11 Février 2021 - 08h06 • 12247 vues

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Ce jeudi 11 février à 08 heures 56 minutes et 06 secondes (heure française), Arnaud Boissières a franchi la ligne d’arrivée des Sables d’Olonne après 94 jours, 18 heures, 36 minutes et 06 secondes de course autour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. L’Arcachonnais, Sablais d’adoption, boucle son 4e Vendée Globe d’affilée (2008, 2012, 2016, 2020) : il est le seul aujourd’hui à avoir réussi cet exploit !

Celui que l’on surnomme Cali avec tendresse s’est battu contre les éléments peu favorables en milieu de la flotte, sans jamais se départir de son sourire et de sa bonne humeur. Que voulez-vous, l’homme aime profondément naviguer en solitaire autour du globe ! En tête d’un groupe compact de 6 bateaux, le skipper de La Mie Câline-Artisans Artipôle a offert un superbe finish digne des premiers au classement général de ce 9e Vendée Globe… Une 15e place âprement disputée.

L’AMBIANCE

Par un froid polaire et un vent d’est pour une quinzaine de nœuds, à l’heure du café-croissants, Arnaud Boissières est rentré « à la maison » salué par les Sablais à leur balcon, son équipe, sa famille et ses amis en semi-rigide. Cali, qui chérit particulièrement sa ville d’adoption, va devoir attendre la remontée de la marée, et ainsi le Japonais Kojiro Shiraishi, concurrent et compagnon de route, pour faire son entrée dans le mythique chenal des Sables d’Olonne. Une ambiance des plus chaleureuses malgré les conditions hivernales !

LA COURSE D’ARNAUD

« Être dans un groupe comme ça permet de tenir une dynamique de course, de régate. On s’écrit souvent, avec Alan (Roura) et Stéphane (Le Diraison), on se raconte nos petites préoccupations. C’est chouette, car cette 15e place m’a coûté cher ». Ce sont les mots d’Arnaud Boissières une semaine avant d’arriver aux Sables d’Olonne. Oui ! Chaque étage sur la flotte du Vendée Globe a connu ses énormes matches. Compagnons de route dans le Grand Sud, devenus concurrents sur la remontée de l’Atlantique, Cali, Alan Roura, Stéphane Le Diraison, Didac Costa, Kojiro Shiraishi et Pip Hare se sont battus comme des chiffonniers malgré les turpitudes de la météo : les longues périodes de calmes dans la descente de l’Atlantique Sud, les violents soubresauts dans l’océan Indien et les souffles musclés dans le Pacifique Sud.

Arnaud Boissières a connu le pire comme le meilleur, des avaries en série, mais en marin ultra expérimenté, il a toujours su garder la tête froide et prendre du recul : « Je suis heureux de nature ! Je suis super content : je suis encore en course », confiait le skipper de La Mie Câline – Artisans Artipôle une fois son quatrième cap Horn doublé, le 12 janvier dernier.

 

Comme un oiseau migrateur

À 48 ans, Arnaud est parti le 8 novembre comme s’il entamait son premier Vendée Globe, cette fois sur un IMOCA à foils dont la carène datait de 2007. Certes, il se voyait bien jouer non loin des dix premiers, mais la mer décide. Cali rêve de grands surfs accompagnés par les albatros dans les océans du Grand Sud, d’un halo de lumière dans les 50 nuances de gris. Il se dit « oiseau migrateur ». Sur son 4e Vendée Globe, Cali estime avoir connu presque le pire scénario. La navigation restera tortueuse jusqu’au bout : avec son groupe, il est contraint de contourner l’anticyclone des Açores et de faire un grand tour de 700 milles supplémentaires avant de rentrer au pays. « La punition ! », lâchera-t-il. N’empêche, Arnaud Boissières a mené sa course à lui de bout en bout, préservant son bateau jaune tout en régatant à couteaux tirés, n’oubliant jamais, lors de vacations, de féliciter ses camarades de jeu.

De la mer, il a écrit un mot pour Pip Hare, des félicitations chaleureuses pour son « pote » de toujours, Yannick Bestaven, un hommage à Georges Pernoud, une pensée pour ses camarades contraints à l’abandon. Il a un cœur « gros comme ça », Cali, ambassadeur de l’association « À chacun son Everest » lui qui, enfant, a aussi connu la maladie. Des étoiles plein ses yeux bleus, Arnaud s’est offert un quatrième tour de manège. Le Vendée Globe, c’est sa vie !

 

LES STATS D’ARNAUD BOISSIÈRES / LA MIE CÂLINE – ARTISANS ARTIPÔLE

Il a parcouru les 24 365 milles du parcours théorique à la vitesse moyenne de 10,71 nœuds

Distance réellement parcourue sur l’eau : 28 457 milles à 12,50 nœuds de moyenne

 

LES GRANDS PASSAGES

Equateur (aller)

21e le 23/11/20 à 13h31 UTC, 5 jours 12 min après le leader

Cap de Bonne-Espérance

19e le 06/12/20 à 20h15 UTC, 5 jours 21h 04 min après le leader

Cap Leeuwin

16e le 22/12/20 à 01h54 UTC, 8 jours 14h 28 min après le leader

Cap Horn

15e le 11/01/21 à 11h35 UTC, 8 jours 21h 52 min après le leader

Equateur (retour)

15e le 27/01/21 à 04h 37 UTC, 10 jours 09h 25 min après le leader

 

Son bateau

Architecte : Owen-Clarke Chantier : Hakes Marine (NZ) – Mer agitée (FRA, Port-La-Forêt) pour refit et ajout de foils

Mise à l'eau : août 2007

Anciens noms : Ecover2, Président, Gamesa, Kilscullen Voyager-Team Ireland