22 Mai 2021 - 18h00 • 7938 vues

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31 des 33 skippers du 9e Vendée Globe étaient là, aux Sables-d’Olonne, pour la cérémonie de clôture qui a vu Yannick Bestaven (Maître-CoQ) recevoir l’hommage au vainqueur, et qui a aussi connu deux annonces : la 10e édition partira le 10 novembre 2024 mais, auparavant, une fête populaire aura eu lieu avec les marins et leur public aux Sables-d’Olonne le samedi 25 septembre 2021 !

La 9e édition a trouvé son épilogue samedi 22 mai dans l’espace des Atlantes, aux Sables-d’Olonne. Ce point final n’a évidemment pas ressemblé à ce qu’il aurait pu être, contexte sanitaire oblige, mais la flotte n’a pas boudé son plaisir à se retrouver et à partager ses souvenirs encore tout chauds.

31 des 33 skippers engagés sur le 9e Vendée Globe ont pu se déplacer. Seuls Boris Hermann (Seaexplorer – Yacht Club de Monaco) et Alex Thomson (HUGO BOSS) n’ont pu se déplacer.

Pour Yannick Bestaven (Maître-CoQ), cette journée a débuté dans une ambiance tout hollywoodienne puisque le vainqueur 2020-2021 est venu apposer l’empreinte de ses mains sur une plaque sur le Remblai aux côtés d’Armel Le Cléac’h (2016-2017) à qui il succède au palmarès, de François Gabart (2012-2013), Michel Desjoyeaux (2000-2001, 2008-2009), Vincent Riou (2004-2005), Christophe Auguin (1996-1997), Alain Gautier (1992-1993) et Titouan Lamazou (1989-1990).

© Jean-Louis Carli / Alea / VG2020 Puis vint l’heure de la grand-messe : une émission TV d’une heure, diffusée sur le site vendeeglobe.org et les réseaux sociaux. Cette émission se sera attachée à raconter la formidable épopée collective servie par les 33 acteurs d’un scénario fou. Et si ce n’est pas une surprise, le constat reste touchant : les émotions affleurent sitôt qu’on évoque les moments forts de ces 33 aventures. Une casse qui pousse un favori à changer sa manière de voir son tour du monde (Jérémie Beyou) ; un voyage initiatique (Clément Giraud) ; une rencontre avec soi (Clément Giraud) et… soi et soi-même, selon Sébastien Destremau ; une fusion avec la nature (Alexia Barrier) ; une bataille épique, un naufrage et un sauvetage, une ligne d’arrivée et la victoire sont autant de souvenirs greffés à jamais dans l’esprit des marins comme dans celui du public.

Et si le manque commence à se faire ressentir pour tous, beaucoup espérant revenir pour la 10e édition, notons que la date du prochain départ a été annoncée : le 10e Vendée Globe s’élancera le dimanche 10 novembre 2024 !

Par ailleurs, parce que les contraintes sanitaires ont privé le Vendée Globe d’une partie de sa dimension populaire, le Département de la Vendée, la Ville des Sables-d’Olonne, les partenaires et les skippers donnent rendez-vous au public le samedi 25 septembre pour célébrer les héros du Vendée Globe et faire, on l’espère, la bamboche !

ILS ONT DIT

Yves Auvinet (Président du Vendée Globe) : « Nous maintenons le cap : il y aura bien un Vendée Globe en 2024 !  Et si tout va bien, le départ sera donné le dimanche 10 novembre 2024 à 13h02. Nous sommes extrêmement frustrés d’avoir organisé ce Vendée Globe avec beaucoup de huis clos, avec monsieur le maire, les partenaires, nous nous donnons rendez-vous le samedi 25 septembre pour fêter, si les conditions le permettent, avec tout le public, nos héros du Vendée Globe 2020-2021 ».

ILS ONT DIT 

Yannick Bestaven (Maître CoQ IV) : « Ça a changé beaucoup de chose, terminer le Vendée Globe. Finir, c’est déjà une victoire. La deuxième était d’avoir un partenaire, qui m’a fait confiance ainsi qu’o mon équipe. Et, au fil de la course, les ambitions sont venues. Je ne me suis jamais dit que je tenais la victoire : il y avait tellement de rebondissements ! Il n’y a qu’une fois la ligne d’arrivée franchie que j’ai su que je la tenais. J’ai envie de retourner sur l’eau, mais sur le Vendée Globe ? Je ne sais pas encore, on verra ».

