26 Décembre 2012 - 16h43 • 1678 vues

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Alain Gautier, vainqueur de l’édition 1992-1993, était à l’évidence une des personnes les plus à même d’analyser les spécificités du parcours. Il propose de suivre les skippers encore en course au gré des points de passage clés de leur tour du monde.

Une fois passée la mer de Tasmanie, et peut-être après avoir aperçu quelques îles, les marins encore en course visent les portes du Pacifique. Là encore, la fatigue accumulée depuis le départ pèse lourd sur le mental, lorsqu’il faut renvoyer un ris ou le grand gennaker après le front. Lors de la dernière édition on avait bien remarqué que là où Michel Desjoyeaux avait fait la différence, c’était dans ces phases de transition.

Le Pacifique peut être plus ordonné que l’océan Indien mais l’approche du cap Horn n’en est pas moins difficile. Des dépressions peuvent descendre le long de l’Amérique du Sud, créant sur leur passage une mer encore plus agitée.

L’heure de la délivrance approche mais il faut absolument rester sur ses gardes. Le cap Horn se mérite et même s’il n’a plus la même « résonnance » qu’au siècle précédent - lorsque les clippers restaient des jours et des semaines à essayer de passer ce satané cap - il reste un mythe et, surtout, la fin de l’autoroute du Sud. La stratégie concernant son approche est dictée par les prévisions météo prévues autour des îles Malouines.

Avoir trop d’avance au cap Horn peut s’avérer délicat : Michel Desjoyeaux en 2000 et moi-même en 1992, en avons fait l’expérience. Vos poursuivants sont dans un schéma météo différent et la météo à l’est de l’Amérique du Sud est assez complexe. Notre avance de plusieurs centaines de milles avait fondu comme neige au soleil, au fur et à mesure que les concurrents remontaient vers le nord.