12 Décembre 2012 - 15h08 • 1789 vues

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Retrouvez les principales réactions des skippers pendant le live avec Jean Le Cam, Tanguy de Lamotte, Alessandro Di Benedetto et Alain Gautier (vainqueur de l'édition 92 et consultant sécurité).

Jean Le Cam (FRA, SynerCiel)

Il y a une problématique au niveau de la météo. En gros, on a une dorsale juste derrière. J’ai eu chaud aux fesses avec la dorsale mais là je m’en sors. Par contre mon petit « Dom » derrière, il va prendre cher. Pour nous, c’est un peu agaçant, on marche à 10 nœuds depuis 15 jours et devant, ils marchent à 20 nœuds. C’est énervant.

Heureusement, il y a un peu de calme après la tempête. On peut faire le tour du bateau comme ça. Ça fait un peu l’équilibre on va dire. La sieste va faire du bien, c’est clair. Ce matin, il y a eu des changements de voile et pas mal de rangement. On a fort à faire. On verra bien l’issue, mais ce n’est pas facile.

 

Tanguy De Lamotte (FRA, Initiatives-cœur)

Le rythme est perturbé, on change tellement de fuseaux horaires. Vu qu’on va vers l’est assez vite, il fait nuit tôt donc on se couche tôt. J’essaie de faire aussi une sieste dans la journée.

Les nuits sont beaucoup plus courtes. Le soleil se couche à 19h et se lève à 4h. C’est peut être le moment où mon sommeil est le plus réparateur. J’arrive mieux à dormir quand le soleil se couche. En ce moment, je dors entre 4h30 et 6h par nuit. Mais le rythme change très vite dans le sud.

 

Alessandro Di Benedetto (ITA, Team Plastique

Bientôt l’océan Indien. D’ici huit heures, petite bouteille de champagne car je vais passer la longitude de Bonne Espérance. Au petit matin, j’ai franchi la porte des Aiguilles. Là, il y a plus de vent, j’avais un peu peur de rester bloqué ce matin. Il va y avoir des séries d’empannages pour la prochaine porte.

Je suis en maillot de bain, les conditions sont très bonnes: 21 degrés dans le bateau et 25 dehors, mais les conditions vont bientôt changer et il va de nouveau y avoir des températures plus basses.

J’en ai profité pour faire une lessive et ma toilette. J’ai résolu un petit problème de pilote automatique. Après le passage de la porte, je n’avais plus de pilote automatique. Il y avait des problèmes de liaison avec le pilote à cause de fils qui s’étaient oxydés. Là, je suis de nouveau avec tous mes pilotes en place, ça va très bien.

 

Mike Golding (GBR, Gamesa)
C’est frustrant pour nous de voir les skippers devant nous aller plus vite. Evidemment, je préfèrerais être avec eux et avancer aussi vite qu’eux, mais il faut se faire une raison, ce n’est pas le cas. On a dû batailler à l’arrière du système et on sait très bien qu’il est toujours possible que le groupe de tête sorte de ce système et que nous, on en récupère un autre qui nous propulserait à nouveau vers l’avant. Ma philosophie est simple : Cette course est longue, il nous reste encore énormément de chemin à parcourir et certaines choses peuvent - et vont - changer.  De mon côté, je fais ma course, je donne mon maximum, je ne fais courir aucun risque au bateau et j’avance le long du tracé.

C’est important d’avoir autour de soi des bateaux contre lesquels on peut se battre. Et moi, ce sont des marins de qualité que j’ai à proximité: Jean Le Cam et Dominique. Je suis presque déçu de voir que Dominique est resté un peu en arrière. Mais soyons clairs, la météo pourrait totalement redistribuer les cartes. J’ai fait des choix et le futur nous dira si c’étaient les bons.

 

Alain Gautier (navigateur)

On est heureux de voir une très belle bagarre en tête. On n’a pas eu d’abandon depuis pas mal de temps, c’est très positif. Sur les 72 dernières heures, on a vu un Gabart un nœud plus vite en moyenne. Il a repris 70 milles à Armel donc on sent qu’il a un petit plus. Je ne pense pas qu’il pousse plus le bateau. Il doit avoir une voile différente. Un nœud, ce n’est pas énorme et on sait que ce n’est pas dû à un problème sur le bateau d’Armel. C’est intéressant.

On a entendu Jean, il avait l'air fatigué. Je pense qu’à 50 ans, on récupère moins bien qu’à 35-40 ans. Là, après un mois de course, la fatigue accumulée se ressent plus sur des gens comme les « tontons flingueurs ». Puis dans le sud, les conditions ne sont pas faciles. Il fait froid, ça tape et c’est un peu plus stressant que quand on navigue en Atlantique de manière générale.