14 Février 2021 - 16h27 • 12669 vues

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Avec l’arrivée du Catalan Didac Costa hier soir à 20h47 à la 20e place du classement général de ce 9e Vendée Globe, les retours des skippers riment avec leçon de vie. Aller plus haut, toujours, c’est le défi qu’ils s’étaient tous lancés avant de prendre le départ de l’Everest des mers. Quelle que soit leur place au classement final, ils nous ont apporté beaucoup, terriens que nous sommes ! Le pompier de Barcelone, qui s’est octroyé 97 jours autour du monde avant de reprendre son métier, le crie haut et fort : « Je n’ai jamais cessé d’apprendre et de me surpasser », lui qui voulait terminer la grande boucle planétaire en moins de 100 jours. Défi réussi !

Le petit homme, grand par sa force et son palmarès, a ramené à bon port son One Planet One Ocean, celui avec lequel Ellen MacArthur avait terminé 2e du Vendée Globe derrière un certain Michel Desjoyeaux en 2000. Un skipper incroyablement heureux d’embouquer le chenal porté par l’accueil des pompiers des Sables d’Olonne. Un feu d’artifice rythmé par la grande échelle, les jets d’eau, les fumigènes. Didac a mis le feu au chenal des Sables d’Olonne ce matin à 8h après avoir passé la nuit à bord de son IMOCA mouillé sur un corps-mort devant la cité vendéenne en attendant la marée haute. Oui ! Didac est devenu, après trois tours du monde (deux Vendée Globe et une Barcelona World Race en 2015), un immense marin dont le talent résonne plus que jamais en Espagne et à l’international. Ces arrivées du Vendée Globe ont toujours quelque chose de spécial, fortes en émotions, où le marin met pied à terre, après trois mois d’aventures sur les mers les plus éloignées de toute terre. Comme un cosmonaute, le skipper de 42 ans, les mains calleuses, le regard embrumé d’images des mers du Sud s’est exprimé magnifiquement : « L’objectif était de boucler ce tour du monde en 100 jours, c’était très présent pour moi.  A chaque passage de cap, je comparais les temps d’Ellen MacArthur, et pour la plupart j’ai réussi à faire les mêmes temps qu’elle. C’était vraiment ma référence. J’ai dû faire un gros détour dans l’Atlantique Nord qui m’a beaucoup ralenti par rapport au temps qu’elle avait fait, mais sinon j’ai réussi à tenir le rythme sur l’ensemble du parcours. L’autre référence, c’était Pip. Elle a un bateau de la même génération, j’essayais d’aller aussi vite qu’elle. » 

 

Conditions difficiles en mer

Il reste 6 IMOCA en mer dont 4 encore course, Isabelle Joschke et Sam Davies tellement méritantes de terminer la boucle en solitaire après leurs abandons. Joint ce matin, Manu Cousin (Groupe SÉTIN) restait particulièrement concentré, étudiant de près de grosses dépressions dans le golfe de Gascogne : « Depuis ce matin je suis devant la météo pour voir comment passer. Je ne sais pas trop comment m'y prendre pour passer cette zone en début de semaine prochaine. Il faut encore que je travaille dessus ! Surtout qu'avec mon bateau blessé, je ne veux pas me risquer à aller dans des conditions aussi fortes car les fichiers prévoient 50 nœuds. Il faut que je sécurise pour être sûr d'arriver ». Même état d’esprit pour Clément Giraud attendu mardi matin et qui a vu le diable : grosse mer croisée, un vent très instable, en permanence aux réglages. Les derniers skippers encore en mer forcent l’admiration par leur ténacité, leur détermination de franchir la ligne d’arrivée. Aller plus haut, toujours, tel est leur crédo.

 

Prochaines ETA (heures d’arrivée estimées)

Mardi 16 février entre 08h00 et 13h00
- Clément GIRAUD (Compagnie du Lit / Jiliti)

Nuit du mercredi 17 au jeudi 18 février
- Miranda MERRON (Campagne de France) 

Vendredi 19 février
- Manu COUSIN (Groupe SETIN)

Mardi 23 février
- Sam DAVIES (Initiatives-Coeur, hors course)
- Isabelle JOSCHKE (MACSF, hors course)

Vendredi 26 février
- Alexia BARRIER (TSE - 4myplanet)

Samedi 27 février - Dimanche 28 février
- Ari HUUSELA (STARK)