04 Mars 2021 - 20h24 • 35658 vues

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Hommage aux derniers du Vendée Globe …

Il est le dernier concurrent de ce 9e Vendée Globe. Celui que l’on attend depuis les célébrations données en l’honneur de Yannick Bestaven, Charlie Dalin et Louis Burton il y a presque 37 jours. Il est celui qui a passé le plus de temps en mer et dont l’héroïsme sera salué avec d’autant plus de ferveur que son arrivée marque la fin d’une magnifique histoire maritime, humaine et sportive.  Demain vendredi, autour de 10 heures, Ari, le pilote de ligne finlandais, mettra un point final à cette fabuleuse édition 2020-2021.

Il inscrira son nom tout en bas du classement comme Jean- François Coste, Jean-Yves Hasselin, Catherine Chabaud, Pasquale di Gregorio (ITA), Karen Leibovici, Norbert Sedlacek (AUT),  Alessandro di Benedetto (ITA) et Sébastien Destremau. Voici les ultimes de chacune des éditions. Vous vous souvenez ? Eux aussi ont participé à la légende.

163 jours, 1 heure et 19 minutes. Le chrono du grand premier des derniers, Jean-François Coste, est gravé dans l’histoire du tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance. Il est même devenu un jalon, inscrit dans les règles de course du Vendée Globe puisqu’il est le temps de référence pour la fermeture de la ligne d’arrivée. Au-delà de 163 jours de mer, tout concurrent serait ainsi classé « hors temps ».
En 1990, « Costo » arrive septième,  54 jours après Titouan Lamazou, le vainqueur de cette édition inaugurale. L’écart entre les deux marins semble énorme – presque deux mois ! -, mais il sera battu en 2000-2001 par l’Italien Pasquale Di Gregorio qui termine 15e, 65 jours après le vainqueur Michel Desjoyeaux.

Revenons à l’opus 1996-1997. Sixième et dernière de cette terrible édition affectée par plusieurs  naufrages et une disparation (Gerry Roufs), Catherine Chabaud sera aussi la première femme à boucler un Vendée Globe en 140 jours, 4 heures et 38 minutes.
Huit ans plus tard, c’est une autre femme, Karen Leibovici qui ferme la marche après un vrai parcours du combattant. Dans le sillage de Catherine Chabaud, Ellen MacArthur et Anne Liardet, Karen est la 4e navigatrice à terminer la course.

En 2008-2009, c’est un Autrichien, ancien conducteur de train, qui se fait attendre 42 jours après le nouveau double vainqueur Michel Desjoyeaux. Norbert Sedlacek signe pendant cette course une des plus belles images embarquées du Vendée Globe : lui à la barre de son bateau jaune devant une montagne d’eau bleu marine, prête à déferler dans son tableau arrière.

En 2016-2017, Sébastien Destremau devient un véritable personnage public à l’issue d’une course marquée par un long arrêt technique en Australie. Cette année, il ne parviendra pas à terminer son périple et sera contraint à l’abandon en Nouvelle-Zélande.

Ari Huusela, est à ce jour le seul skipper finlandais à s’être engagé dans le Vendée Globe.  Demain matin, le nordique aura réalisé son rêve au terme d’un peu moins de 117 jours d’une navigation prudente. Et il sera fêté comme les meilleurs.

" L’arrivée du dernier est toujours un moment important, souligne Jacques Caraës, Directeur de Course du Vendée Globe. C’est la clôture de l’édition. C’est forcément un moment extraordinaire et émouvant, d’autant qu’on a 75 % des bateaux sur la ligne cette année. Et puis finir classé,  ce n’est pas donné à tout le monde non plus ! Ari a géré sa course comme son Airbus : sans faire prendre de risque au passager !  C’est un gars discret, il ne s’est jamais mis dans le rouge. C’est quelqu’un de prudent, toujours avec sa brassière, même à l’intérieur de bateau. Il est sincère et fidèle à sa philosophie de départ. Il est très fier de ramener son bateau en parfait état. Et puis il est en pleine forme, c’est un très beau dernier !"

La rédaction du Vendée Globe / Camille El Beze