Charlie Dalin (Apivia) : « C’est le dernier événement de cette édition ! Ça fait quelque chose de revoir le chenal, le port, la ligne d’arrivée… Je n’avais passé que 20 jours en mer, j’ai découvert beaucoup de choses, on fait tout pour que ce soit une course, et le moins possible une aventure, mais il n’y a rien à faire : l’aventure vient se greffer dessus ».

Louis Burton (Bureau Vallée 2) : « C’est sûr que la notion de dépassement de soi est très forte en voile, entre l’eau et l’air. Quand on se retrouve quelques semaines plus tard, tout le monde a une belle histoire à raconter. Le Vendée Globe tire la compétition à la voile vers le haut ».

Boris Herrmann (Seaexplorer – Yacht Club de Monaco) : « Le Vendée Globe est plus qu’une course. Entre nous, il y a des liens plus forts entre humains qu’entre concurrents ».

Thomas Ruyant (LinkedOut) : « Je ne vais pas garder la découpe de mon foil comme l’image de mon tour du monde, mais plutôt formidable bataille sportive, une bataille avec soi-même, et avec les éléments. Et puis la formidable aventure technique, et le défi sociétal qu’on a porté dans les voiles. Tout ça fait un Vendée Globe ».

Giancarlo Pedote (Prysmian Group) : « C’est une émotion forte ! La première chose que j’ai faite ce matin en arrivant ici, c’est de passer voir la sortie du chenal. Tout repasse dans la tête. On a eu la chance de vivre quelque chose d’intense en émotions, d’exceptionnel. J’ai fait plein de rencontre, et c’est aussi la richesse d’une manifestation comme ça. Ce qui nous unit : les mêmes émotions, les mêmes difficultés ».

Stéphane le Diraison (Time for Oceans) : « Ce Vendée Globe est tellement intense que j’ai eu l’impression de vivre dans une autre dimension. Revenir ici réactive toutes ces belles émotions. C’est sympa de retrouver le visage de tous ceux avec qui j’ai partagé cette aventure. Et je reviens en tant que finisher, oui, j’avais tellement à cœur de revenir au bout de l’histoire ! »

Clarisse Crémer (Banque Populaire X) : « J’ai eu l’impression qu’il me manquait quelques fils qui se touchaient, c’est quelque chose, une arrivée après trois mois de mer, je n’étais pas prête. C’est un moment très joyeux, ça a fait beaucoup d’émotions pour mon petit cerveau, j’ai encore du mal à imaginer que ça a eu lieu ».

Jérémie Beyou (Charal) : « J’ai tout vécu, je suis passé par toutes les émotions, on redécouvre que ça ne se passe pas toujours comme prévu. J’ai eu raison de repartir après avoir beaucoup réfléchi, parce que j’ai vécu une aventure incroyable ».

Didac Costa (One Planet One Ocean) : « Comme c’était ma deuxième édition, j’ai pu plus profiter de ce qui m’a entouré. Les circonstances de la vie font que j’ai profité de ma passion sur le Vendée Globe avant de retrouver très vite ma vie professionnelle (Didac est pompier à Barcelone), c’est comme ça, la vie est comme ça ».

Kojiro Shiraishi (DMG Mori Global One) : « J’avais très envie de boucler ce tour du monde pour mon initiateur, Yukoh Tada, mais aussi pour tous les Japonais. Je dois continuer à faire de la course au large pour eux aussi et leur ouvrir cet avenir ».

Isabelle Joschke (MACSF) : « On a tous vécu une histoire différente. Je ne retiens pas mon arrivée, mais ce qui s’est passé dans les mers du sud, les trois caps… C’est une très longue histoire qui ne peut se résumer à un fait ».

Sam Davies (Initiatives Cœur) : « Je suis à la fois très frustrée de ne pas avoir terminé, et très fière. Être repartie, c’est une victoire pour moi. J’ai pu repartir grâce à mon équipe. Et j’ai relativisé, je courais pour sauver la vie d’enfants qui n’ont pas choisi d’être malades de de vivre dans un pays où ils ne peuvent pas être soignés. J’ai mis le clignotant à gauche et j’ai fini mon tour du monde ».

Alex Thomson (HUGO BOSS) : « Ce n’est pas facile de rebondir, mais j’ai déjà connu ça, il y a toujours une marge de progression et d’apprentissage. Il faut continuer à sourire et travailler. Ce qui m’est arrivé, comparé à Kevin Escoffier et Jean le Cam, ça met les choses en perspective. J’étais heureux d’arriver à terre. La suite ? Ce n’est pas encore décidé. On a l’impression que le VG croît et devient plus international, c’est beau de voir que le monde regarde ce joyau de la couronne française ».