24 Décembre 2012 - 20h45 • 2048 vues

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Alors qu’aux antipodes les solitaires du Vendée Globe déboulent à pleine vitesse, à terre, les familles, les équipes techniques s’apprêtent à passer la nuit de Noël. Pour cet instant consacré usuellement aux retrouvailles familiales, le seul lien qu’ils auront avec leur skipper favori sera un petit mot, une conversation arrachée entre deux manœuvres, quelques images dérisoires envoyées de l’autre bord de la planète.

Ça fume sur les mers du Sud. Du premier au dernier, les solitaires alignent des vitesses impressionnantes, flirtant pour beaucoup avec les vingt nœuds de moyenne. Dans ces conditions, il ne leur reste pas beaucoup de temps pour se laisser aller aux longues conversations intimes avec les proches. Un œil sur le speedomètre, l’oreille aux aguets pour déceler le moindre bruit suspect, ils sacrifieront pour la plupart au petit rituel du coup de fil avec la terre, pour souhaiter tout le bonheur du monde à leurs proches. Mais leur tête sera ailleurs, obsédés qu’ils seront par la marche du bateau qui leur bouffe la tête.

A terre, on sera partagé entre le fait de savoir qu’ils sont partis vivre leur passion, l’envie de partager ces moments d’exception et la crainte toujours présente de la fortune de mer qui viendrait briser leur course en avant. Quand on n’est pas dans l’action, on ressent encore plus le manque de l’autre qui est parti vivre cette aventure unique, les peurs irrationnelles qui remontent sans crier gare. Préparateurs, familles, amis proches, c’est aussi la confiance qu’ils témoignent à leurs solitaires de marins qui permet à ces hommes d’écrire chaque jour les pages d’une histoire porteuse de rêve.

PFB