09 Décembre 2012 - 17h14 • 2283 vues

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Quelle est la physionomie de la flotte en ce 29e jour de course ? Du milieu de l’océan Indien à l’Atlantique Sud, elle s’étire sur 2700 milles (5000 km) et progresse dans trois systèmes météo très différents. Les premiers sont engagés dans une course de vitesse vers la porte Amsterdam. La queue de peloton dans une course de lenteur pour échapper à un anticyclone sud-africain. Et Alessandro Di Benedetto dans une course-poursuite avec une grosse dépression atlantique.

Thomson sur la pédale d’accélérateur

Armel Le Cléac'h, François Gabart, Jean-Pierre Dick, Alex Thomson, Bernard Stamm et 400 milles plus loin, les trois compères Mike Golding, Jean Le Cam et Dominique Wavre, cavalent tous au largue vers la prochaine porte, celle d’Amsterdam, située peu ou prou au milieu de l’océan Indien. Objectif : vitesse max dans un vent de nord-ouest de 25 nœuds et une mer qui devrait se creuser. Un jeu qu’affectionne particulièrement Alex Thomson. Le skipper d’Hugo Boss, grand amateur de records de vitesse, aligne aujourd’hui des moyennes supérieures à 20 nœuds. Résultat : il a gagné deux places dans la journée et se retrouve cet après-midi en 3e position devant Virbac-Paprec 3 et Cheminées Poujoulat. Bernard Stamm, à l’inverse, a dégringolé de la première à la cinquième place en l’espace de deux jours. En cause : une série de petits soucis techniques qui ont empoisonné la vie du marin suisse. « J’ai la tête dans la caisse à outils, depuis deux jours, c’est la misère. Pas le temps de dormir ni de regarder la météo », déplorait ce matin un Bernard Stamm fatigué et dépité.

« Il faut savoir être patient »
A l’arrière, de part et d’autre de la porte des Aiguilles, la situation est radicalement différente. Il s’agit cette fois d’échapper à un anticyclone qui s’étend au sud de l’Afrique du Sud. Esseulé en 9e position, seul l’Espagnol Javier Sanso (Acciona 100% EcoPowered) semble tiré d’affaire. Mais pour Arnaud Boissières (AKENA Vérandas), Bertrand de Broc (Votre Nom Autour du Monde avec EDM projets) et plus loin Tanguy De Lamotte (Initiatives-cœur), c’est ambiance « calmes dans les Quarantièmes ». «  Il faut savoir être patient », serinait Bertrand de Broc aujourd’hui pendant le Live du Vendée Globe. Après sa douche de la vieille, Tanguy a profité de cette atmosphère presque printanière pour se préparer du pain chaud à la cocotte minute…

Di Benedetto fait le gros dos

Du pain, Alessandro di Benedetto en a certainement sur la planche. Toujours en Atlantique Sud, le franco-italien est en train de vivre son baptême du feu à la lisière d’une dépression virulente. Rafales à 50 nœuds et surtout une mer grosse et croisée. Le skipper de Team Plastique doit actuellement être calfeutré à l’intérieur de son bateau, sous voilure réduite au maximum, en attendant que passe le coup de tabac.

Un œil sur Claudia
Claudia : un bien doux patronyme pour ce cyclone tropical qui s’est formé entre l’île de la Réunion et l’Australie et qui sévit actuellement par 15 degrés sud. Claudia se dirige vers le Sud et pourrait se trouver autour du 12 décembre non loin de la porte d’Amsterdam. Pour l’instant, il ne devrait pas affecter les concurrents du Vendée Globe. Mais ce phénomène, repéré depuis plusieurs jours, est sous l’étroite surveillance de Richard Silvani et son équipe de Météo France…

 

C.El