02 Août 2021 - 14h26 • 6005 vues

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Alors qu’il disposait du monocoque de Nandor Fa (8e en 2016-2017), le skipper belge n’avait pas pu s’aligner sur la dernière édition, faute de budget. Mais le chef d’entreprise de 50 ans n’a jamais renoncé. Et il bénéficie désormais d’un partenaire pour rêver à nouveau, s’aguerrir en IMOCA et s’élancer enfin dans trois ans.

Pendant plus de 20 ans, Denis Van Weynbergh a fait partie des figures de la Mini-Transat. Il y a participé la première fois en 2001 aux côtés de Yannick Bestaven, Sam Davies, Arnaud Boissières ou encore Ari Huusela. Depuis, il s’est toujours attaché à progresser et à enchaîner les milles sans compter. Sa passion pour le Vendée Globe, cette course qui s’est refusée à lui malgré une volonté de fer, il l’a cultivée en animant une émission de télévision hebdomadaire, chaque dimanche.

Les Laboratoires de Biarritz, un partenaire de choix

Le succès de la dernière édition, les chiffres d'audience inégalés, l'intérêt des médias et du public ont joué en sa faveur. Le marin belge a bénéficié du rayonnement du dernier tour du monde, au point de relancer ses envies de Vendée Globe. Denis, dont la carrière va de la Mini au Class40, a désormais un partenaire lui permettant de franchir un cap. Il va en effet disputer toutes les courses de l'IMOCA Globe Series afin de se qualifier pour le dixième Vendée Globe, en 2024.

Le skipper belge s’est engagé avec Les Laboratoires de Biarritz, une marque réputée de produits dermo-cosmétiques biologiques, naturels et innovants. Il est convaincu que ce soutien sera un tremplin adéquat pour le prochain Vendée Globe. "Pour l'instant, cela n’assure qu’une partie de mon budget. Mais ça va me permettre de participer aux courses de l'IMOCA Globe Series, notamment la Transat Jacques Vabre et la Route du Rhum, explique-t-il. Cela va m’offrir une bonne visibilité, un atout important pour embarquer de nouveaux sponsors dans l’aventure ».

« L’esprit Mini » chevillé au corps

Son bateau doit beaucoup à Nandor Fa. C’est le skipper hongrois qui a conçu et construit cet IMOCA, actuellement basé en Vendée. "Quand je suis allé aux Sables d'Olonne en juin pour remettre le bateau à l'eau, je voulais convier des entreprises et des particuliers afin de les encourager à faire de la voile. Le fait d’avoir trouvé ce partenaire, c’est fantastique pour moi. J’ai enfin l’impression que ma chance a tourné. »

Cet automne, il sera sur la ligne de départ de la Transat Jacques Vabre avec Tanguy Le Turquais (ancien Ministe aujourd’hui engagé sur le circuit Figaro). Ce dernier se réjouit de disputer une course IMOCA dans « l'esprit Mini ».  

Car Denis n’a pas quitté les bonnes habitudes prises dans la série qui a formé tant de talents. Le skipper apprécie préparer ses bateaux lui-même, aidé par des amis et des bénévoles des Sables d’Olonne. L’année prochaine, il espère disposer des ressources nécessaires pour engager un chef de projet et des préparateurs. Mais pour l’instant, tout se fait avec le soutien de bonnes volontés, à la force du poignet et de l’enthousiasme. En somme, la vie en « mode Mini ».

« Je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre »

Denis Van Weynbergh revient sur son lien fort avec le Vendée Globe. « Ça a été une course passionnante à suivre. Chaque semaine, je faisais un résumé de 20 minutes sur la télévision belge. C’était la meilleure façon de suivre et d'apprendre même en n’étant pas sur l’océan. J'ai surtout compris l’importance de la concentration pour finir le Vendée Globe. L’important, ce n’est pas de penser à la place sur la ligne d’arrivée mais de terminer. En tout cas, c’est l’objectif de mon projet ».

Denis précise : « nous avons un vieux bateau et je ne suis pas encore un véritable skipper professionnel. Je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre. Je dois travailler sans relâche. Et chaque jour, ma petite équipe apprend également avec moi. Nombre d’entre eux sont volontaires et ils découvrent en même temps ». Et il s’amuse : « je suis à la fois skipper, préparateur, directeur financier, chef de projet et directeur de la communication ! »

En Belgique, un intérêt croissant pour la voile

Sa vie est une succession d’expériences sur l’eau, comme tous ses compères de pontons. "Je fais des courses en solitaire depuis plus de 20 ans. J’ai commencé par la Mini Transat 2001 que Yannick Bestaven avait gagnée. Alex Thomson et Ari Huusela étaient là également. C'était la première fois que je franchissais l'équateur et que je me rendais au Brésil et c'était la première fois qu'il fallait se qualifier pour prendre le départ de la Mini Transat ».

En Belgique, la course au large connaît un regain de popularité. "De plus en plus de gens parlent du Vendée Globe et de la Route du Rhum. La partie flamande est encore très concentrée sur la voile olympique alors que la partie française aime les grandes courses au large. Certes, la Belgique n’est pas une grande nation de voile mais la situation s'améliore. D’ailleurs, il y a un bon gars dans la Class40, Jonas Gerckens, qui est en train de se faire connaître."

Les précieux conseils de Nandor Fa

C’est à la maison que Denis Van Weynbergh a commencé à naviguer. Avec ses parents en Belgique puis en Méditerranée, avant d'attraper le virus de la course en solitaire en Mini. Depuis, il a continué en tant qu'amateur et a parallèlement créé une entreprise de transport. Et puis il y a l’IMOCA qu’il a acquis. « Il était disponible, explique-t-il simplement. C’est le plus solide et le plus fiable à avoir fait un Vendée Globe. Nandor a beaucoup d’expérience et il l’a mise au service de son bateau, c’est vraiment rassurant. Il n’y a pas de stress à bord, c’est un bateau marin. Nandor m’a beaucoup aidé au début. Je peux l'appeler à tout moment et il me donne de nombreux conseils.

Denis Van Weynbergh aimerait bien faire mieux que Nandor Fa en 2016-2017, lui qui avait terminé à la 8e place en 93 jours et 22 heures. « Je vais m’attacher à optimiser le bateau en 2022 pour réduire son poids et le rendre plus performant. Mais cette année, il s’agit surtout d’apprendre progressivement. Et le grand rendez-vous de l’année, ce sera la Transat Jacques Vabre ! »

 

Par la rédac du Vendée Globe / Andi Robertson