

La bande des quatre finira au près et devra composer avec un vent d’Est, très instable en mer, « qui obligera sans doute à être sous-toilé » précise Christian Dumard, le météorologue du Vendée Globe. Le chenal étant fermé entre 7 heures du matin et 14 heures, Arnaud Boissières et Kojiro Shiraishi devront attendre après avoir traversé la ligne pour le remonter ensemble. Alan Roura et Stéphane Le Diraison, eux, sont attendus en fin de journée jeudi. Dans ce duel, le skipper de Time for Oceans est privé de J3 qui s’est déchiré mardi alors que le Suisse, lui, était le plus rapide de la flotte cette nuit (17,7 nœuds). Enfin, Pip Hare (Medallia) devrait arriver au milieu de la nuit de jeudi à vendredi.

Clément Giraud, la poudre d’escampette

© Jean-Louis Carli / Alea / VG2020 À près de 700 milles au sud-est d’Arnaud Boissières, Didac Costa (One Planet One Ocean) n’évolue pas dans le même système météorologique. L’Espagnol va profiter des flux d’une dépression venue de l’Ouest pour accélérer et mettre le cap sur les Sables d’Olonne. Plus de 800 milles plus au Sud, Clément Giraud peut prendre la bordure de cette même dépression. Cela permettra au skipper de Compagnie du lit – Jiliti de creuser encore un peu plus l’écart avec ses deux compagnons de route, Miranda Merron (Campagne de France) et Manuel Cousin (Groupe SETIN).

« J’aurais préféré qu’on soit ensemble pour passer la dépression, confie Clément. Il faudra être particulièrement attentif à l’état de la mer. Je peux me retrouver avec 5 à 6 mètres de houle, et c’est un peu complexe pour moi ». Enfin, Alexia Barrier (TSE-4myplanet) et Ari Huusela (STARK) continuent de progresser au large du Brésil à plus de 12 à 13 nœuds. Les deux viennent d’atteindre la latitude de Récife et bénéficient d’une température bien plus clémente que la tête de la flotte.

Sam Davies et Isabelle Joschke poursuivent leur route

Les navigatrices d’Initiatives-Cœur et de MACSF continuent elles aussi de remonter l’Atlantique au large des côtes brésiliennes. Mais être hors-course ne veut pas dire être épargné par les soucis. Ainsi, Sam Davies a dû monter au mât hier afin d’enlever son J2. « À priori, elle n’aura plus de J2 pour finir son tour du monde », précise-t-on à la direction de course. Isabelle Joschke, elle, semble sortie du pot-au-noir.

Désirs d’avenir

Comme ceux qui sont déjà arrivés, ceux qui sont encore en course ne pensent pas qu’au quotidien. Et au creux de journées bien chargées, il y a déjà l’envie d’y retourner. Même si c’est dans quatre ans, même si ça implique des budgets conséquents, même si les paramètres et les incertitudes sont bien trop nombreux… « C’est clair que j’ai envie d’y retourner, confie Clément Giraud. On est tous ‘piqués’, on s’est tous pris au jeu ». Arnaud Boissières, soutenu par de nombreux sponsors vendéens, y pense aussi : «Je voudrais continuer avec un bateau un peu plus moderne. Je voudrais faire une nouvelle campagne, j’ai envie de repartir ». C’est aussi le cas d’Alexia Barrier. « Je passe mes journées à travailler sur les budgets, à voir la façon dont je peux convaincre de nouveaux sponsors et développer un peu plus notre budget ». Ils veulent y retourner et ça tombe bien : on rêverait tous de continuer à suivre leurs belles aventures.

Encore des départs du ponton

Alors que quatre bateaux arrivent demain, d’autres font le chemin inverse. Hier, LinkedOut et Seaexplorer-Yacht Club de Monaco ont été les premiers à larguer les amarres. Bureau Vallée 2 et Groupe APICIL ont également quitté Port Olona ce mercredi après-midi.

 

Par la rédac du Vendée Globe / Antoine Grenapin